‹ Pièces de théâtreChapitre 483 sur 575 · LAGNY · texte numérisé non relu

LAGNY

Imprimerie d« YilLAT et Cie. — Mo 9. ^

IRÈNE

ili'i'! pins (11- li.il, plu? (le fêle. Quant à tou mari, rafurc-toi? je lui laisserai la îlot... c'est tuut rc ((iril ■deiiiautlc, et il me laissera à moi mon trcsoi; lopins précicus. Nous no nous quitlerons plus! . je t'emmène!

iRÉXE. Oui .. ne restnr.s pas ici!

LE coMTi:. Je vais tout dispos r pour notre départ... {Preuaiit du courarjr.) Allons... du courage!

IRÈNE , regardant la lettre qu'elle fruissc dans sa, main. .\hl c'est affreux! c'est indigue!

i.E COMTE. Tu V lieuses eiicoiv!

inENE. Pour louldiir, mon pèie! il ose parlir do son amour !.. après une telle couduile, après mie telle audace ; mais celui nui n'a pas éè ariv é par la crainte de m'outrii;er et de me comprouieltre aiusi .. celuilà ne m'a ma t pas, cl n'est plus redoulaLle pour moi !.. il a ; crdu tous ses droits... même ù mon estime!

i.E COMTE. .\:n>i donc, monslrtir de f.leimont...

IRENE. Tout e-l Uni, mon pèir... je vous li jure! Iiicu plus... après ce que je sais,., iipr .s ce que je viens de lire... je ne iioui'niii plus nipporler sa présence, sans iiicliL'naliou .. îBDs hoiilel.. sa vue seule me ferait fuir e|iouvanlée ! vims voyez liien qu'il luut nousèl.,i^nel■... ce suir nicmc, à riiîsti\iit! je >ous en

ïUpplle!..

LE COMTE. Puis-jo Ic l'ic» rcfuscF... mo! si coup.nlilo envers toi!., alons! alloii», calme-loi?., ce ne sera pis louij... d.ius qiirl(|ues instants lout sorn prêt, et j« vicndiai le preiulfi'... pour parlir.

ji'.EvE. Oui, pour nous éloigner à janiniti!

8CÉNK .\Iir.

IRÈNE, mde.

[Elle se laisse lomher dans toi fauteuil ù druite du thécilre et sariS pinférir une parole, se remet o lire, encore à luir Ixitte la lettre qu'dl"- lient toujours t\ la main.)

Conmii m ! il y a un au j'ai pa^sé toute une nuit dans cet liolel ! près de liiil.. .-ili! c'est à confondre!., mais il est doue vrai, puisipie liii-iiiéme l'avoue, que son pouvoir sur moi est tel, qu'il peul même de loin me forcera lui oliéir... à ci'der à se» ordres.. . t|u'il peut à son .mé me priver de mes sens el de mo raison ! c'est effr..yaiii I je n'o rrai plus nie livn r au sommeil , et d> s cpie je sentirai mes yeux s'appesantir... je craindrai loujoui s de tomljer en >a puissance. . (Musique.) 0 mon Dieu... mon Dieu!., qu'est-ce quo je sens donc?.. [Connuençant a sentir les pren^iers effets du ma^inétisme, et eh' reliant à s'y soustraire.) Non .. non., je ne le veux pas... je ne céderai pas... mon père... mon pèri'!.. à iin.i!.. (Luttant vaincmeid.) ah! ail!., ôlez-moi ce poids qui m'occable... qui m'oppresse... non .. non... je Uitleen vain. ..j'obéis!.. Ric vuilù... me voilà, [liltc s'euduri.)

SCKNE XIV.

irtKNE, endormie, sur un fauteuil à droite ; OE tXLIl.MU.M', sortant de l'apparleminl a droite.

DE 1 i.EiiMoNT, s'avançrinl vers elle. Pardonn z-moi, mon Dieu!., el loi au si, Inné, lu m'y as forcé!.. ma présence, d:.sais-lu, t'aurait fait fuir epouvaiiléi' !.. et moi... je voulais le voir. . avant de mourir! car cette fois mon arrêt C.-4 porté... cl ce ne sera pis l'cpéc d'un rival... c'i si ta Imiiie.,, ùloi... ipii m'aura lue... [Irène tressaille.) m'ai-tu donc eiilcndu?.. réponds?

iiiENE. Oui... oui,

DE ci.EimoNT. Tanl que j'avais rPpoircn ton amour... en Ion e-lini '... je piuvais Mippurlcr la vie... mais liiaiiitenaiit... el depuis (|ue lu sais la vérité... lu me liais, lu me niépiises, .

AiH : Celle que j'aime liint, Inné d'tire truelle. Je ii'iii puis plus (l"ii!ir, et poiirtiint de lui-iii<'ine, Iii'iic, j'ui voulu cuuiiailro mon MviW

Oui, pour qu'ici je meure avec moins Je r.:g cl, Dis-moi tuut. . je le veux!

IKÈNE.

Henri!.. Hcnii .. jj l'aime! .

Dr CLEniroNT, hors de lui et écoulant encore. NVsl ce point une erreur?

inÉNE.

Henri p. Henri... je t'aime!..

