‹ Pièces de théâtreChapitre 263 sur 575 · I.oin de commander tout li:ail · texte numérisé non relu

I.oin de commander tout li:ail

Il ne dit jamais un mot ; Oui, Vanko n'a pas un défaut.

Loin d(3 commander tout li:iut,

Il m'obéirait philùt.

Voilà l'époux qu'il me faut.

DEUXIÈME COUPLET

Quand on est fille.

Il faut, au fond de son cirur,

De sa famille, TIélas! supporter l'humeur.

Je Siiis qui' mon père a bon cœur, Mais dés qu'il entre en fureur.

Gare à qui tombe soudain Sous sa main; Kt contre moi, sa seule enfant.

Il s'emporte à chaque instant Et me bat même souvent; Mais quand on a son mari, Ce n'est jikis ça. Dieu merci!

Yanko, je le dis tout lias, Yanko ne me battrait pas.

Quand on est femme.

On est seule à cûmm;uider, Devant madame Yanko va toujours céder.

Car Yanko n'a pas un défaut ; Lorsqu'on lui dit un seul mot Son cœur s'apaise aussitôt; Oui, Yanko n'a pas un défaut. Loin de me battre, en un mot, Moi je le battrais plulùt ; C'est là l'époux qu'il lue faut.

{Regardant à droite.) C'est lui... C'est élonuaut comme il a l'air Iriste depuis son voyage en l'air !

SCKNE IV.

PEKI, YANKO.

YANKO. Ah ! c'est vous. Madame.

PEU. Madame!., pourcpioi me donnes-tu ce nom-là?

YANKO. Parce qu'il ne peut pas vous échapper... [Regardant en l'air.) D'abord un maiicpu, àcliaipie instant, |ieut nous tomber sur la tùte, et puis, C(jmine si ce n'était pas encore assez, votre iière vient d'annoncer à toute la maison qu'il attendait un nouveau gendre...

PEKi. Qu'imiiorte, si je refuse'?

YANKO. Vous n'oserez pas!., vous aurez peur., et vous ferez c(unnie la première fois, vous oublierez Y.iiilio.

PKKi. lit si j'ai un moyen infaillible d'umpOiher ce mariage...

YANKO. Lequel?

PEKI. D'en épouser un autre... sur-le-champ... et sans en rien dire à mon père...

YANKO. 0 ciel!

PEKI. E.st-ce là un bon moyen?

YANKO. C'est selon... selon la personne que vous choisiriez !

PEKI. Dame ! c'est pour cela que je te demande conseil.

YANKO. Khbien iMam'scUe, qui piendrez-vous pour mari?

PEKI. Toi ! si tu veux.

YANKO, avec joie. Ab! ce n'est pas possible!., vous n'oseriez jamais!

PEKI, tendrement. J'oserai... je le jure... [Vivement.] Et pourquoi pas! si tu m'aimes.

YANKO, vivement. Oh! toujours!

PEKI. Si tu m'es resté fidèle, si tu n'as rien à te reprocher...

YANKO, secouant la tète. Oh! pour ce qui est deçà... il est possible qu'il y ait bien des choses à dire...

PEKI, d'un air de reproche. Comment, Monsieur, ici, dans ce vdlage?

YANKO. Oh ! non jamais... et si j'y étais toujours resté..

PEKI. Mais vous n'en êtes sorti qu'une fois... c'est donc quand vous êtes parti sur ce cheval de bronze? Voyezvous comme c'est dangereux les voyages?.. Et où avezvous été? qu'est-ce qu'il vous est arrivé?., je veux tout savoir.

YANKO. Écoutez, mademoiselle Peki, si vous l'exigez... je vous le dirai, parce qu'avant tout je dois vous obéir... mais si je parle, ce sera mon dernier jour, et nous serons séparés à jamais.

PEKI. Ah ! mon Dieu!

YANKO. Après tout .. c'est justice!., je l'ai mérité, je dois être puni... et pourvu que vous me regrettiez quelquefois... je vais vous dire...

PEKI. Non, Monsieur, non... je neveux rien apprendre... quoique j'en aie bien grande envie, et à cause de votre repentir et du chagrin où je vous vois... je vous pardonnerais iieut-êlre si je savais seulement jusqu'à (piel point vous avez été coupable.

VANCo. Vous savez bien que je ne peux rien dire... et il faut pardonner de confiance...

PEKI. C'est terrible, un secret comme cidui-là... Allons, Monsieur, puisqu'il le faut, je paidoune, ( Kieemenr.) à condition que cela ne vous arrivera plus.

tXKKO, regardant en l'air. Obi non... il n'y a plus moyen.

PEKI. C'est rassurant!..

YANKO. Non, ce n'est pas cela que je veux dire...

PEKI. Eh bien! Monsieur, écoutez-moi : ce soir même, pendant le souper que mon père donne à son gendre, et ati(|uel les femmes n'assistent pas... je sortirai sans bruit par la porte du jardin où tu m'attendras!

YANKO. Et où irons-nous? qui protégera notre l'iiile'

PEKI. Ne l'inquiète donc pas, une grande dame cpii veille sur nous... ma collègue! l'autre femme du seigneur Tsing- Sing.

YANKO. Elle qui est si méchante 1

PEKI. Elle ne l'est qu'avec sou mari; les grandes dames sont comme cela... Tais-toi, la voici !

Page 1