‹ Pièces de théâtreChapitre 448 sur 575 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

Les mêmes , ANATOLE. ANATOLE. J'arrixe loujouis courant... et tout cs-

SOllftlc'.

JEANNE. D'où ça?

ANATOLE. De rilôtel de la marquise , oii mon [lére m'avait eovoyé porter moi-même... en son nom... une lettre d'excuse.

TOLs TROIS Eh bien?..

ANATOLE. Eh liien ! on m'a fait dire par un valet de chamlire : «Madame va répondre, alteudcz...» Et j'ai attendu dans une espèce de boudoir qui tenait au salon... et dans ce salon étaient la marquise et des Imnmu'sde loi... qui de temps en temps élevaient ia

parole, el, ma foi... je ne sais pas si c'est m,d d'écouter.

JEANNETON. L)u tout ! quauil c'est pour rendre service à des amis.

ANATOLE. Cest cc quc je me suis dit... Aussi j'avais l'oreille cullée contre la porte, ut l'un s'écriait : «Oui, je répon Isdu procès... procès qui le ruinerait s'il était riche... et il n'a rien... il ne pourra jamais le soutenir. — Alors, et s'il n'y a pas d'autre moyen, faisons le procès, a répondu la marquise , mais c'est contre mon gré... — Attendez donc! attendez donc! dL^ait une autre personne.» Etil se fit un grand sdence...Je n'entendais plus que le bruit de papiers ou de parchemins que l'on feuilletait... puis tout à coup un grand cri... comme un cri de joie, et l'on disait: « Qu'il le veuille ou non maintenant... il est en ncilre pouvou'... il ne peut plus nous échapper. «

GALiiCHET. Qu'est-ce que ça peut être?

ANATOLE. « A moins, s'éiri a la manpnse, qu'il no les enlève, qu'il ne les emmène... tout serait perdu. »

GALiciiET. C'est une idée, çi!

JliANNlî ET JEANNETON.

ANATOLF. « Bah ! (lisaient les au vts, il ne peut se (loLitor (lu coup qui k incnajc... Et d'aiUoui-s , nous avons a-scz de pouvoir et rie crédit... pour l\m|iècher... et lucme, s'il le faut, pour le faire arrêter. »

JEANNF. Vous arrêter!

JF.vNNETON. Vous, 111011 pèrc!.. Ail bien, oui!., qu'ils y viennent ! qu'ils s'en avisent!..

r.ALcciiET. Uien, ma fille... bien, Jeanneton... Cette eulaii!-là était née pour èiro un garçon.

A.\'\T0i.E. Voilà ce quej'ai entendu... el fans atb ndre plus longtemps la réponse à mn lettre, je suis venu tout vous dire.

ji:a>nf.. Merci, merci... monsieur Anatole... Et vo:re avis?

ANATOLE. Mon ftvls... cst qu'il faut ici de la tèlc et du courage... Il fuit partir.

jEANNF.iON. Allons donc!

ANATOLE. Us sont piilssauts, ils ont de l'or, ducrcîdit, des amis... vous n'avez rien de tout cela... excepté moi . qui ne peux rien... que vous aimer, mademoiselle Jeanne... et si on conimenco par vous séparer!.. Vous avez raison .. vous le prouverez plus tard... je le sas.. Mais en attendant , que deviendruiit vos filles... qui les protégera?

(iALFCHET. C'est juste!., je no les quitte pas...

ANATOLE. On se défend de loin... Parlez avec elle, parlez !

GALiciiET. Et si l'on s'oppose à ce départ!., où trouver appui et protection?., à qui nous adresser ?

.lEANNETON, Qvec inenjie , Je le sais.

cu.iCiiET. Toi, .leaineton?

JEA>NET0N. Oui, luon pèle... et à l'instant nn'mc,.. [Elle se met à la table, et écrit.) Je reponds de tout. V GALUciiET. A qui diable éerit-elle?.. {Lisant par-dessus son épaule.) « Monsieur le duc.,, » Tu connais des ducs, Jeainieton?..

JEANNETON. Oui, mon père.

GALixiiET , lisant toujours par-dessus l'épaule de Jeanneton. (c Monsieur le duc... ou plutôt mon ami.» [Avec étonnemcnt.) C'est Ion ami?

JEAN^ETO>■, essuyant une larme. Oui... mon père.

GALUCHET. « Vous iii'avcz dit : Dans le malheur... venez à moi !.. J'y viens...» C'est donc un linmiéte homme, Jeanneton?

JEANNETON. Olli, UIOU pèrC.

GALICIIET, lisant toujours. « Je vous prie , car c'est très-pressé, de vouloir bien, tout de suite... tout de suite, m'enlever... » [Avec colère.) Hein?

juNNETON, achevant d'écrire. « Avec mon père et ma sœur... »

CALUCiiET. C'est différent.

JEANNETON, écrivont toujouTS. «Le porteur vous dira pour(|uoi. »

GALUCHET. Le porteur?

JEANNETON. Ce sera vous, mon père.^. A M. le duc de Blansac, à son hôtel. Courez... c'est à dcu.v pas... 11 ne sera pas encore parti pour la mairie... car c'est à midi seulement (ju'il se marie.

CAi.uciitT. El tu veux qu'il nous enlève... lui-même?

JEANNETON. Non... iiiais qu'il vous donne les moyens de partir... C'est ce que j'ai voulu lui dire... vous le lui expliquerez... Partez vite, seulenniit.

GAi.i ciiET. Et si, dans un moment comme celui-là, il refuse de m'écouter?

JEANNETON. Vous (lii'oz quc c'cst de la part de mademoiselle Jeanneton.

GALUCIIET. Et ce beau marié... ce jeune seigneur... ce duc?..

JEiNNETON. Vous accu jillcra îi l'in tiUit.

GALUCIIET. Tu crois?

JEANNETON. J'ensuis sûre!

GALUCIIET, avec défiance et reproche. Mais une tella proteelion?..

JEANNETON. Vùus pouvcz l'accciiler, mon père, elle ne iiiHis Coûte rien.

GALUCIIET. Bien vrai ?

JEANNETON. Je uc la réclamerais pas avec tant de connance, si je l'avais payée!

GALUCIIET. C'est juste!., tu es une digne et brave fille... Atteiidez-uioi , mes enfants... Je s rai de retour ici, avant midi ! Veillez sur elles, monsieur An:itule...

ANATOLE, montrant la porte à gauche. Là .. dans le bureau de mon père... je ne les quitterai pas... je vous le promets.

GALUCHET, à Anatole qui va entrer dans l'aj/partcmentà (jauchc. Moi, je cours chez notre protecteur... Grâce à lui, j'emmène mes enfants, je les enlève! et après celi je me moi|uede la marquise et de tous les grands soigneurs! [Il sort parla porte du fend. — Coquebert est entré par la porte à droite, pendant ces dernières paroles , (^u'il a entendues.)

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