‹ Pièces de théâtreChapitre 214 sur 575 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

FORTUNATUS, à la table, écrivant; BÉNÉDICT, paraissant à la porte du fond, tenant dans ses bras une corbeille de fleurs; à droite, MADAME BAUNEK.

BENEDICT. Me voilà!

MADAME RARNEK. C'est Bénédlct.

FoRTFNATls. Il cst de pai'ole !

BÉNEuicT. Moi-même... avec un jardin tout entier; c'est là, j'espère, un joli cadeau.

MADAME BARNEK. Qiii Vient de vous'..

BENEDICT. Non pas!., c'était à votre adresse chez la portière... je lui ai ])roposé de vous le monter... et cela vient .sans doute de notre galant directeur. ..

iiiuTi NATi's. Moi! du tout!., c'est de ipielqiie adoraleur de la belle Henriette...

L'AMBASSADRrCE.

MADAME BARNEK, accc iVi(/ijnn(io»i. Uii ailoralciir !..

BLNLDicT, posant la corbeille sur la table où écrit Forlunaliis. Et moi qui l'.ii .ippoiiije... qui l'ai montée dans mes l)ra? penilint quatre étages!

MADAME DABNEK, de même. Un adorateur!., je voudrais bien voir cela.

FonTLXATUs. PerJié!.. il ne tient qu'à vous... carze vois une lettre parmi les roses.

BÈNÉDiCTj avec colère, et lonhiut la prendre. Une lettre!..

MADAME BARNEK, le retenant. Cela me regarde... à rhacun SCS attributions.

EEXLDICT, regardant le billet qu'elle ouvre. Un billet dousl.. et c'est moi qui en étais le facteur.

FoRTi'NATUS, Continuant à écrire. 11 est touzours bon enfant.

MADAME DABNEE, lisant ovcc peine. « J'ai vu. Madame, « votre charmante nièce... »

BENtDiCT. Quelle trahison!

MADAME BARNEK, lisant, u Et, chargé par le directeur « de Londres de lui ofTrir la valeur de quarante mille llo- « rins d'appointements... »

FORTi'NATUs, qui écoute. Eh bien!

MADAME BARNEK, Continuant à lire. « Je vous demande M la permission de me présenter aujourd'hui chez vous, « sur les trois heures, pour terminer celte affaire .. « Estil possible!.. Signé : « Sir Blake. »

FORii'NATUS, se levant et lui présentant un papier à signer. Z'ai fait tout ce que vi voulez... et \i n'avez plus qu'à signer.

MADAME BARNEK, OVCC dédain. Comment, mon cher, un engagement de huit mille florins!

FORTi'N.urs. Et de (dus. . j'y joindrai pour vous tous les juurs deux amphilhéàlres des troisièmes; il faut bien s'immoler, perché c'était votre dernier mot.

MADAME BARNEK. Ce nc l'cst plus maintenant.. U m'en faut quarante... on me les oUrj... voyez plutôt.

FOUT UN ATI" s, ovec embarras. On vi les offre .. en Angleterre... 0X1 tout est hors de prix!., mais ici à Munich.

DLNEDICT, à Forlunatus. \ ous l.iisseriez partir Henriette!., mais c'est l'idole du public... c'est elle qui fait la fortune de votre théâtre...

roRTiNATi s. Eh ! che diavolo, laissez-moi respirer.

BENEDicT. Non, uiprbleu!.. vous signeiez!

FORTiNATl's. Eli! VOUS y mettez oune chaleur que vous allez vi éraiUer la voix et me faire manquer ma représentation de ce soir !

BENEDICT. C'est cB qui arrivera, si vous ne signez pas!.. je m'enroue par désespoir.

FORTiNATUs, auec fureur. Ma ze zouis donc dans oune enfer! c'est donc oune conzuration zénérale contre ma caisse?. .

MADAME BARNEK, à Fortunotus. Moiisiêur, votre servante...

FOBTiNATis, à madame Barnek qui veut sortir. Eh bien! elle s'en va... Zc vous demande au moins le temps de réiléehir avant de signer ma roiiine.

MADAME BARNEK. Je vais clicz M. Bloum, notre homme d'affaires, et dans deux heures je vous attends ici! (Elle sort.)

FORTiiNATCS. 0 vecchia maladetla!.. zi zamais tu t'engazes pour zouer les douègnes... ze serai sans pitié à mon tour... ze va s voir... examiner... et s'il faut en finir rondement... ticher encore de marchander, {.i Bénédict.) Vous, mon zeranii, zevous laisse... répétez touzours votre duo... songez a moi... et... surtout à notre recette de ce soir... ce zera touzours cela de sauvé. (// sort.)

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