‹ Pièces de théâtreChapitre 82 sur 575 · SCENE VllI · texte numérisé non relu

SCENE VllI

GENNAIO, puis ISELLA.

GENNAIO, seul. Je suis stupide!.. j'ai le cauchemar... J'ai beau l'avoir vu et entendu, je ne peux croire encore...

ISELLA, entrouvrant sa porte, et à part. Il est seul; faut le consoler... On a beau être grande dame .. ça u'empéclip pas d'être sensible... au contraire... IS'approchant.) Gennaio!

GENNAIO. Encore elle!.. Laissez-moi, je vous déteste!..

ISELLA. Ingrat!. Moi qui ce matin avais quitté Naples en pensant à lui... moi qui avais voulu passer par ce village, m'arréter dans cette auberge, exprés pour le voir un instant!

GENNAIO, avec transport. Pas possible!.. Ah! pardon! Et je t'accusais!.. Ah! ce n'est plus de l'amour que j'-ai, c'est de l'ivresse, de l'adoration... [Se ravisant et avec explosion.) c'est de la bêtise... car enfin, l'autre?..

ISELLA. Ah! dame!., on part sans penser à rien... mais s'il arrive des circonstances...

GENNAIO. Ah: elle appelle ça des circonstances!., un mauvais sujet... qui se permet des choses... que moi seul...

ISELLA, vivement, lui mettant la main sur la bouche. Chut! oublie ça!.. Maintenant que je suis une grande dame...

GENNAIO. Toi?

ISELLA. Dieu! ça m'est échappé !. . Mais c'est égal, je te connais... tu es discret... tu n'en parleras à personne!

GENNAIO. Laisse-moi donc tranquille... Ce grand seigneur, ce comte Hector ne te prendra jamais pour sa femme.

ISELLA. Je crois bien .. est-ce que ça se peut!

GENNAIO. Tu ne scr.-,s que sa maîtresse.

ISELLA, ai'cc diijnité. Pour qui me prenez-vous, Gennaio?.. On voit bien que vous ignorez quel sang coule clans mes veines. .. et si ce n'était pas un secret, je n'aurais qu'un mot à dire pour vous faire tomber à mes pieds. •

GENNAIO. D'un mot?.. Je l'en défie;

ISELLA. Tu m'en défies?.. Eh bien! au fait... ton cslinic en déjjcnd. . je tiens à ton estime... Apprends donc...

GENNAIO. Quoi?

si:ene IX.

Les l'RECEDENTS, ODOAUD.

ODOARD, rentrant avec son manteau, à part. Allons! ISELLA Que je suis sa sœur!

LES TREIZE

A.OE ÎMiniN-SC

ODOiRD, HECTOR, (0U9 deux. Plail-il?

Moi? rien. — Acte 3, scène 7.

GENNAlo. Sa sœur?

ODOAUD. Sa sœur !..

isELi.A, apercevant Odoard. Allons, raiitie!.. v'i;i (jinj tout li; monilt: va le savoir.

ODOABD, à part. Sa sœur!.. Ah! pai- exemple, je n'aurais pas deviné celle-là!.. {Haut.) Cumment, Mai.lemoisclle, vous auriez pour frère le comte Hector?..

SCEME X.

, Les PKECEDE^TS, HECTOR.

iiccTOFi. De Fiera-Mosca... Oui, Monsieur... je voulais le raclicr.-. mais puisipic les titras sont connus, permetlez que je vous présente ma sœur. . lacomlcs-e ma sœur!

ODOARD, .mhiant profondément. MatlLUiuiselle... , isELLA, faisant une (jrande révérence. Monsieur!..

GENNAio. Allons ilunc ! ce n'est pas possilile!

ODOAiiD. Si fait, mon çari;on, si fait... Quoi! mon clier Heclor, M.idemoiselle est cette jeune personne étçarée dans nos révolutions.... et dont je vous ai si souvent entendu regretter la perte?

HECTon. Oui, moucher Odoard... (Bas. )C'est très-bien... c'est lojal... vous le prenez comme il faut.

ODOABD. Que je suis heureux de la voir dans les bras de son vnéérable frèrel.. d'autant mieux que je m'y trouve encori' plus intéressé que lui-même.

HECTOR. Hein!., plait-il?..

ISELLA. Qn'est-ce que cela veut dire?

ODOARD. C'est ce qu'il me sera facile de vous expliipicr par un récit succinct et véridique.

HECTOR, (( part. Est-ce qu'il se flatterait d'imaginer un mensonge plus fort que le mien!..

ODOARD. Vous vous rappelez, mou cher comte, ([ue nos deux maisons se tenaient par les licEis de l'amitié et de la politique... Pour les resserrer encore, elles résolurent, à la nai.s.sance de Mademoiselle, de profiter d'un privilège accordé aux grandes familles. .

HECTOR, à part. Ou veut-il en venir?

ODOABD. On obtint une dispense de Rome, une autorisation de la COUI-. . on nous conduisit en grande pompe dans une chapelle magnifiquement décorée... je crois y être encore... Madeniûiselle était dans sou UV-rceau .. on posa sa jeune main dans la mienne... Je n'avais que cinq

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ans alors... je u'ùtais jias encore en étal (ra]iiiiOciur,

ISELLA, effrayée, s'étançant entre eux deux.

comme anjiiunrhni, mon bonheur... mais enfin la cérémonie

Grands dieux! eniro beaux-f i ères !

n'en l'ut pas moins célébrée avec toutes les lormalités né-

Arrêtez, suspendez ces combats sangumaires ! ^

cessaires... et maintenant, vous le voyez, Mademoiselle

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