‹ Pièces de théâtreChapitre 174 sur 1093 · L.wni.ois · texte numérisé non relu

L.wni.ois

Qui?

lIor.TENSE.

Le ministre cn-ioif dt-j médains aii\ lies Ra-

léares, pour comballre une épidémie qui de>"2fsî la population, cl Charles a anvié 1 1 obtenu le dangereux honneur de faire partie de cette expédition...

PAULINE

Ali ça! le ministre ne veut donc plus nous laisser que des notaires !... C'est affreux.

LANGLOIS

C'est horrible !... Heureusement qu'il reste aussi des millionaires... Tenez, un de mes cliens, mon meilleur client! M. Georges Maurice...

PAULINE

Ah ! oui, le corsaire.

LANGLOIS

Armateur, ma chère, armateur ; un charmant homme, brave comme un Jean Bart et riche comme un nabab. Du port de Saint-Tropez, son pays, où il a commencé par cire simple matelot, il équipe aujourd'hui des flottes entières. Il a fait des prises immenses aux Anglais.

PAULINE

Très bien. — J'ai horreur de ces gens-là. On assure qu'ils vendent leurs femmes au marché.— Fi ! les vilains !... Pour en revenir à votre brave corsaire?...

LANGLOIS

Armateur...

PAULINE

Soit... Vous disiez?...

LANGLOIS

Je disais que ce cher M. Maurice était encore à marier. A chacun des voyages qu'il fait à Paris, je veux me ménager un beau contrat à faire; mais le brave marin a peur du mariage. Il ne sait pas tout ce qu'il y a de bon à ne se mêler de rien chez soi... à n'avoir pas le droit... je veux dire besoin de dire un mot. C'est charmant! Après ça, il est jeune, il a le temps de se décider.

PAULINE

Quelùgc a-t-il donc?

LANGLOIS

Quarante-deux ans !

PAULINE

C'est juste! vous avez attendu plus tard que

cela.

LANGLOIït, Luisant la main Je Pauline.

Pour mon bonheur!

PAULINE

Comment donc! de la galanterie...

LANGLOIS

Je serais comme ça loiilc la Journée, si Je n'étais pas notaire... Je voudrais bien voir M. d'Auberive. (Il regarde la pendule.)

nOIlTENSE.

Jlon père repose encore; mais si vous avez bc.<oin de lui parler...

LANGLOli.

Absolument be.-oin... avant midi, et il est onze heures. Hoiii'iiso ^onne, un doiucsiiquf joraîi.)

BORTBKSE.

Voyez si mon père peut recevoir M. Langlois. |Elle va s'asseoir sur la causeuse, à droite, et prend une broderie.) Pauline, vois donc comme ce dessin est joli.

LANGLOIS

Il est charmant... Mesdames, je vous demande la permission de classer ces diverses pièces.

(Il va se mettre devant la clieminOc, à gauche.) PAULINE , allant s'asseoir pris U'Hortense.

11 faut bien qu'on vous l'accorde... Figure-toi, ma chère amie, que mon mari est le plus parfait notaire de France et de Navarre. Il notarié partout., dans la rue, à table, au salon... jusque dans ma chambre... Quand nous sommes seuls, il ne me parle que d'usufruit et ne rêve que d'hypothèques. Croirais-tu que le jour de ses noces M. Langlois a quitté le bal pour aller recevoir un testament ?

HORTENSE, bas et souriant.

Tu as fait là un singulier mariage.

PAULINE , a nii-voi.\.

Oui , je sais que M. Langlois avait de moins que moi un blason qui remonte au temps des croisades, et de plus que moi trente ans à peu prés... Maison m'a dit qu'il possédait autant do mille livres de rentes que d'années... et je ne l'ai pas trouvé bien vieux...

nORTENSE.

Quel âge avalt-il donc ?

PAULINE

Cinquante... mille livres de rentes... Avec l'illusIrenomdesDormesson, je ne possédais que les portraits de mes aïeux et un tout petit revenu de 1,800 livres. En me retirant de notre couvent, ma tnnle d'Esterbck , qui est une femme de sens, me fit voir M. Langlois... Je le trouvai un peu gros, mais très bonhomme... il me lit rire... ça me rassura un peu... Il m'envoya une corbeille magnifique, ça me rassura tout à fail. Enfin, que te dirai-je ? je suis heureuse , très heureuse... Je n'étais que marquise aux Ursulincs, je suis reine... chez moi... Et c'est si gentil de commander... En ménage, comme en politique, je ne connais que le gouvernement absolu.

LANGLOIS, se levant.

Je crois que voilà M. le comte.

UORTENSE, se levant aussi.

Mon père !

(Elle va au devant de M. d'Auberive, qui paraît sur

le seuil de la porte à gauche. Il est en costume du

malin , et semble accablé plutôt sous le poids des

souffrances que sous le poids des»nnée>.ll embrasse

sa fille à plusieurs reprises.

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