SCÈNE VU
Les précédents, toutes les terscnnes de la noce.
CHŒUR
AiR dé LA LicciA (O heilol).
Ah! quel beau jour \ient de luire!
Que d'attraits fails pour séduire!
O tendre aniuur! ton empire Les 3 rangés sous ses lois !
DE CLEDMONT, à gaucl>e du théâtre, regardant tous les Cûniiês qui défilent succcssiLement de la porte à droite.
0 frayeur! crainte mortelle, Non... non... ce n'est pas cela!
{Apercevant Annibal qui entre en ce moment en tenant Irène par la tnain, il pousse un cri.) Mil C'est bien elle !
Ah!
{Il tombe dans le fauteuil qui est derrière lui.)
CHŒUR
0 tendre amour! ton empire Les a rangés sous Ses lois!
ANNIBAL, qui s'est avancé au milieu du théâtre arec sa femme, regarde à gauche et aperçoit de Clermont. Il s'éUnire. et se jette dans ses bras, pendant que le chœur continue.
Pour mon bonheur tout conspire!
Quoi! c'est toi que je revois!..
Mon amitié te réclame ^ ois le choiv que j'ai fait; tiens, le voilà! {Le présentant à Irène qui se soutient à peine.) Mon meilleur ami, M.idamc
IRÈNE
.\li ! quel trouble je sens là !
DE CLERMONT, à part.
Ah:
C'est sa femme Ah!
CHŒLR.
Ah! quel beau jour vient de luire!
Que d'attraits faits pour séduire !
0 tendre amour! ton empire Les a rangés sous ses lois !
ANNIBAL , aua- personnes de la noce qui se retirent par le fond. Ma famille!., mes grands pareiit>... Pardon ! je vous rejoins. (Recenant vers de Clcriiwnl ) Un ami v.iut mieux qu'un parent... et quelle rencontre! le jour même de mon mariage... car c'est fini , nous Sortons de l'autel, lu m'en vois encore tout attendri... et juste dans ce raoïnent, mon ami... mon meilleur ami arrive d'.\mérique |ioui' me féliciter... m'ailmirer et s'étonner... {.iu checalier.) Car il est comme les autres, il n'en est pas encore revenu ! cela produit cet effet-là sur tout le monde... (.4 Irène.) Oui, .Madame, c'est bien lui, monsieur le vicomte Henri de Clermont, que vous ne connaissez peut-être pas, mais dont à coup sûr vous avez entendu parler.
DE CLERMONT, « part, avec douleur, regardant Irène qui lui fait la révérence. Pas le moindre trouble à mon a.>pect.
ANNiBM.. Et tu arrives de l'armée?
LE cHEVALiEii. En héros ! en vainqueur! Il a obtenu un régiment!..
ANNIBAL. C'est superflu ! n'est-ce pas , .Mademoiselle... je veux dire... madame la marquise.
IRENE, friiideiufut. Oui sans doute! les amis de monsiiHir le vicomte dnivenl être liers de ses siieeés !
DE CLERMONT , s'incliitant. Vous êtes bien bonne , Madame! (Le chevalier qui a passé entre .4nn)bal , et Irène a l'air de leur racontir ce que dans la scène précédente , il a appris de Clermont . et celui-ci se dit à part en regardant Irène.) Quelle Iroidcur! quelle indilTéreiice!.. et quand je me rap|ielle notre dernière entrevue... son amour... les aveux surpris à son .sommeil... .\h! pour elle, ce n'était qu'un rêve! et moi!... moi !..
ANNIBAL, .<:'approchant de Clermont. Et bien! commeiU Irouves-tu ma femme? t^mt le monde m'en l'ait compliment! Elle n'est pas mal, n'est-ce pas?
iiKCLERMuNT. Oui , iiiou aiiii.
ANNIBAL. Et puis Cet au' digne... cette sévérité... à laquelle je ne suis pas habitue... c'est piquant , c'est délicieux. Je n'ai pas encore eu de maîtresse plus
a lnr,ilili\.. aussi cela iK'it tVncourager à suivre mon uxL'iiiiile.
LE ciiEVAMEn. Il v cst loiil tlisposé!
ANMBAL. En vrrilé!
I.E CHEVALIER. 11 est amoureux! amoureux fou ! et revient (lour se marier.
DE CLEIlMOM. Moi !
LE CHEVALIER. Ah 1 tu mc l'as avoué! (.4 Irène qui tressaille. ) Oui , M \(lame , tout est d'accord entre lui... la jeune personne et sa famille.
ANNiDAL, au checalier. Alors... chevalier... il n'y a |iUis que toi... fais comme nous... laisse-toi être heureux '!
LE CHEVALIER, M frappant le front. Ah !.. tu viens (le me réveiller! [A demi-voix.) La baronne qui m'a prié di' passi^r pnurelle dans les bureaux, j'y cours...
A>MBAL. Commeiil?
LE CHEVALIER. Tou lieau-pèrc a dit: oui.
.wNiBAL. Pas possible!., c'est la première fois!
LE CHEVALIER. Je ra\ais oulilié !..
ANMBAL. Et moi aussi qui oublie tout... le bonheur m'étourdit. [An checalier.) Je m'en vais avec loi!.'.
irèm;, ellraijée. Et (lourquoi donc, Monsieur"?
A>MBAL. Le comte de Ba>si'velle qui m'avait donné rendez-vous au sorlirde l'cjjlise, pour affaire urgente, àcecprildit...piU'don, n)ari|ulsj; je descendsavec lui.
DE CLER.MOM. Et Uloije VOUS SuiS...
IRÈNE, fi part. Grâce au ciel!..
ANMiiAL. Eh non !.. reste... je te retrouverai ici, reste avec madame la marquise. [B, sort avec le chevalier.)
DE CLERUOM, à part. Seul !.. seul avec elle!