‹ Pièces de théâtreChapitre 571 sur 575 · M. HE VERBOIS, HENRIETTE · texte numérisé non relu

M. HE VERBOIS, HENRIETTE

M. fiE vERROis. J'ai désiré. Mademoiselle, rester seul avec von-;, pour vous demander si depuis que vous m'avrz clioisi pour époux vous avez bleu fait toutes vos réflexions.

HENRIETTE. Oui, Miiusicur. (.1 part.) Quoi qu'il arrive, j'aurai ce courage.

M. DE vERiiois, à pari. Allons, il n'y a pas moyen de lui faire avouer. {Haut.) Il me semble cependant que vous avez les yeux rouges, (|ue vous avez pleuré. Écoutez, ma chère amie, si vous avez change d'avis, dites Ic-moi, ne craignez pas de me faire de la peine.

HENRIETTE. Qui? uioi ? puls-jc hésIter! votre mérite, vos qualités...

M. DE VERBOIS. Certainement, j'ai, comme vous le dites, de tres-boimes qualités; mais voilà bien longtemps que je les ai, et il y a ainsi dans le monde une foule d'excellentes choses à qui leur date seule feit du tort.

Air de la Sentinelle.

Sans vous troulilcr, n^iionclez, mon enfant; Là, fraiiçlicnicnt, se peut-il (piu l'on m'aime?

HENRIETTE

Et pourquoi pas ? je vois si rarement Cette bonté, cette donccm' extrikiie..,

M. DE VERBOIS

J'avais pourtant compté sur ini refus; Car à mouAgo unir nos destinées...

HENRIETTE, achevant l'ait.

Votre îlge... je n'y pensais plus; Mon cœur, en comptant vos vertus, Avait oublié vos années.

D'ailleurs, je n'ai pas d'antre moyen de vous prouver ma reconnaissance : mes soins, ma tendresse embelliront vos vieux jours.

M. DE VERBOIS, à part. Cette chèi'e enfant! il est de fait que, considéré ainsi, le mariage n'est pas une chose aussi eflrayaute. . moi qui me plains si siiuvent d'être sful.

HENRIETTE. Jc sei'ai vuti'e lille d'adoption; je passerai ma vie auprès de vnus.

M. DE VERBOIS. Auprès de moi ! .V mesure que je la regarde, je ne trouve plus qu'il soit ïi ridicule de se

m u'ier ; c'est à mon âge surtout qu'on a besoin d'u le compagne, d'nu guide, d'un appui; autant me lais^er conduire par elli! que p ir B ibet, qui me grondait toujours! et si j'étais sûr qu'il n'y eût pas quelque altiebenieiit sicret....

HENRIETTE. .Vloi, Moiisieiu', je n'eu ai jiKis, je vous le jure, je vous l'atteste ; et si je vous épouse, (.1 demivoix.) c'est que je ne veux plus aimer personne.

DUO

M. DE VERBOIS

Air tV Haydn.

V.n formant ces nœuds pleins il'attraits , r.li i|U()i! jam.ais vous n'aurez île rcL'rets? HENRIETTE.

Oui , Monsieur, je vous le promets , Je no peux rien reprretter ilésorniais?

M. DE VERBOIS

L'espérance Alors rentre en mon cœur.

,Tc commence A trembler de frayeur.

ENSEMBLE

M. DE VERBOISi

Je vois bien qu'on peut plaire à tout ;\Lre.

HENRIETTE

Ab ! ttrand Dieu, soutenez mon cuurage.

M. DE VERBOIS

Venez donc, liàtons ce doux instant, Car tout est prêt et le notaire attend. [.Montrant la porte à droite.) Il est là

HENRIETTE

Quoi! déjà?

M. DE VERBOIS

Votre père nous bénira; Il est là.

HENRIETTE

Quoi ? déjà?

M. DE VERBOIS

D'où vient donc cette frayeur-là?

J'ai senti votre main tressaillir.

HENRIETTE

Qui... moi? jc sui.s prête à vous obéirl

ENSEMBLE

M. DE VERBOIS^ Quels instants Séduisants; Ils me rappellent niuii printem|is.

Quels tourments ^ Je l'essens ;

Comment lui dire mes tourments!

ENSEMBLE

Fragment du trio du CaVfe.

M. UE VERBOIS

Oui, la raison anr.i beau dire, Gomme autrefois, moi , je soupire; Et d'espérance et de bonbeur.

Je sens encor battre mou cœur!

HENRIETTE

Mais inaiiiteiiant conunenl lui dire?

Il n'est plus temps. Mil cpicl martyre! Et de touriii ut et de frayeur Je sons, bêlas! battre mon cœur!

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