SCENE VIII
MARGUERITE, seule et plongée dans ses réflexions.
Oui, je veux éclaircir un soupçon outrageant!.. Oui... ce voile qu'Albert pressait si tondrcment... C'était celui d'une rivale.
J'en suis certaine!., et de ce talisman. Dont l'influence m'est fatale.
Je .saurai m'emiiarer !.. Malheur il lui... malheur! {Elle va monter l'escalier par lequel Albert a disparu, lorsqu'un bruit de cors se fait entendre. Elle donne ordre à ses lulels, qui accourent, d'ouvrir la grande porte de l'auberge, cl clK-même va au-devant des voyageurs qui arrivent.)
LE LAC DKS Fl<RS.
SCÉNli IX.
RODOLPHE, MARGUERITE, PlQUEuns et Écuyr.ns.
(Le comte Rodolphe de Cronemlourg, précédé de ses piqiicurs et de ses écuyers. Il cioiit de descendre de chet'ul, et ion voit en dehors de la porte ses chevaux que l'on tient en hride et sa meuto que l'on tient en laisse. Vne fanfare bruyante annonce son arrivée, marguerite court présenter ses hoininaijes à Rodolphe, soit seigneur, lui fait la révérence et l'engage à se reposer dmis son auberge. Tout cela s'est fait sur la ritournelle de l'air suivant }
AIR
Sonne! sonuo! bon piqueur!
Vous, mes vassaux, faites place !
C'est \olic st'ife'neui' qui passe.
C'est Rodolplie le cliasscur!
Sonne! sonue ! bon piqucui !
Vivent l'amour et la cliasse!
Sunnc! sonne! bon pi(iucui!
[A demi-voix.)
Avi.c adresse, avec audace, En vieux chasseur je suis la traco De l'ennemi qui croit, liélaa!
Pouvoir me dérober ses pasi Adroit gibier, ou bacheletto, Vous voulez luir!.. mais je vous guette... {Avec finesse.) Je vous suis... je vous tiens .. tayaut!., taj'.iut! Et bientôt... et Ijientôt, [D'un air de Iriornphe.) Sonne! sonne! bon picpieur!
Vivent l'amour et la cliassc!
Voici le v.dnqueur qui passe, C'e.st Rodolplie le chasseur!
Sonne! sonne! bon pii|ueuri En avant, compagnons!
Hardiment franchissons Les fossés, les buissons!
A travers les moissons Galopons ventre îi terre...
A moi la plaine entière ! !..
Gare!., gare!., tout est à moi, Je règne ! !.. je suis roi!
Silence !.. paysans !
Taisez-vous!., vils manants, Craignez mon arquebuse.
Que m'importent vos prés Par mes chiens labourés!.. Votre seigneur s'amuse!..
• Votre enfant est blessé?..
Votre blé renversé '!
Mais le cerf est forcé! ! 1
En avant, compagnons!
Hardiment franchissons Les fossés, les buissons!
A travers les moissons Courons avec audace !
Amis!.', vive la chasse!
Tayaut!., tayaut!., ici tout esta moil Je règne !.. je suis roi!
{.ila fin de cet air les seigneurs de la suite de Rodolphe entrent dans les appartements à gauche ; les piqueurs emmènent les chevaux et la meute du côté des écuries à droite)