‹ Pièces de théâtreChapitre 482 sur 575 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

DE CLERMONT, ANNIBAU, paraissant à la porte du /wii/.

ANNiB.vL, aux domestiques qui l'entourent. Partout des masses de lumières it des masses de Heurs, car le li.d. le souper, luut roule surnuù!., tous les einliari'as delà noce!.. (Aiw tknncsliipws.) L'orcliesUe... y a-ton soULré?.. iNon Qu'on envine.' Coureï vite et revenez m'avertir... (.1 c/c Clermoiit qui se dirige vers ta porte.) Où vas-tu'

DE CLERMONT. Jc m'en vais... adieu!

A.yy\ti\i., le retenant. (\is encore.

DE CLERMOXT, Se dirigeant vers la porte. Si vraiment.

ANMB.vL. ImpossiMe! l'ai un .service à te clemainkr.

DE CLERMo.NT, restant. Parle alors... parle vite?

ANMBAL. Ail ! tu restes... je le savais bien!., et tuas raison ! car tu vois, mon ami, le plus riche et le plus...

DE CLERMONT. HeiU'eUV des IlOUimCS.

ANMiiAL. Au coiilr.dre'ie plus contrarié... DE CLERMONT. Lc jour de ton bonheur...

ANNiDAL. C'est justement mon honhenr qui en est cause... et si on n'avait pas de la pliilos^iihic!.. im=igine-toi, que le comte de Itassevclk à ipii je devais cent mille ecus et (lui cr,iignait de ne jamais être p<iyé... « misa mon uuuiaye une énergie... qui tenait du desespoii'.

DE CLERMONT. Ah! c'rst lui ipii l'a uuirié !

ANNU'AL. Il a l'ait toutes les déiuarcties... il a fait lu eoutr.d... il a fait même, je crois, k cour pour mon compte; mais il avait été cli arjé par mon liraii-pire d'une lellrc (pii l'a l'ait trembler pouriunn union ou plutôt piuir sa créauee, et ce papier iiupurlant qu'il devait u»e ivmettre avant le mariage... il ne me l'a donmi tju'apivs... à l'instant même!

DE CLKRMONT, vive-tnent. Eli bien?..

.vNMiut.. Eh bien!., comme je te l'ai dit .. on e,^l

^diilosnphe ou cm ne l'est pas, et le beau-pcre, dans sa raneliise do sentilhumme, .'e eroit oblige de m'avuuer (|ue sa fille en a déjà aimé un autre!

HK CLKKMONT, 0 fiel !..

ANJUBAL. Cela peut arrivera tout le monde ! et lors de nton premier mariage... mais enfin c'était après, c'était dans Tonliv habituel, tandis qu'ici... tu me diras ; ce n'est qu'une allaire de temps... .Non! piU'Ce qu'il s'agit aujourd'hui d'une dot de cin(|eenl. . qu'est-ce que je dis, de six eu nt mille livres... ce ([ui change bien la tlièse.

.\in (la Ticûutiet, Sur Cl) point lu l'Uiifuu a son svslémc ; C» (|uu Je fus, je peu\ tiieu l'être oncor; MiUs un Iwsardj «pu uV-t rien en lui-même, Doviiut Ui\nten\, s'il se paie il pii\ d'or! .\ quel ilsnger, diou d'hvmen, lii mo Hvres! Char Hi» V» ilnv, en vojaiit ( c lien, Que c'est il'un juif et non pas il'iin ehivicn. De l'ecevulr, pcnr &i\ eent m. Ile livres, Ce que, ehe» nous, tant d'autres oui jiour ri ni . Car je reçois, etc., ele.

DE CLERMONT. Tu aS rUiSOU.

ANNIDAL. Et pour imposer silence aux indiscrets et aux sots... je voudrais d'abord.,.

DE CLERMONT. QUoi doUc!,.

ANMiLVL. Cunmti'ri' celui ilonl me parle le beaupère.., ce mtuisieur... mon piéd ■•eisseor.

IkK CLKRMiuvr. Pour quel motif?

ANNIDAL. Pour lu tuer!

DE CLERMONT. Tu as raisnu !

ANMRAL. N'est-ce pas? c'est une bonne idi'c!

DE CLERMOXT. QuB j'approuve!

ANNiRAL. J'en étais sûr! c'isl pour cela que je m'adresse à toi... à unami... ji' nepeux pas, niiii, mari... aller aux informations et demanda r à tout le monde : Savcz-vous qui?., ce scr.iit tnqi original !

DE CLERMONT. (/est jUStC !

ANNiBAL. Sauï compUr ipi'à moi... on ne me le dirait peut-être pas... mais à toi... c'est ditléreiit!

DE CLERMONT. Tu as l'aisoii ! je me charge de Inul!

ANNIBAL, lui serrant la ntaiu. Je te remercie!

DE CLERMONT. Dcs quc tu le voudras, je te ferai trouver avec lui!

ANNIBAL. .Xujourd'bui !.. dès Ciî soir!

iiE ci.LRMoNT. J'all.ds te le propuser!

