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SCÈNE XIII

ZEILA, ALBERT; MARGUERITE, entrant avec RO- DOLPHE, ail moment où Albert est aux genoux de Zéila. Au cri qu'elle fait entetidre accourent ISSA-

CHAR, TOUS LES VOTAGEURS, VoYAGEl'SES, GaKÇONS ET

Filles de l'auberge.

FINAL

MABGliEniTE.

Ail ! qu'ai-je vu!..

ZEILA, s'enfuyant à l'autre extrémité du théâtre. C'est fait (le moi!

ENSEMBLE

MARGUERITE, à Albert.

Parjure! témi'raire !

Outrager mou lioiiiicur !

La honte, la colère S'emparent de mon cœur.

ALBERT

Le dépit, la colore S'emparent de son cœur.

Et comment la soustraire A sa juste fureur?

ZEILA.

Le dépit, la colère S'emparent de son cœur.

Et comme;it me soustraire A sa juste fureur?

RODOLPHE, ISSACIIAR ET LE CHOEUR Le dépit, la colère S'emparent de son cœur.

Rien ne peut la soustraire A sa juste fureur.

MARGUERITE

Un tel affront d'une servante Que la pitié m'avait fait accueillir!

De chez moi sortez, insolente, Sortez pour n'y plus revenir!

ZEILA.

■ Ah! (lins la honte qui m'accalilo, Où iioitcr mon surt misérahlc?

ALBERT, lui prenant le bras.

Sur ton frère lu t'appuieras!

MARGUERITE

Qui' vous?., iiuitter .:es lieux?

LE LAC DES FÉf S.

ALDERT.

11 le faut... car 'C l'aimcl MAnGUERiTE, 0 part.

Ocicl!

ALBERT, vivement, à Zcila.

Partons! iiartousi.. Je guiderai tes \as'.

MARGUERITE

Vous l'espérez en valu ! vous ne le pouvez pas.

()ui m'en empêcherait?

MARGUEKITF.

Vous-mi!me!

L'iioiiiiour qui vous relient!

issACBAn, à Rodolphe.

Et viiigt-ciu(l écils il'or Qu'à son hôtesse il doit encor.

ALBERT, troublé Grand Dieu!

RODOLPHE

c'est juste, et, gage priScleux, La loi veut iiu'ii demeure en otage on ces lii-'Ur.!

CNSEUtLEi MARGl'ERITE,

Rien ne peut le soustraire ~ Aux dettes de l'honneur.

Lo dépit, la coltre S'emparent de mon coeur.

ALBERT

Et comment mo soustraire Aux dettes de l'iiomieur?

La honte, la colère S'emparent de mon cœur.

ZÉILA.

Exilée, étrangère, Où fuir dans mon mallicur' Qui donc sur celte terro Sera mou protecleui ?

nODOLPUE, ISSACHAR ET LE CliOEUn.

Rien no peut le soustraire Aux dettes do l'honneur.

Le dépit, la colore S'emparent de son cicur.

RODOLPHE, à Zéila.

C'ist moi, ma belle enfant, qui veux vous protéger; Venez en mon tlwteau.

ALBERT, à Zéila.

C'est une oljre tiaitrcssc; Refusez !

RODOLPHE

Ma seule vieillesse Doit il vos yeux éloigner tout danger.

ZLiLA, indécise, reyardant tour à tour Albert et Rodolphe.

Mon Dieu, ((uo dois-je faire?

ALBERT, avec effroi.

Elle hésite!

(Bas, à Issachar.) Tes vingt-cincj écus d'or, juif, donne-les-moi vite, Et je signe i» l'instant.

ISSACHAR, avec joie.

Le billet de tantôt?

ALBERT

Tout ce que lu voudras.

ISSACHAR

C'est parler oomnio il faut!

Mettez Ifi votre signature.

{!! lui présente xm papi'.r qu'Albert siijne vivement sur

la table à droite ) RODOLPHE, pendant ce temps, s'adrcssant à Zéila d'un

air caressant.

