‹ Pièces de théâtreChapitre 348 sur 575 · SCENE VIH · texte numérisé non relu

SCENE VIH

GUILLAUME, TÉliHZlNE.

Gl'ir,I.AI.'JIE.

Oh! c'est miraculeux! tout le monde m'ailore ! On me le dit, du moins ; et les filles d'ici Me veulent toutes pour mari.

TEREZINE.

Et vous, Guillaume'?

GUILLAUME

Et moi j'attends encore... (La regardant, et à part ) Un bonheur... qui bientôt viendra!

TEREZINE.

Ecoulez-iuoi, de gi'Ace !

GuiLLAïuE, avec satisfaction.

Enfin, nous y voilà!

TEREZINE.

Je sais que vous vouliez, dans votre ardeur guerrière, Vous enriiler! Pourquoi? dites-le-moi DUO.

GUILLAUME

Je voulais partir pour la guerre, El de mon mieux servir le roi.

Puisque c'était, dans ma misère.

Le seul qui voulût bien de moi !

TÈRÉZINE.

Votre existence nous est chère.

Ainsi que votre libertél Cet engagement téméraire Le voici!., je l'ai racheté.

(Elle lui mon're u» papier.)

GUILLAUME

Que de bonté!., quoi! c'est vous-même. .

(À part.) Mais c'est tout sinqile (|iiaiKl ou aime Et c'est cela! c'est bien cela.

TEREZINE.

Je vous le rends!., le voilà!

(ICIle lui présente le papier; eu le prenant, Guillaume rencontre la main de Térézine qui la retire avec émotion)

GUILLAUME, la regardant avec amour.

Oui, je crois voir, douce espérance!

Trembler sa main, battre son cœur :

Philtre divin! déjà commence Et ton pouvoir et mon bonheur!

TEREZINE.

.\dieu! -

GUILLAUME

{.ivec embarras.) Vous me quittez!., ^■ous avez, je suppose. Autre chose à me dire eucor.

TEREZINE.

Moi ! non !

GUILLAUME, avcc effroi

Eli quoi! pas autre chose!,.

TEREZINE.

Pas antre chose.

GUILLAUME, atterré.

(Lui rendant le papier.) 0 ciel! je m'abusais! Qu'importe alors mon soif? Si je no suis aimé, je préfère la mort.

ENSEMBLE

GUILLAUME

Mieux vaut mourir Que lie souffrir Tous les tourments Que je ressens.

TÈHÉziNE, à part.

Il veut partir; C'est trop soulfrir;

LES MARTYRS

Tous SOS tournicnls Je les nîssi'us.

GtUI.LAllME.

Ainsi ce talisman, poui' toute ânti-c inraillihle, Sur clli^ est sans pouvoir! clic reste insiMisilile! Ailieu! je pars, et puisque le'ilocteur M'a trompé...

TERtziNE, le retenant avec tendresse.

Non!., non, si j'en crois mon cœur!

ENSEMBLE

GUILLAIIME.

Dieu! que viens-je li'cntenilre!

0 moment enchanteur !

Ce mot Tient de mr rendre La vie et le bonheur.

Près de ce que j'adore Je demeure en ces lieux; Et le ciel que j'implore A comblé tous mes vœux.

TEnEZINE.

Je ne puis m'en défendre ; Ses tourments, sa douleur.

Et cet amour si temlre Ont su toucher mon cœur.

De l'amant qui m'adore Comblons enfin les v inix.

C'est être heureuse encore Que de le rendre heureux.

{À la fin de cet ensemble, qui est sur un moiiremenl de marche militaire, on voit à ijaitehc arriver Vuntanarosc, Jeannette et tous les habitants du villatje, et à droite parailn- Joli-Cœur qui marche devant ses soldais eit tournant le dos à T^rézine.)

JOLi-coEiiR, à ses soldats, et réylant le pas. Une, deux! une, deux!

Halte-front! présentez les armes!

[Il se retourne et aperçoit Guillaume qui dans ce moment vient de se jeter auj: pieds de Térézine.) Ah ! grands dieux !

Je rends à mon rival les honneurs militaires !

TEiiEziNE, allant à Joli-Cœur.

-Vous saurez tout, sergent!

{Elle continue à lui parler bas ; elle a l'air de se jnslifler en lui racontant ce qui est arrivé; Joli-Cœur relève sa cravate d'un air avantaijcu.r, et semble dire, en rcijardant Jeannette, qu'il n- m'inquera pas de consolations. Pendant ce temps, (iuillaume, qui a aperçu fonlanarose , se lève, court à lui et lui saute au coti.)

GUILLAUME

0 ijhilire merveilleux!

Par lui je suis aimé, par lui je suis heureux !

FONTANARllSE, UVCC fatuité.

Do mon art ce sont là les i^lfets ordinair(!S :

{Montrant Jeannette.) De plus, mon jeune ami, j'ap|irends que vous voilà ■frcs-riche!

TEBÊziNE, étonnée.

Est-il vrai ?

cinLLAi'ME, nrcc indijférence.

[Montrant Térézine ) Riche!... ah! je l'étais déj^! EONTANAROSE, sc tournant vers les paysans. Car ce philtre. Messieurs, ([ue pour rien je vous laisse, Ce philtre peut aussi procurer la richesse. Tciis, l'entourant.

Donnez, donnez-m'en sur-le-champ!

\'uilà, voilà mou argent. - FONiANAno.SE, faisant sonner les pièces de monnaie qui S07it dans son chapeau.

0 philtre tout ]iuissant !

I Je disais bien qu'il donnait la richesse. {En ce moment le cabriolet du charlatan parait au milieu du théâtre.)

FONTANAROSE.

Adieu, soyez heureux!.. Adieu, mes bons amis ! Je reviendrai dans ce pays.

{Il monte sur son cabriolet.)

ENSEMBLE

CHŒUR

Honneur 1 honneur .\ ce savant docteur!

Je lui dois la richesse, Je lui dois le bonheur.

GUILLAI'SIE.

Je lui dois ma maîtresse.

Je lui dois le bonheur.

TEREZINE.

Je lui dois sa tendresse, Je lui djjis le bonheur.

JOLI COEUR

Oui, pour une traîtresse Qui trahit mon ardeur.

Plus d'une autre maîtresse Me rendra le bonheur. Tors.

Honneur, honneur à ce savant docteur!

(Le charlatan est sur son char; son valet sonne de la trompette; tous les villuyeois aijitent leurs chapeaux et le saluent. La toile tombe.)

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