RONDE
PIÉIEO. C'est ça, gagner une fluxion de poitrine pour
le bon plaisir de Monsieur! L'hospice est fondé jiour re-
PIÉTRO
cevoir, héberger et coucher chaque nuit des pèlerins. Je
PEEMIER CilIPlET.
suis pèlerin. Je suis en règle. Vous, votre devoir est de
Après la richesse, Joyeuï pèlerin.
m'accuuillir, quelque temps qu'il fasse, et de me faire bonne mine. Or, dans ce momenl, vous êtes en contra-
Moi, je cours sans ccsso.
Et je cours en vain.
vention; et je me plaindrai au supérieur !
ARPAYA. Par exemple, voila un gaillanl bien hardi. {Le
Quoique la coquctie M'échappe souvent.
regardant. 1 Eh ! mais, si je ne me trompe, tu es déjà venu
loi-'er ici hier soir. Tu es donc toujours sur la route de Rome ï
Gaîmeiit je répète
. Eu la poursuivant :
Espciani-e, ConfianCL', C'est le refrain Du pèlerin.
PIETRO. Puisque je suis un pèlerin ! Si tout le monde restait chez soi, vous n'auriez point de pèlerins.
ARPAYA, entre ses dents. Ce ne serait pas un mal. Des fainéants! des v.igjbonds! Enfin, voici une chambre vacante; restes-y, et grand bien te fasse!
PIETRO. Non, L'Ile ne me convient pas.
DEUXIÈME COUPLET
ARPAYA. Comment / elle ne te convient pas ?
Eu route on s'ennuie.
PIETRO. Je ]irclè;e celle où j'étais hier, et qui est occu-
Il faut être deux!
pée jiar un pauvre diable, Gtnnaio, qui, si j'ai bonne mé-
Que liUe jolie
moire, doit être une ancienne connaissanre à vous.
Paraisse à mes yeux;
ARPAYA. Une connaissance? c'est-i-dire quand j'étais in-
Quoique r mariage
tendant du duc de Farnèse. Du temps de mes erreurs, ce .
Ait maint accident,
Gennaio venait souvent dans la maison, et Dieu sait ce que
J' tente le voyage.
lui et M. le duc ont souvent manigancé ensemble; car.
En disant gaiment :
moi, je n'y étais pour rien.
Espérance, etc.
piErno. Que pour 1 exécut on.