‹ Pièces de théâtreChapitre 79 sur 575 · SCE.NE V · texte numérisé non relu

SCE.NE V

Les PRECEDENTS, HECTOR.

HECTOR, entrant, le fouet à la main. Eh,ben! eh hen! dites donc, ma belle demoiselle... où doue est-ce que vous allez comme ç,x?.. moi qui viens vous dire que les mules sont attelées!

ISELLA. Ah! c'est vrai! mon cher, dans la précipitation, je vous avais oublié!..

HECTOR. Comment! oublié?.. Qu'est-ce que ça signifie?

ISELLA. Ça signifie que Monsieur m'emmène avec lui!

BECTDB, àpact.Commeutdiables'y est-ilpris?.. (Uaut.) Fi! Mademoiselle, fi!

ISELLA. Comment, G?..

HECTOR, à Isella. Oui... un inconnu... qui viendra me débaucher mes pratiques!

ISELLA. Débaucher! ah! que c'est voiturin!.^ D'abord, quanta inconnu, il ne l'est pas... il s'est lait connaître, il a un château où je l'aocompasuc.

ODOARD. Volontairement, et saos effort. Mademoiselle vous le dira!..

ISELLA. Sans doute! cl dans sa calèche... une calèche! Ainsi, vuiturin, on no va pas sur vos brisées... ce n'est plus le même genre!

HECTOR. Je me soucie bien de sa calèche, moi! Ou ne vexe pas comme ça le pauvre monde... et ma voilure que vous avez louée, les trois places que vous avez retenues pour être seule?

ISELLA. C'est juste! ou ne veut pas vous faire du tort; je vas vous les payer, vos places !

ODOARD. Du tout. Mademoiselle, c'est moi que cela regarde... Que vous faut-il, mon cher ?

HECTOR, bas. Laisscz-moi donc tranquille ! {liant.) Non, Mademoiselle, ça ne se passera pus ainsi... vous m'avez pris pour un voyage, il faut que vous voyagiez; je ne couuais que ça!

ISELLA. Ah çà! a-l-il la tèle dure! c'est pis que ses bêles... Puisqu'on vous dédommage.

HECTOR, viicmeni, et avec sa voix naturelle. Est-ce que c'est possible !.. El lu plaisir d'i'lre avec vous, de vous coiilempler, devons admirer... ipii m'en dédommagera? ISELLA, p'fOHiicc. lliiii! plait-il ! Quel langage!

HECTOR, à part. Dieu! je m'oublie ! {flaut.) Je veux dire, petite mère, que nous autres, ce n'est pas tant l'arpent, mais l'honneur de la chose... corpo di Bacco!

ISELLA, l'observant. Ah! oui, des jurons! c'est trop lard ! il y a un mystère là-dessous... il s'est coupé... 'Vous n'êtes pas un voiturin... ce n'est pas un voilurin!..

ODOARD, ta*, à Hector. Ce n'est pas moi qui vous ai tr.abi! HECTOR, à iscWa. Comment! pas un voiturin! Qu'est-ce que je suis donc, alors?

ISELLA. C'est moi qui vous le demande ; car enlin, ma réputation compromise devant Monsieur... qui pourrait supijoscr...

ODOARD, à Isella. Ah! Mademoiselle...

ISELLA, « Hector. Répondez, inconnu équivoque... répondez !.. Pourquoi ce costume?., seriez-vous un a»oureux déguisé, par hasard?

HECTOR. Un amouftux... moi!

ISELLA. D^mie! j'en ai tant lu dans les romans!.. ODo.\RD. Pour moi, je no dis rien!

ISELLA, à part. Il se trouble!., c'est un amoureux!.. Quelle horreur! et la police souffre ça! {Ilaul, à Ueelor.) Qui ètes-vous, Monsieur? quel était voire projet?.. Vous espériez donc me séduire?

ODOARD, d'un air de componction. Oh! je ne puis le croire. {Bas, à Hector.) Si vous vous tirez de là, moucher ami...

HECTOR, d'un ton hypocrite. Hélas! Mademoiselle, quelle erreur est la vêtre ! et si vous me connaissiez mieux, combien vous vous reprocheriez vos soupçons!

ISELLA. Tout ça, c'est des phrases ! il me faut du positif. HECTOR. Eli bien ! il n'est plus temps de leindre ni de se taire, et dés que nous allons être seuls et sans témoins... ISELLA. Seuls! Quelle audace!.. •

ODOARD. Il ne doute de rien!

ISELLA. Moi, seule avec vous ! mais ça serait un téte-àtête.:.

ODOARD. Pas autre chose.

HECTOR. Il le faut pour mon honneur!

ISELLA. C'est ça... elle mien?

ODOARD. L'honneur de Mademoiselle...

HECTOR. Ne court aucun risque... mais je dois me justilier à ses yeux... je dois repousser une injuste prévention... et pour lui déclarer la vérité tout entière, pour obtenir son estime et sa confiance, je ne lui demande que dix minutes!..

ODo.kKD, à part. Quel diable de mensonge veut-illui faire? ISELLA. Djx minutes ! •

HECTOR. Pas davantage.

ISELLA. C'est pour me parler d'amour?

HECTOR. Non, Mademoiselle.

ISELLA. Je suis sure que si!

HECTOR. Je vous jure le contraire!

ISELLA. Ah! je voudrais bien le voir!.. D'abord, si vous m'en dites un mot, j'appelle tout de suite Monsieur... {Montrant Odoard.) qui est sage, lui... qui n'a que de bonnes intentions...

ouoARD. Certainement!., mais matante qui nous attend! Notre voyage qui est pressé...

ISELLA. Kien que dix minutes!

ODOARD. Mais votre sagesse?

ISELLA. Oh! en dix minutes!.. C'est pour le confondre... A sou cnibarias seul je gage qu'il meut... C'est un amoureux... il va me faire une déclaration, c'est sur! ODOARD. Raison de plus pour le fuir...

ISELLA. Pourquoi donc? Vous serez là... tout près... ODOARD. N'importe! s'il osait!..

ISEI.LA. Soyez tranquille... je crierai... Oh! vous ne me connaissez pas... je crierai!..

ODOARD, « pnrf. Allons, c'est une garantie!.. {tJaut^ et lirnnl sa montre.) Nous disons donc dix minutes... (.1 part, en sortant.) Au fait, en si peu de temps... (.1 Hector.) C'esl convenu... allons, je m'en vais...

LES TREIZE

SCENK VI.

HECTOR, ISELLA.

iSELLA, à part, pendant qu'Hector ferme In porte sur Odoard. Co (|ni m'amuse, r'osl île voir les ditouis c:t le» phrases resiiectiieuscs qu'il va employer, car ma vue seule lui impose...

DUO

nECtoii, redescendant vers hella d'un, air exalté. Enliii, nous sommes seuls!., viens donc, viens clans mes isELL.x, effrai/ce et reculant. [brus!..

Qu'a-t-il donc ! quelle frénésie .' HECTOR, de même.

Viens, te dis-je!..

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