SCÈNE PREMIERE
ZÉILA, ALBERT.
I Albert est à gauche dnanl une IMe il écrit. Ziila, à 'droili, deuanl vn jnclier à tapiascrie, et travaiUt, Dca Uvnt e( «ta carions «on! épar» djnj la chambre.)
DUO
ZÉltA ET ALBERT.
Asile Modeste et tranrpiille, Par toi le monde est oublié !
La vie
S'écoule si jolie Quand chaque instant est égayé Par le travail et l'amitié !
ALBERT
Dans ma demeure aérlcnno Qu'habile avec nous le bonheur,
[}lontrant la porte à gauche et telle al fdee*)
Là, votre chambre .. ici la mienne!
C'est un frère...
ZEiLA, lui tendant la main. Près d'une sœur !
ALBERT, se levant, se rapprochant d'e:ie et regardant
sa tapisserie.
Que c'est bien !
tElLA.
Trouvez-vous?
AI.BEIIT.
Ces ^ases, ces trophées, Ces fleurs naissent soudain sous vos dolgls assidus : On dirait l'ouvrage des fées !
ZB LA, souriant.
Et l'on se tromperait!
{A fart.)
Car je ne le suis plus!
(tfoul.)
Mais un seul point, Albert, mo trouble et m'inquiète! Ces vingl-cinq écus d'or qui par vous étaient dus. . ALBERT, tirant du tiroir de la table une bourse qu'il lui montre.
Dès aujourd'hui j'acquitterai ma dette ; Vos travaux et les miens en paieront la valeur. Combien, venant de vous, la liberté m'est chère!.. zÉiLA, à part.
Ah! je n'aurais jamais cru sur la terre Que l'on trouvât tant de bonheur!
ENSEUBLE.
Asile Modeste et tranquille, Par toi le monde est oublié!
La vie S'écoule si jolie Quand chaque instant est égayé
ZÉlLA.
Par le travail et l'amitié !
ALBERT, jjrenant la main de Zéila, Par l'amour et par l'amitié !
zEiLA, retirant sa main d'un air de reproche. L'amour, Albert'?..
ALBERT
Ah! j'ai fait la promesse De n'en jamais parler!.. Mais que la rigueur cesse, Et me rende un serment impossible à tenir! ZÉILA, baissant les yeux.
Loin de toi veux-tu me bannir?
ALBERT, timidement.
CAVATINE
J'avais juré de ne pas dire Mes souffrances de chaque jour,
[Avec passion.)
Mais malgré moi ma force expire; le meurs pour toi, je meurs d'amour !
Et pourquoi le défendre
D'un sentiment si doux!
Pouniuûi ne pas le reuilre A moi... ton amant... ton époux?..
(Zcila, cmtK, «s dfgage dt III 6ras, t'éMgnt, H iHsrl nprtiil o dtmivois.)
J'avais juré de ne pas <lire Mes soullrances de chaque jour.
LE LAC DES FÉES
Mais malgré moi ma force expire ; Je meurs pour loi!., je meurs d'ar
ENSEMBLE
'amour!
ZEILA.
Oh! mon Dieu! comment se défendre Contre ce charme séducteur!
Tais-toi!., tais-toi... ta voix trop tendre Porte le trouble dans mou coeur!
Dclire extrême...
Laisse-moi... laisse-moi!
Contre moi-même, ,
Mes sœurs, protégez-moi!
Mes sœurs!., mes sœurs, iirotégcz-moi!
ALBERT
Pourquoi plus longtemps te défendre?
Que ton cœur réponde à mon cœur !
A mes désirs daigne te rendre.
Et prononce enfin mon bonheur !
A toi que j'aime J'engage ici ma foi !
C'est le ciel même Oui dans ce jour te donne à moi.
C'est le ciel qui te donne à moi!
(Zêtla iptrdut eat entre lit brat d'Atbert. Tout à coup par la ftmUre à gauche, qui est ouverte^ on entend le chant de« féei du premier actt, Zèila t'arrache avec force det brat d'Albert.) ZEILA.
Ah! je les entends!., ce sont elles; Elles viennent me protéger!
Du haut des airs leurs voix fidèles Viennent m'arracher au danger !
ALBERT, étonné.
Que dis-tu?
ZÉILA.
Tais-toi!., ce sont elles!..
N'entends-tu pas leurs chants de regrets et d'amour?
tOn entendte chœur qui reprend en dehorl.)
Mes sœurs!., je ne suis plus qu'une pauvre mortelle.
Des cieux où votre voix m'appelle.
Mes sœurs!., mes sœurs!., je suis bannie et sans retour!
ALBERT
Qu'entends-je '?. . Cette fée et si jeune et si belle Dont vous me rappeliez les traits!..
ZÉILA.
C'était moi!
ALBERT
Cette fée, hélas! que j'adorais...
ZEILA, vivement.
C'était moi!..
ENSEMBLE
Malheur qui m'accable.
Destin déplorable !
A mon cœur coupable 11 ne reste rien I Hélas! ma constance Double ma soullrance; Je perds l'espérance.
Je perds tout mon bien !
Malheur qui m'accable, Destin implacabb:!
Pouvoir redoutable Qui n'est plus le mien, Céleste puissance Qui vois ma suuH'rance, Rends-moi l'espérance, Rends-moi tout mon bien !
ZEILA.
Tu sais tout, maintenant! Du ciel déshérité, Un pouvoir inconnu me retient ici-bas!
ALBERT
Non!., et celle puissiiiu .-, lielas! si regrettée. Va V0U8 être rendue!
ZEILA, avecjoie.
Ah ! ne me trompe pas !
ALBERT
Ce talisman, qui vous permet, cruelle.
De fuir loin de la terre et de monter aux cieux.
Ce voile mystérieux Qui fait votre pouvoir et vous rend immortelle. Je l'avais dérobé!.. Vous le rendre aujourd'hui, C'est vous perdre à jamais!..
[Le tirant de ton tein.)
N'importe!., le voici!
[Il le lui donne.)
ZÉILA, le regardant avecjoie et le portante set lèvre$. Ah! c'est lui!., c'est bien lui!
0 joie ineffable, Bonheur qui m'accable 1
[liegardant le voi(«.)
Pouvoir redoutable.
Tu deviens le mien!
Oui, la Providence, Calmant ma souffrance, Me rend l'espérance.
Me rend tout mon bien!
ALBERT
Malheur qui m'accable.
Destin implacable !
A ses yeux, coupable.
Je ne suis plus rien !
Hélas ! ma constance Double ma souffrance ; Je perds l'espérance!
Je perds tout mon bien !
ALBERT
Adieu! toi que j'adore!
Adieu, toi que ce voile, hélas ! va me ravir. ZÉILA, jouant avec le voile qu'elle roule dont ses maint. Ce voile... qui t'a dit qu'on voulût s'en servir?
ALBERT
Qu'entends-je! et quel espoir vient m'abuser encore!
[Zeila lui tendant te voile.)
Tiens, Albert, reprends-le... Pour moi.
Le ciel est ici près de toi !
ENSEMBLE
0 bonheur ! ô délire !
X peine je respire; Ta voix et ton sourire M'ont entr'ouvert les cieux!
0 délices suprêmes !
Nos désirs sont les mêmes ; Tu m'aimes... oui, tu m'aimes.
Je suis l'égal des dieux!
ZÉILA.
Je suis encore aux cieux.