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SCÈNE XV

Les PRÉCÉDE.NTS, LA BARONÎSE.

DE CLERMONT. Vous, barounc, que je croyais retirée dans votre appartemenl, venir à une pareille heure...

LA BARONNE, s'avançant vers lui. Expri s pour vous apprendre que décidément je vous déleste!

DE CLERMONT, dc même. Ce n'était pas la peine!

LA BARONNE, avançant toujours. Que je vous quitte, que je vous dise un éternel adieu!., et avant que le jour ait paru , je serai loin de cette ville, car je pars à l'iuslant même, et vous laisse seul avec vos remords. (Venant de la porte du fond, elle s'est avancée jusqu'au milieu du théâtre; en ce moment elle aperçoit Irène qui est en face d'elle, et elle s'écrie gaiement :) Quand je dis seul, je uie trompais. .

DE CLERMONT. Au Mom du cicl, taiscz-vous!

LA BARONNE, riant. Voilà qui est admiialde! quand je croyais me venger, Woiisieur a\ail déjà pris sa revanche !

DE CLERMONT. naioiuie... je VOUS eu prie...

LA BARONNE. Rcvaiiclie fort piipiaiile! car la petite n'est pas mal... une figure que je ii'oublieiai pas!., et elle dort... C'est sublime... le .sommeil de l'innocence!

DE CLERMONT, avec colère. Baronne !

LA BARONNE. Cliez uu Capitaine de dragons.

DE ci.erMoNt. Baronne ! {Modérant sa colère.) Dans son intérêt... dans le vôtre... silence 1 et partez à l'instant... à l'instant!

LA BARONNE, riuid. Et pourquoi, s'il vous plaît? {On entend vers la gauche les sonnettes de lAusieurs voyageurs,)

DE CLER.MONT, dunS le plus gtand trouble. Parce qu'on s'éveille!., et pour vous-même, pour voire réputation... à laquelle vous tenez !

LA BARONNE. Ccrt lineineiit ! .. et beaucoup!

DE CLERMONT. Si l'oii VOUS voyail.. . ainsi... dc grand matin...

LA BARONNE. Nous sommcs deux!

DE CLERMONT. N'imporle?.. il y a ici des amis à moi... des officiersqui ne respectent rien! [On entendle comte Annibal crier à gauche en dehors.) Holà! madame l'hôtesse.

DE CLERMONT. Eiitrc autrcs, le plus mauvais sujet du royaume : le comte Aiinihal de BoutlCviUe !

LA BARONNE. Le comte Amiibal !

LE COMTE, en dehors. Eh bien ! viendra-t-on?

DE CLERMONT. L'entcudez-vous ?

LA BARONNE, riant. Eh oui!,, c'est bien sa voix !

DE CLERMONT, vivcment. Vous le connaissez?

LA BARONNE, riant. Oui vraiment!., comme lout le monde !

DE CLERMONT. Raisou de idus... et s'il vous voyait...

LA BARONNE, éteignant la bougie qui est sur la tuhle. Je l'en délie!.. iOn entend sonner et appeler de plusieurs endroits ili/férents.)

DE CLERMONT. Mais il u'cst pas seul ici... et tous les autres voyageurs...

LA BARONNE, riant. C'est juste!., le tètc-à-lcle deviiiidrait trop nombreux!., adieu!., adieu, vicomte! {Elle s'arréle un instant près de la porte du fond , et dit en déclamant.) .Viù voulu voir! et jai vul Elle sort par la porte du fond et le théâtre reste dans l'olscurdé.)

DE CLERMONT Ireuc!.. Irèiio! levez-vous... levez-vous et partons!,, je le veux !.. \Rrgardant les grandes croisées cpii sont au fond de la galerie du premier étage.) J'aperçiiis à travers ces vitraux le jour qui commence à parailre. {Ecoutant.) Dieux! la voix de son père!., pai'tez! partez!.. {Montrant frêne qui dort dans le fauteuil.) Et pour la ramener chez elle... près de sa tante... il n'y a pas de temps à perdre? {S'approchanl d'/rene.) Venez... venez... [Il l'enlraine vers l'escalier à droite et commence à monter avec elle les premières marches.)

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