‹ Pièces de théâtreChapitre 213 sur 575 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

MADAME BARNEK, FORTUNATl'S.

MADAME BARNEK, cn(rnn( aprèsl'air. Pardon, Monsieur, de viius avoir faitallendrc si longti'in|is, je ne pouvais pas trouver cet engagement (.1 part.] Il était ilaiis mon carton à bonnets.

FiiRTisATUs, « madame Uarnek. Bonjour, ma zère madame Barnek. . comment va votre cbarinanle nièce?..

MADAME BARNEK. Très-bien , monsieur Furtunatus, nous sommes même très en voix ce malin.

FORTi'NATUs. Tant mieux !.. car nouszouonsce soir notre opéra nouveau, le Sultan Mizaponf !.. si Dieu et les rhumes de cerveau le permettent !

MADAME BARNEK. Vous donnez donc tous les jours des nouveautés ?

FiiRTi'NATrs. Il le faut bien , nous ne sommes point ici à Munich comme à Paris , où le public italien il est touzours content et crie brava avant que la toile se lève; mais ici... les Allemands sont étonnants... ils n'aiment pas qu'on se moque d'eux ! et si zc ne leur donna'S pas ce soir le Sultan Miza|ionf, qu'ils attendent depuis un mois... ils me zetteraient les contrebasses à la tète.

MADAME BARNEK. Mais Cela pourra bien vous arriver... car on dit que Béir dicl ne peut pas parler

FORTi'NATis. Bah! le zèle, il n'est zamais enrhouraé. Ze viens de le voir, ce zer ami, il elait chez loui... à dèzeuner avec des côtelettes et une bouteille de bordeau.i... Z'ai zeté la bouteille par la fenêtre et ze loui ai fait prendre devant moi deux veries de tisane

MADAME BARNEK, riant , à part. Pauvre garçon , lui qui se porte à merveille!

FORTiN.^Tus. Il m'a même promis de venir ici répéter son duo avec votre zère nièce, mia diva, mia carissima prima donna.

MADAME BARNEK. Certainement, ma nièce est tout ça, comme vous dites... elle est même déjà très-ce/étra .' mais voilà son engagement qui expire... heureusement pour nous... Deux mille florins!., et nous déclarons que nous en voulons huit mille... ou nous allons chanter ailleurs...

FORTiNATLS. Celte bonne mailame Barnek, elle a la tête vive .. elle veut me quitter... moi, son ancien ami .. car ze souis un ancien ami... vi l'avez oublié, ingrate que vous êtes!..

MADAME BARNiK. Il ne s'agit pas de ça, mais de l'engag.'inent de ma nièce; il nous faut huit mille florins.

FORTiNATis, avec terreur. Huit mille flurins !.. allons, allons, ma zère amie, pas d'exagération... il ne s'agit pas ici de folie... ce sont des afl'.iires qu'il faut traiter de sangfroid et avec raison...

MADAME BARNEK. Eh bien! Monsieur, huit mille florins, c'est raisonnable.

FORii'NATLS. Mais sonzez donc ((u'elle fie- savait pas chanter quand ze l'ai engagée!., c'est moi qui loui ai fait acquérir son talent... àce compte-là, c'est elle qui me devrait quehiue chose... mais ze souis zénéreux!.. ze ne réclame rien.

MADAME BARNEK. Huit mille florins!., c'est notre dernier mot, ou nous ne chantons pas ce soir!

FORTliNATi's. Allous , allous , ne nous fâchons pas... ze me résigne. {A part ) Elle est insupportable!., on devrait bien, dans les arts, supprimer les mères... et les tantes !

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