ANNIBAL. A dix heures le combat... à onze heures la pri'niiere contredanse, et à minuit... je vais me coucher... voilà une soin e de noce bien enqiloyée! mais il faut qu'ici, dans le ImI, on ne se d(Uite de rien. (.VonIranI ta porte à drode.) Ile ce ci'dé est le jardin de l'htîtel, il donne sur les (:iiam|is-ElyséeSj par une petite grille dont voici la clé.

DE CLERMONT. C'eSt bien !

ANNIBAL. C'est par là iine tu me l'amèneras.

DE CLERMONr. C'esl dit. ANNIBAL. Et conimeut l'eras-ln?

DE CLER.VONT. Je Ic coiiiiais !

ANNIBAL. En vérité!., voyez-vous comme (;a se sait toujours! Raison de (ilus puni' pivsser cette leueonlre.

iti

IHKNI-:.

f/OTH

LB cours, seui. Allons ! el quoi cju'il m'en cinVi-, pjurvu que l'Iiouueur de uia hraille soil intact. — Acte 2, scène 3.

Ain : // n'est pas temps de nuus qnillcr. Aii.i, c'h.iiL'e-toi lie ce suin, Kl iJuisiiM'. lu sais mon injure, C'est toi (jui seras mou témoin.

nr. CLEnMONT.

Je serai là... je te le jure

ANNIBAL

J'espère en toi pour liAter ce moment :

De près, il tant que je le tienne!

DE r.i.KiiMnNT, lui tendant la viaiii.

Touche (loue la! j'ai rempli mou serment.

Car sa main a pi-essé la tienne !

Oui, tu le connais maintenant :

Sa main vient de jiresscr la tienne!

ANMiiAi., sans quiilcr sa main, et le regardant en riant. .Mi! liali! c'ust loi! mon éltvc !

iiK cLKitMO.NT, froidement. Moinième!... cela l'éloiiiii'!

ANNiuAl.. Non, vraiment! ces hafards-là, c'est toiijotiisi'i lies amis (|ii'on les doit. El l'ianclieiiient... moi qui ai tant d'aiiiis... j'auiais mieux aimé que ce lui im aiitiM'... ii,ais,ma Col, mon dur vicomte, [Millanl sun cliuiieau sur su léle.) je t'en demande bien paidoti I

UE CI.EHMONT. Il n'y a pas de quoi!

ANMBAL. Je l'ai dit!

DE cLERMOM, vivement. Et moi je le désire!..

ANNIBAL, lui donnant ta main. C'est eoiivonu !

ENSEMBLE

TRIO du Pré aux CIcn-s.

ANMBAL.

Oui, sans bruit, sans éclnt, Terminons ce débat.

On s'estime, l'on s'aime et ttaîmrnt ou se bat ! Près d'entrer en ménage, Ça promet! ce n'est pas Le jnemier mariai;e Oij l'on voit des combats!

DE CLl'RMONT.

Oui, sans bruit, sans éclat, Terminons ce débat !

On s'estime, l'on s'aime et g.iimeiil on se bat! Si j'obtiens l'avantage, S'il reçoit le trépas, Ce latal mariage Ne se fera pas !

ANMBAL.

A ce soir!

IRENE

inÈNE. CoiTimenl! il

y a un an, j'hî ^as.'ô toule la nviil dan? ccl hôle) ! ^rh de lui!.., — \cle 3, scène 13.

DE CLEBMONT Au janlin!

ANNIBAL

Et Vépée...

DE CLEEMONT.

A la inaiii !

ANNIBAL

Ton témoin?

DE CLERMONT

Pourquoi donc?

Entre amis! à quoi bon'?

ENSEMBLE

ANNIBAL

Oui, sans bruit, sans éclat, TiTminons ce débat!

Oii s'estime, l'on s'aime et gaîinent on se bat ! Près d'entrer en ménage Il laul bien, ici-bas.

S'attendre à des combats.

DE CLERMOST.

Oui, s;ins bruit, sans éclat.

Terminons ce débat! On s'estimo, l'on s'aime et gaiment on se bat I Ce falal mariage.

A moins de mon trépas, Ne s'accomplira pas!

ANNIBAL, apercevant des donu-stiques qui paraissent â la porte du fond. Je suis à vous!.. [Anniial sort par la porte du fond avec les domestiques.) SCÈNE XI.

M. DE CLERMONT, seul. Allons ! je suis Irannuille maintenant, elle ne sera pasà lui !.. tant que je vivrai du moins... car ce soir, lui... ou moi!., mais je ne mourrai pas sans la revoir encore, sans lui adresser un dernier adieu, sans lui rendre ces tleurs qu'elle m'avait données et que je lui r.ipportais teintes de mon sang. Mais comment parvenir jusqu'à elle' et surtout la trouver seule! {KcoutanI aijauche.) Je lentenils... ail! son père est avec elle!., toujours si m père qui ne la quitte pas!., n'importe'?., et l'ùt-ce jusqu'à ce soir... j'attendrai là... dans ce cabinet... je n'en sortirai pas!... [Use jette dans l'appartement à droite.)

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