‹ Pièces de théâtreChapitre 1049 sur 1093 · M"^ DE MORIN, LE GÉNÉRAL, HILAIRE · texte numérisé non relu

M"^ DE MORIN, LE GÉNÉRAL, HILAIRE

LE GÉNÉRAL. Et moi, je vous dis que non.

M'"^ DE MORIN. Et moi, je vous dis que si.

LE GÉNÉRAL. Vous êtes uue folle...

M"'* DE MORIN. Et VOUS un bourru...

LE GÉNÉRAL, S asseyant sur le canapé.

Parce que je vous dis vus vérités...

M""" DE MORIN , s'asseyant auprès de la table. Parce que vous aimez à me contrarier. . . c'est votre plaisir.

LE GÉNÉRAL. J'y liens... je n'en ai pas d'autres... ça... et ma goutte... voilà ce qui me reste.. .

M""* DE MORIN. C'est trop de moitié...

LE GÉiNÉRAL. Voulez-vous de ma goutte ?.,, je vous la cède... et de tout mon cœur. ..

M™* DE MORIN. Merci , mon cher beaufrère. .. Mais, quoi que vous en disiez — je vais écrire à mon médecin de venir le voir.

LE GÉNÉRAL. Pour un rbuiiie !... ça n'a pas le sens commun. ..

M'"* DE MORIN. Cela peut être grave...

Elle écrit.

LE GÉNÉRAL. Laissez-moi donc tranquille!

Au reste... écrivez... Vous aimez à déranger les gens pour rien.... El quand mon pauvre frère vivait, c'était la même chose... pas un instant de repos.

M™* DE MORIN. Avec cela qu'il était si complaisant... comme vous...

LE GÉNÉRAL. Ah ! paibleu ! madame.

Air de Turenne.

Vous le tourmentiez ce bon frère, C'était le meilleur lies époux.

Lorsqu'une paix involontaire, Nous renvoya chacun chez nous.

Nous revînmes bien malgré nous.

Fou que j'étais, dans mon vi'iivage, Je regrettais la guerre... et je le voi. Mon frère, plus heureux que moi, La retrouvait dans son ménage 1

M"* DE MORIN, riant. Toujours aimable!

HILAIRE, qui est entré depuis un moment. Général?...

LE GÉNÉRAL. Après?,..

HILAIRE. Je viens prendre vos ordres pour le déjeuner... si vous déjeunez à l'hôtel...

LE GÉNÉRAL. Imbécile!... est-ce ([ue je peux sortir?... est-ce que je sors?... est-ce que la goutte ne m'a pas cloué ici?... je ne vais pas même à la chambre...

MAGASIN THF.ATRAL.

M"* DE MORIN. Vous en êtes fàrhé ?

Lt génLbal. Je ne dis pas. .. c'est si amusant. . .

HILAIRE. Qu'est-ce que monsieur le général prendra ce matin ?...

LE GÉNÉRAL. Eh! parbleu ! duchocolatl... voilà mon ordinaire depuis six semaines. .. . Je me prive de tout.. . et l'on parle des progrès de la médecine; je leur en fais mon compliment!... l'homœopathie estune belle déciuverle!... depuis qu'elle s'en mêle, je ne dors plus... A propos, Hilaire, qu'est-ce que c'est donc que ce tapage que j'ai entendu hier soir... au moment de me coucher?...

M"" DE MORiN. Ah 1... j'en ai eu un mal de tète affreux !...

HILAIRE. Mon Dieu!... madame, je ne sais que vous dire... nous n'y comprenons rien... C'est un petit jeune homme... une espèce d'ouvrier en blouse... Il voulait absolument entrer... il était fort ému... fort agité... il demandait avoir monsieur 31orin.

LE GÉNÉRAL. Moi?...

HILAIRE. On lui a dit que vous reposiez... il n'en a tenu compte... Il voulait entrer de vive force... c'était un diable... En se colletant avec le concierge, il a cassé deux ou carreaux.... et sans une patiDuilIe qui est venue à passer et qui l'a fait fuir. .. je ne sais pas comment cela aurait fini...

LE GÉNÉRAL, souriant. Ah ! il a cassé des carreaux?...

M""* DE MORIN. Il faut le faire arrêter...

LE GÉNÉRAL. Nonl... 11 faut Ics faire remettre...

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