‹ Pièces de théâtreChapitre 216 sur 575 · SCENE VIU · texte numérisé non relu

SCENE VIU

Les pbecédexts, LE DUC, entrant par la porte dti fond avec JIADAME BARNEK.

MADAME BARNEK, OU duc. Oiii, Monsicur, c'est ici... [Apercevant Bénédict aux pieds d'Ilctirietle.) Ah! mou Dieu!., qu'csl-ce que je vois?

LE DCC, s'avançant. Jlademoiselle Henriette?

HENRIETTE, à part, en l'apercevant. C'est lui!.. [Haut.) Nous étions à ré|M;lei- iiol:e iluo de l'opéia nouveau.

MADAME BAiiNEK. Oui, Monsieur, le Sultan Mizapoul", que nous donnons aujourd'hu'.

BENEDICT. Nous en étions à la scène du désespoir.

LE Dic, riant. La situation ne m'a cependant pas semblé dus plus désespérées... [A Henriette.) et cet amant à vos çenoux...

ntNRiETTE, vivement. C'est dans la scène.

LE Dlc. Et ce baiser'?

TENEDiCT. C'est dans la scène.

MADAME BABXEK. Certainement, Monsi^^ur, c'est dans la scène ; nous ne nous permettons jamais de rien ajouter à nos rôles. . nous ne sommes pas comme tant d'autres; la scène avant tout.

HENRIETTE. Et cclle-ci n'a même pas été trop Jjien.

BENEDICT, vivement. Nous pouvons la recommencer.

MADAME BARNEK. Pas dans ce moment... j'ai rencontré, ai! troisième. Monsieur qui s'était trompé d'étage, et qui d:inmdait m.idemoisclle Ilenrietlc.

LE DIX. Ou plutét madame Barnek.

MADAME BARN'EK. C'est la même chose, et puisque vous venez, dit s-vous, pour atTaire —

LE DUC. Oh! une affaire bien importaute... pour moi du moins. . Vous avez reçu ce malin une lettre où l'on propose à votre ch.irmante oiéce un engagement de quarante mille florins pour Londres?

HENRIETTE, vivemcnt, et avec élonnemenl. Quarante mille florins !

MAO.tME BARNEK. Oui, ma niècc, c'est à moi que vous devez ce bonlieur-là.

BÈNÉnCT, s'efforçant de sourire. Certainement... c'est heureux... (.4 part) Maudit homme! de quoi se mèle-t-il?

LE DIX J'ai vu chaque so r mademoiselle Henriette au théAlre... je lui ai même parlé... quelquefois...

MADAME B.VRNEK. .\h ! tu conuais Mousieur ?

HENRIETTE. Oui, ma t into.

BENEDICT. Vous lui avez parlé?

HENRIETTE. Le matin, en allant à la répétition.

DENEDiCT, nrec colère. Il n'y a rien d'ennuyeux comme les repélitiuus.

LE DIX, souriant. Vous ne disiez pas cela tout à l'heure. (ffaul ) Mademoiselle était seule...

MADAME BARNEK. Comment , Seule ?

HENRIETTE, vivcntcnt, à madame Barnek. C'est pendant la semaine qu'a duré votre indisposition.

LE B' c. El un jour, j'ai été assez heureux pour la défendre, la protésor contre des indiscrets qui voulaient la suivre... j'ai osé lui oll'rir mon bras...

HENRIETTE, l'icemtnt. Avec un cmpressemeot... une bonté...

BFKEDiCT, à part. Le grand mérite!

MADAME BARNEK. Ah ! c'cst aiusi que vous vous êtes ronnus?

LE DIX. Oui, Madame... e' cette liourenso rencontre m'a

ci.lianli il vous écrire ce matin... au nom du directeur de Londres... dont je suis le correspondant.

MADAME DARNEK. Quoil ccltc lotti'c... siguée slr Blake?

DiNÉniCT. Sir Blake'?

LE DIX. C'est moi-même.

iiiNLDiCT. Cet inspecteur anglais. . col agent des théitres? .

LE DLC, froidement . Oui, Monsieur...

Bi NiiDicT Elle est bonne, celle-là!., moi qui ai vu avant- Ircr M. Blake.

LE MX, à part. 0 ciel!

BENEDICT. A telle enseigne qu'il est venu me proposer, pour l'année prochaine, un engagement de trois cents livre; sterling. . avec des feux...

MADAME BARNEK ET HENRIETTE. Eli bien! qu'eSt-CO que ça prouve?

BENEDICT Ça prouve que ce n'est pas Monsieur.

MADAME BARNEK ET HENRIETTE. Est-il possible?

BENEDICT, avec chaleur. Qu'il est venu ici sous un faux nom... so;is un prétexte... pour parler d'all'aires de théâtre et iionr vous séduire... non, nous... je veux dire séduire mademoiselle Henriette... et la preuve... deinaudez-lui ce qu'il a à répondre.

MADAME cARNtK. Oui , Monsicur , (|ue répondrez-vous?

LE DIX, froidement. Rien du tout. Madame; et Monsieur m'a rendu un grand service, eu dévoilant lui-mém; une ruse que j'allais vous avouer.

MADAME DARNEK. Quoi ! VOUS n'êtos pas sir Blake?

LE DIX. Non, Madame.

HENRIETTE, à part. Il nous trompait!

MADAME BARNEK. Vous n'ètcs poinl chargé de m'offrir quaiaule mille florins?

LE DIX. Non , Madame.

MADAME BARNEK , à part. Et nioi i|ui ai refusé les huit mille de M.Forlunatus... s'il allait revenir en cemoinenl... [Haut.) Et de quel droit, Monsieur?..

DLNEDiCT. Oui, Monsieur, de quel droit?

LE DEC. Quant à vous. Monsieur, cela ne vous regarde pas, c'est à Mademoiselle que je veux avouer toute la vert-. . Oui, Henriette, vous le savez... m'enivrant tous les soirs du plaisir de vous .admirer...

BLNEDicT. Quoi! cet habitué du balcon?..

HENRIETTE, avec émotion. C'était lui!

LE DIX. Vous ne pouvez comprendre quel charme vous fascine et vous séduit ii jouir du triomijlic de ce qu'on aime, à entendre ceux qui vous entourent partager votre admiration, que leurs transports rendent encore plus vive... Loin d'en être jaloux, on en est lier... et dés ce moment j'ai juré que vous seriez à moi, que vous partageriez mon sort.

BENEDICT, arec colère. Monsieur!

LE DIX, at'cc chaleur. Pour y parvenir, il n'est point de sacrifices dont je ne sois capable... et quand je devrais vous offrir tout ce ipie je possède...

MADAME BARNEK. Monsicur , iiou? nc rocevoHS rien que de la main d'un époux.

HENRIETTE, (Clin ton dc reproche. Ah! matanlc. Monsieur ne peut avoir d'antres intentions.

LE DIX, troublé. Qui, moi?., non, certainement... et croyez que les motifs les plus nobles, les plus purs... MADAME BARNEK. AloTS, Monsiouc, qui étes-vous? LE Di c, arec embarras. Un ami des arts. . un artiste... enthousiaste , comme vous, do R musique... un jeune compositeur peu connu encore.

BENEDICT. H na rien fait.

HENRIETTE. Qu'importe? avec du courage et du talent... on parv.ent toujours.

BENEDICT. Quand je vous disais que vous l'aimiez ! HENRIETTE. Pourquoi pas? je puis l'avouer en ce moment, pniscpi'il n'a rien... puisqu'il est artiste comme nous...

SO

L'AMBASSADRICE

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