DE ciEaMONT. Malgré mes torts... malgré l'aveu de mou crime !

IRENE. M ilgré moi même!

UE CLERMONT. Et tout à l'Iieuro, cependant .. parle, réponds-moi? quand tu jurais de me fuii'...

IRENE. J'écoutais si tu ne venais p. s!., si malgré ma défense... lu ne t'offrirais pas à mis yeux... Ali! je l'espérais!

DE CLE.iMONT, cherchant à calmer son émotion. Et moi .. avant de vous(|uitler... j'ai voulu vous rcmetire ce gaaede votre amour... ces Heurs que vous m'aviez donnée-., les reconnaissrz-vous?..

IRENE. Oui... teintes di' ton sang... tu les portais .. là... sur Ion sein... quand l'c'qiéc (io mon frère .. Ali! je voudrais bien les garder...

riE CLERMONT. l.cs gardir!

IRENE. Tais-toi... tais-toi .,Jo ne le puis pas... je suis mariée... Ils m'onl mu'icl^.. [Reiiardant autour d'elle.) Et (es fleurs, il faut le.«i<juilter. [Elle les porte rajiidemcnt « son cœurd à ses lèvres, jAiis les donne à Clernumt.) Tiens... je le les ivn Is, ca'die-ks bien... ainsi ipie mon secret!

DE ci.EBMOMT, acec désespoir. Ah ! je n'y rés'sb rai pa>. (0.1 entend sonner une horloijc.) Dix lieuivs!.. .\dieu! adieu !

IRÈNE. Ou vnS'lu!

oE CLERMONT. 'l'c délivrcf OU mourir!

IRÈNE. Mourir!

iiE CLKioiONr. Ne saiMu pas, toi qui voit tout, que je doi-ialtciuli'o ijucipi'iin ce «oir... dans le jardin.

IRENE, avec efjroi. .N'y va pas... n'y va pas .. car dansée combal... tu serais lue!

liK CLERMOMT. Moi!.. ipi'imporlc, je ne puis maiiqnern ci^ reiideï-Vous!

irÉxE. Tu n'ira» pas!., je ne te veux p,\s... je ne veux pas que lu meures!., reste! reste j.res de moi... je l'en supplie... attend^ ci.core... un jour... un seul jour, je crois voir... il me semble, là. (Portant la main à son front.) Non, {La portant à son cuKr.l là... plutôt, que bienli'it tu chériras la vie... que bienlot nous serons luiireux !

v.r. CLEiiMONT. Heureux... nous! c'est impossible!

IRENE, souriant avec impatience. Eh non... puis ne je le le (lis!

DE CLERMONT. Et Comment?

IRENE. Je ne sais!., il y a devant mes yeux... comme des ténèbres épaisses!., un nuage obscur... attends... il comnunce à se dissiper... mais pas assez encore... pour que je puisse voir et lire dislinctemenl... ah!., j'en ai bien envie pourtant...

DE CLERMONT, ocec chaleur. Essaie? essaie?

IRENE, aijaid l'air de lire. Je suis près de toi... dans noire hôtel... chez nous... lu me dis : mon amie... ma femme!., oui, ma temnie .. c'est bien ce mot-là...

DE ci.KRMoNr. .Ml! pourceUiil faudrait un miracle!

IRÈNE, reijiirdant toujours. N'on... non... le nuage s'éclaircit, ce (pie je ne distinguais pas d'abord... .s'approclie el m'apparait... c'est une femme... je lu vois liés bien... elle est jolie! elle est vive... et coquette...

DE CLERMONT, vivcmcnt. Qm donc?

IRÈNE, d'un tnn de reproclie. .\h ! Vous la connaissez tirsbi''n, .Monsieur... [Le repous.-iunl.) Laissez-moi... laissez-moi? (Se mettant ù rire.) Ah!., ah! c'est singulier... c'est bizarre...

DE ci.ERM(iNr, lu n'(;(ïr(/rt«< avec surprise. Le sourire sur ses lèvres! le sourire!., eu un pareil momciitl

IRENE, souriant. Oui... oui. Je comprends bien!..

IRHNE.

DE CLKRMONT. QuoilloUC?

IRÈNE. Son mari avait déjà aiicauli deux successions...

DE CLERMONT. AchÈVC !

IRENE. Aliiis, clic a voulu dissiper clle-m^mc... l'tà elle toute seule... la troisième «[ui lui appartenait...

DE CLERMONT. Dc qui pai'Ies-tu? répomJs?

iRÉj^r., gaiement el à ilciui-voix. Tais-lois!., taistoi!., ses parents... et sou mari... lui-même, croient tous qu'elle est morte... et moi je la vois... tiens... tiens, ne la recounais-lu pas... en grande parure. {Avec effroi.) Ah! mou Dieu!..

DE CLERMOM. Qu'aS-IU doUC?

IRÈNE, lillc est perdue si le comte Annihal l'aperçoit... et elle vient à ce bal... entends-tu? c'est dans la eoi.'r de l'hôtel que sa voiture est entrée... elle en descend... elle moule le grand escalier... la voilà!., la voilà!

DE CLERMONT. Mais qui donc... grand Dieu!

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