NADÈJE, TRIM
NADÈJE, se rciournanl vivement vers Trim.
Eh bien, monsieur Trim?...
TRIM, redescendant vivement, après avoir déponi.' son schako sur un fauteuil au fond.
Eh bien, main'selle, ça ne va pas mal, ça va même mieux, il y a de l'espoir.
NADÈJE
Mon Dieu, comme vous tremblez!... c'est k' froid... Approchez-vous donc du feu !
Merci, mam'selle, au contraire, j'étouffe, je suis si content!... J'ai vu l'avocat, j'y suisallc ce matin, pendant que les autres déjeunaient, ce qui fait que je m'en suis passé.
NADÈJE
Vous n'avez pas déjeuné ?
MAGASIN THtîATRAL.
Ahl oui, j'y pensais bien!... je n'avais [i«s faim en partant, le cœur me battait troi> foi t pour <;a... Et quand je suis arrivé, j'étais si ému, je Miffoquais, je me suis mis à pleurer, j'ai été en- Tuit comme tout.
NADËJE.
Pauvre monsieur Trim!... si bon, si... (lUa regarde.) Et, et... cet avocat?
TRIM
Kulîn, je lui ai conté mon affaire en deux Icmiis; j'avais mo;. argent dans la main, comme vous m'aviez dit... c'est-à-dire, mon argent..
NADÈJE
Après, après?
TRIM
Eh bien! il a compris, l'avocat; ça m'a l'air d'un brave homme, et un fameux, qu'ils disent; un gaillard qui parle trois heures sans respirer! Trois heures... Aussi, j'ai confiance...
KADÈJK.
Et >ousavez raison... Du courage!...
TRIM
Juste ce qu'il m'a répondu: du courage, mon ami... 11 m'a appelé son ami... Pas fier.... Du courage... « L'affaire de votre lieutenant m'a paru d'abord très-grave, mais nous le sauverons. « Il a dit, nou.s le .sauverons, mamselle... .Oh I alors, il m'est revenu des larmes, mais cette fois, c'étaient des larmes de joie, de bonheur... parce que, à préseu l je peux vous le dire, ils étaient de service quand la chose est arrivée, et dam! il y allait peut-être desa vie.
NADËJB.
0 ciel!
TRIM
C'est comme nous, sur nos livrets.. . Il y a comme ça une liste de cent cinquante fautes d'intention qui peuvent nous faire déloger avant l'âge... histoire de nous procurer une lecture agréable, et de nous faire marcher droit.
>ADi!:jR, s' abandonnant.
Oh! conduisez- vous toujours bien, nonsieur Trim, je vous en prie, je... ( Trim la regarde, elle se tait.) El l'avocat ?...
TRIM
Ah! oui, l'avocat, j'oubliais... «Nous le sauverons, qu'il me disait, surtout si les témoins déposent en sa faveur, ou si le capitaine avoue iju 'il l'a provoqué.»
IVADfeJK.
C'est ce que me disait mon père... Tout est
làl...
TBiM, baissant la voix.
Pour ce qui est dfs icmoiiis, j'y travailla, il y en a deux surtout, le in;ijor et la grosse; je leur enseignerai des phrasc.t très-vcridiques, à l'inienlion de ne pas dire la vérité. . il n'y a que l'autre, le capitaiiui.. oh ! lo capitaine !
AU; : J 111 fiiielle un pcitt ilc mon âge. Cualre lui je mit vu colkru,
J' voulais riosuller l'autre jour I r^ous clioDS seuls !..,
NADÈJE
Qu'alliez-vous faire?
TRIM
n m' f'rait fusiller à mon tour!...
NADÈJE
Mallieureux !