Oui, diiuler de ma foi serait me faire injuri'.

AÎRKRT.

Et la mienne jiour elle est un meilleur garant.

(.1 Marr/uerile, lui donnant la bourse d' Issachar.) Tenez, voila votre or ! Je suis libre ii présent!

ENSEMBLE

ALBERT

Ah! la bonne affjiro Que j'ai faite là!

Le destin prospère Me sourit déjà.

Fi de la ricliesso!

Vivent la gailé, Ma jeune maiiresso Et la liberté!

ISSACHAR

Ah! la bonne alfairo Que j'ai faite là!

Le destin pros|iéro Me sourit dé;à.

0 folle jeunesso!

Sa témérité Pour une maiiresso Vend sa liberf'.

HODOLPHE.

Ah! la bonne afl'.iiro Qui m'échapiic là!

La jeune bergère Me charmait dé'à.

Trésor de jeui;e.sso, Naïve beauté!

Malgré ma vieillesse.

J'en suis enchanté!

MARGUERITE

Ah! le sort conirairo Me trahit déjà!

I\Ialgré nui coléro.

Il m'échappera.

Par ceUe ipromeSBO 11 a racheté Sa jeiiue maîtresse Et sa liberté.

ZEILA.

Ah! lo sort prospèro M'exauce déjà,

[Regardant Marguerite ) Et lie sa colère Me délivrera!

[lieijardant Albert) Oui, clans ma détresse, A sa loyauté Livrons ma jeunesse Et ma liberté!

RODOLPHE, regardant Zéila, puis- .ilbert. 0 riche proie, hélas! qu'il vient de ni'enlever! Mais cpi'on pourra peut-être retrou\er.

[S'approchaiit d' Issachar, à dentivoix ) L'allaire est bonne, ce me semble.

ISSACHAR, rf? même. ' J'espère y gagner cent pour cent.

RODOLPHE, de même.

Je te les donne sur-le-champ ; Veux-tu que nous traitions ensemble?

ISSACHAR

Comment?

RODOLPHE

Cède-moi ton billet.

ISSACHAR, ave défiance.

Au prix coûtant?

RCDOLPBE.

Non p.tsl jiour le double.

ISSACHAR, le lui donnant.

C'est fait !

ENSEMBLE

RODOLPHE

Ail ! la bonne alTairo Çue j'ai faite là!

LE LAC DES Fl5l'S.

{Montrant Albert.) Ce bilk-l, j'csiiire.

M'en (Irlivrcra.

Oui, par mon adfoss* J'aurai raclieté Sa jeune mailrcsso Ou sa lilierlô,

ISSACIIAB.

Ah! la bonne alîairo Que j'ai faite là!

Le ))illet prospère Rapporte déjà.

{Regardant Roihi!phe.) Oui, sur sa tendresse J'avais bien compté; J'ai, par mon adresse.

Un gain mérité.

Ah! la bonne affaira Que j'ai faite là!

Le destin prospère Me sourit déjà.

Fi de la richesse!

Vivent la gaiolé.

Ma jeune maltrosso Et la liberté!

ZEll.A.

Ah! le sort prosptre M'exauce déjà.

Et de sa colère Me délivrera!

Oui, dans ma détresse, A sa loyauté Livrons ma jeunesse Et ma liberté!

MARGUERITE

Ah! le sort coniraire Me trahit déjà ; Malgré ma colère, Il m'échappera.

Par cette promesse Il a racheté Sa jeune ni.ùtresse Et sa liberté.

LE CHCEUR.

Sonne! sonne ! bon piqueurj

Voici l'instant de la chasse.

Du courage et do l'audace!

La chasse est le vrai bonheur !

Sonne! sonne! bon pinueur!

{Rodolphe et ses gens qui viennent de remonter à cheval, se disposent à repartir pour la chasse; Albert, qui a pris le bras do Zéila, sort avec elle par la porte du fond, Marguerite, désespérée, tombe sur une chaise, et Issachar, de l'autre côté, aucoin du théâtre, compte ses écus.)

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