‹ Pièces de théâtreChapitre 69 sur 575 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

Les PBÉCEni-NTS, ISEI.I.A.

ISELLA , entrant ai'er une fille d'auberge qui port» ies car(onfrDouccment! prenez donc garde... Gaholet

ainsi des échantillons de tulle et de fîazc!.. Vous ne savez donc pas que c'est notre réputation. . ça se chiffonne il'un rien !

HEtTOB, montrant la chambre à la servante. Piir 1;'»! par là! Mam'selle. [.A Isella.) Dame c'est votre faute, la bourgeoise... Vous avez voulu vous arrêter dans cette auberge au lieu de pousser encore six lieues, jusqu'à la première couchée!..

ISELLA. Eh bien ! voiturin , en faisant prix avec vous, en consentant à prendre votre carrosse, qui n'est autre qu'une véritable patache, est-ce que jen'ai pasmispourconJilioii que je m'arrêterais où je voudrais'?.. {À part, regardant autour d'elle.) C'est diCle! je ne vois pas Gennaio, et il me semble pourtant bien que c'est ici l'auberge de son père... (Haut, à Ucclor qui s'approche.) Est-ce que je ne puis pas avoir des comptes à régler ici?.. Sachez, voiturin, qu'une couturière ipii a delà délicatesse ne s'expatrie pas sans mettre ordre .Auparavant à toutes ses allaires... {A part.) même celles de cœur!

GENNAio, ouvrant la porte du cabinet. J'entendrai mieux comme ça !

isEi.LA. Au siirjdus, mon cher!..

CENNaio, à part Son cher!

LES TREIZK.

iSBLL'a Laisic-iiiui, tieiiiij.y. — Aclc .1, dcèlie 2.

iSîi.LA. Vous VOUS rappelez ce qui s'est passé entre niuis.

GENNAio, à part. 0 ciel!

ISELLA. Si je vous ai doniu- la intK'reûCo sur les autres, vos concurrents , c'est parce que vous m'avez juré û'ù ro toujours complaisant avec moi et d'obéir à mes moiuJics l'antaisies...

CENNAIO, à part. C'est ra ! elle a fait sos conditions !

isELi.A. Aussi, vous n'avez pas eu à vcis plaindre de moi, je l'espère... J'ai consenti à tontes vt/S demandes ..

GK,\NAio,« parf, en refermant la porte. Perfide Isellal

ISEIXA, trés-étnue. Ah! mon Dieu !

UECTOR. Quoi donc'?

ISELLA. Rien! rien... [A part.) J'ai cru entendre mon nom !

UECTOB. Qu'est-ce que vous avez?..

ISELLA. Une palpitation.

HECTOR. Vous )• êtes sujette '?

ISELLA. Quelquefois.

UECTon, à part. C'est bon à savoir!

ISELLA, à part. C'est étonnant! j'aurais parié que c'était sa voix, qu'il m'appelait... C'est vrai! quand on a quelqu'un dans l'idée...

HECTOB. Ne faut pas rester l,\, Mam'sclle... Voulez-vous que je vous conduise dans votre chambre'?

ISELLA. Oui... oui... volontiers!

HECTOR. Allons! donnez-moi le bras. . appuyez-vous ferme! Pauvre petite mère! c'est qu'elle est toute tieniblaiite... (f/ entre avec elle en la soutenant par la taille.)

SCEiNK VII.

GENNAIO, ensuite ODOARD.

CENNAiOjiorfanfducafcinef. Ensemble!., dans la mémo chambre!.. Quelle horreur!., il n'y a plus moyen d'eu douter.

ODOARD, à part, en entrant. Il vient d'entrer un voilurier dans la cour ; il me diia s'il a rencontré la pdile.

GENNAIO. .Ui! monsieur le marquis!..

ODOARD. Quoi donc?

GENNAIO. Celledont je vous parlais tanlé!... Isella .. elle est ici !

ODOARD. Ici!.. (À part.) Quel bonli ur! me voilà certain d'avoir l'avance sur Hector!..

LAGK V. Imprimerie île ViiiAT «I Cia. — N. 9,

LI'S TREIZE

GENN.vio. Et c'est mnintonant ([ne j'ai recûiirs à vous... Votre ami... le colonel...

ODOABD. Ali! oui.,, cet engagement... nous verrons!

GENNAio. Du tout!., je n'en \eu\iilus!.. j'aimerais mieux ne me faire tuer de ma vie (juc ilo lui en avoir l'obligation... un séihifleur «lui s'est cmparéde celle quej'aime!..

ODOABD. Hein !.. [ilait-ir? .

GE^NA10 Oui, Monseigneur... JeTai bien reconnu, iiuoiqu'il soit (léïui.sé en voiturin.

ODOARU. En voiturin'?.. quelle ruse infernale !.. (.ipnr(.) Ali 1 si j'y avais pensé!..

GENNAio. Et il l'enlùvo!

ODOAIlD. De' force?

ciixiïAio. Piùl au ciel! caserait une cnnsolalion... mais le pire, c'est ([u'ils sont d'accord.

ODOARD. Déjà!.. Comment! cette vertu si sévère (ini l'avait mis il la porte?..

GESNAio. C'est peut-être pour ça... elle aura iSpuisé avec moi toute sa résistance.

ODOAIlD. C'est indigne! c'est alTreux!.. OiisoiiWls?

CENNAiù. Là... dans celte chambre... seuls... en ISte-.'i- 'téte !

ODOARD. En téte-.'i-lète!.. ipielle liorreur!.. Il faut les séparer tout de suite, et il tout [irix!

GENNAio. A-t-il bon cœur!

ODOAIlD, vilement. Oh! si je pouvais mo débnrrasser.i. (Se reprenanl.) te débarrasser d'Hector... l'éloigner seulement dix minutes d'isella!..

GENNAio. Et pourquoi?

ODOAHD. Pour la prévenir des dangers qui l'envlronnonl, la ramener ii la vertu.

GENNAio. En dix minutes!.. Et quand l'autre reviendrait, elle sérail sauvée?

ODOAIlD. Oui, sauvée!.. [À part.) avec moi.

CENNAio. Dieu' l'iionnéto homme! le brave seigneur!.. Si je peux vous aider!..

ODOARD. Tais-toi; le voilà qui soit. Laisse-nous, cl songe à ce que je l'ai dit.

• GENNAio. J'en viendrai à bout, et tenez-moi pour une bête si je no trouve pas ipielque mojon de vou-i prorurer un téte-à-léle avec ma maitrcsse.

ODOARD. Dieu ! c'est ce qu'il faut. (Gennaio sort.)

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