SCÈNE XV
Lesprécéde.ms, pierrot.
PIERROT. Ah! Monsieur, voire neveu Achille, ce petit tapageur...
DiuocAGE. Est-ce qu'il était aussi sur l'eau?
PIERROT. Sur l'eau? au contraire...
I Di BOCAGE. Comment! au contraire?
PIERROT. 11 était, avec deux de ses frères, dans ce cabinet de travail qui est à l'autre bout du chàleau ; ce cabinet qui donne sur le jardin et qui est rempli de papiers.
Di BOCAGE. Eh bien! après?
PIERROT. Je les ai vus ouvrir la fenêtre, et sauter Tuii après l'autre.
AiB : Lise épouse le beau (iernunce.
Quoiqu'.'ichiUc soit ingambe,
Il s'est "corché la jambe ;
Mais ce qui m'.i lait frémir.
C'est son trcru Casmir!
Pour sauter il u'est pas d' f.jrce;
Il est si lourd, si pesant ■
S'il n' s'est donne qu'uin.' fnlorse,
J'y en fais bien mou compliment.
DUBOCAGE. Ah : mon Dieu , Jaqueline, vas-y vile. Mais aussi quelle idée à eux d'aller sauter pai' cette fenêtre, et pourquoi faire?
PIERROT. Pourquoi? Parce qu'apparemment la porte était fermée en dehois, et qu'ils ne pouvaient pas rester dans le cabinet, à cause de la fumée.
Diooc.\CE. Et cette fumée, d'oii ventit-elle?
PIERROT. Elle venait des papiers qui brûlaient.
iiL'Boc.\GE. Des papiers! et comment brùlaientils'?
PIERROT. Parce que c'était votre neveu Casimir qui, en lançant un pétard, y avait mis le feu, dont il s'est brûlé la main.
DEBOCAGE. Ah! mon Dieu! mais à ce compte-là le feu est donc à la maison? Et cet imbécile qui ne me' le dit pas d'abord ! Le feu, le feu chez moi! va vite avertir les gens du château et les paysans des environs. [Pierrot sort.) Que ne puis-je y courir iiioimcme! mais être forcé de rester là! Ah! i^uel tourment d'avoir des enfants, dix surtout! obligé de les surveiller, de ne pas les quitter un instant, il n'y a pas une minute de repos à espérer. El leur père qui va arriver, que lui dirai-je, et comment faire? Au milieu de tant de désastres, l'eau, le feu, et mes neveux, tous les fléaux à la fois. El personne auprès de moi, pas un domestique, je n'aurai pas même de nouvelles! Personne n'arrivera-t-il à mon secours?