ACTE IV, SCENE VI
ANTOINT, avec force.
Je te (lis, moi, qu'elle y est venue, puisque ce poison a disparu.
CIIARLOTTK, clTrayéo.
Oh! tais-loi, Antoine, lais-tui ! Sais-tu qu'une parole comme celle-là pourrait la faire monter sur un tVhafaud. C'est affreux ce que tu dis là !
A >■ TOI NE
Tu as raison, je me suis laissé emporter trop loin... D'ailleurs, il faudra qu'on retrouve ce paquet...
CHARLOTTE, allant sur le fauteuil, ù droite, et iricolaiit.
Certainement, il faudra qu'on le retrouve. ANTOINE, regardant du côté par lequel iîorteiise est sortie.
Oui , on le retrouvera. (Il se rapproche doucement du fauteuil sur lequel Charlotte ebt assise, et se trouve ainsi à sa droite, un peu eu arrière. — Haut.) Charlotte ! tu me disais que Georges s'était levé aujourd'hui... C'est singulier... à mon départ, je ne croyais plus le revoir... il était si mal...
CHARLOTTE
Et tu partais ?...
ANTOINE, vivement.
Par son ordre... Ce voyage ne pouvait se remettre... (Avec intention.) Il n'a rien dit de ce voyage ?
CHARLOTTE
Rien... Seulement, il semblait t'altendrc avec
impatience... Est-ce que tu ne veux pas le voir?
ANTOINE, troublé.
Le voir... oui... oui...sansdoute... Il faut même
lue je lui parle... pendant que sa femme n'est pas
)uprès de lui...
CHARLOTTE, se levant.
Je vais l'annoncer.
ANTOINE, la retenant.
Attends... attends encore... (Avec émotion.) Il si bien changé, n'est-ce pas ?
CHARLOTTE
Le pauvre homme est méconnaissable... C'est ui que j'entends... Il vient ici pour essayer ses urccs.
ANTOINE, avec effroi.
Lui!... (Puis, se remettant.) Il le faut... Georges entre, soutenu par Charlotte, qui a été au devant de lui. La maladie a fait chez Georges (l'affreux ravages; il se traîne avec peine jusqu'ù un fauteuil, ù droite.)
CilARLOTTE.
Antoine est revenu... le voilà.
GEORGES
0 mon bon Antoine, enfin...
ANTOINE, à Charlûtle.
Laisse-nous !
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