‹ Pièces de théâtreChapitre 459 sur 575 · M. DE BRIENNE · texte numérisé non relu

M. DE BRIENNE

C'est moi... qui viens t'en demander!

ensemble.

Irène.

Sa faiblesse est bien naturelle!

Quand il fjut quitter son enfant.

Tout vous cITraie, et c'est pour elle Qu'on devient timide et tremblantl M. DE BRIENNE.

Ma faiblesse est bien naturelle!

Q.uanil il faut (|uilter sou enfant, Tout vi.us effraie, et c'est pour elle Qu'on devient timide et tremblant!

(.W. de Brienne sort avec sa fille par h porte que Térézine leur a iniliquée )

TÉRÉZINE, puis DE CLERMONT.

TÉRÉziNE, regardant sortir M. de Brienne et sa fille. Un amiral! c'est un fier honneur pour la maison! Nos voisins de la Croix-de-.Malte vont-ils enrager cu\ qui ont fait tant de bruit le mois dernier pour un malheureux capitaine de frégate! (On entend un fouet de postillon.) Ah! encore du monde !..

M. DE CLEUMONT, à la cantoTwde. Oéicle Icschcvaux... je coucherai ici... je connais la maison, {fl entre en scène, et un domesliqw qui entre après lui, pose sur la taille à droite un nécessaire de voyage.)

TÉRÉZINE. Il parait que c'est une pratique ! Eh oui, ce jeune gentilhomme qui, l'aulre année, allait en Italie par le chemin delà Corniche!., le vicorale de ClcriTiont !

DE CLERMONT, ri'aîiJ. Téi'ézinc!.. la petite Servante provençale qui, l'année dernière, a fait ma chambre.

ïÉRÉziNE. Oui, monsieur le vicomte.

DE CLERMONT. T u vois que j'ai de la mémoire ! mais c'est ([ue tu menaçais d'être fort gentille. {S'approchani d'elle.) Et il me semble que depuis, le danger n'a fait que s'accroître !

TÉRÉZINE, «e reculant. Oh! bien oui !.. mais ce n'est plus ça! je no suis plus la servante, je suis la maîtresse de l'auberge.

DE CLERMONT. Envérité!

TÉRÉZINE. M, Jacquemart m'a épousée!

DE CLERMONT. Ce biMve ,\! . Jacqui'inarl ! . qu'est-ce que c'est ipie M Jae piemart ?

TKuÉziNE. L'n célèbre cui^inirr de Marseille, ipii a éliidii'; à Paris, chez un feriniergénéral. 11 est venu acheter, à Toulon, l'hôtel de la Croix-d'Or ou j'étais déjà servante, et en me voyant!., pécaïre!..

i>E CLERMONT. Anidur, tu perdis 'Troie !..

TÉRÉZINE. Oui, Monsieur!., et quoi(iue je n'eusse rien...

DE CLERMONT. M. Jacqucmart a fait une très-bonne affaire.

Air du Premier prise.

Celte mine penlllle et vive!

Doit l'enriidur!., car, ïr.lrc au ciil,

Pour l'admirer, ch.acuu arrlvi'!

Et dans les comptes do l'Iiôlel,

Le voyag,:ui', s'il faut qu'd parte,

Ne peut plus rien vériller!

Tes yeux lui fout perdre la carie

Qu.iiid il s'agit de la payer!

TÉRÉZINE, faisant la révérence. Vous êtes bien Ixjii !

DE CLERMONT. C'est égal! lu méritais mieux queeela'

TÉRÉZINE, baissant les yeia;. Vous trouvez?

DE CLERMONT. Oui, je suis fflehé pour toi , que tu aies épousé un cuisinier, quelque célèbre qu'il soit! mais d'un autre côté j'en suis content.

TÉRÉZINE. Et pourquoi?

DE CLERMONT, froidement. Parce que j'aurai un Ijon souper, j'en suis sur!

TÉRÉZINE, étonnée. Quoi, monsieur le vicomte!..

DE CLERMONT, entendant le fouet du postillon. Tiens, voilà des voyageurs qui arrivent. Occiipcz-vous d'eux, madame Jaquemart...

TÉRÉZINE. On a le temps ! votre chambre est là , monsieur le vicomte, au numéro treize. C'est votre ancienne !

iiE CLERMONT. C'cst bicu ! nc pensez pas à moi , je vous en prie !

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