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MADAME BIRMANN.
Oui ; un voyageur du commerce; il a couche ici, il part ce matin... et toi, conte-moi toi» voyage.
BIRMANN.
Moi, tel que tu vois, j'ai déjeuné tête à tét« avec M. le bailli.
MADAME BIRMANN.
En vérité !
BIRMANS
Ah! quel vin! quel pâté de lièvre! et quel digne homme que M. le bailli ! A propos de pâté, non, je veux dire de M. le bailli , j'ai une Hère nouvelle à t'apprendre, va! une nouvelle qui va faire une fête dans tout le pays.
MADAME BIRMANN.
Bah!... quoi donc?
BIRMANN.
Tu sais bien , le vilain homme, qui est arrivé un beau matin, il y a deux ans; qtii venait, disait-il, de la Hongrie, de la Bohême, de toutes sortes de pays, avec une femme et une petite fille ; ce vaurien qui a l'air si pauvre ; enfin, Georges, l'étranger de la Montagne- Rouge...
MADAME BIRMANN.
Eh bien! Georges... après?
IRMANN.
Après?... il va déguerpir.
MADAME BIRMANN.
Bon ! Georges quitterait le pays?
BIBMANN.
Oui , Dieu merci ; il est en retard d'une année tout entière de taxe et du loyer de sa cabane. C'est une belle occasion, vois-tu, pour le mettre à la porte; et, comme personne du village ne s'aviserait maintenant de lui donner à loger, drès demain matin il sera chassé de la commune, comme vagabond et sans asile.
MADAME BIRMANS
C'est bien fait!... c'est-à-dire... Ah! mon Dieu! et sa pauvre femme, et sa petite fille?
BIRMANS
Eh bien! enroule avec lui!... Oh! c'est déjà fait, va! j'ai vu le commandement sur papier marque ; et ça n'est pas malheureux pour notre maison, vois-tu; car, depuis que ce maudit homme est venu demeurer dans la montagne, c'est pis que si elle était habitée par une bande de loups. Personne n'ose plus passer le soir par le chemin deKleinfeld. Drès le coucher du soleil, toutes nos pratiques s'en vont bien vile, de peur de rencontrer l'homme de la montagne Ça me f.iitbien manquer la vente de plus de vingt pois de bierre ; et puis quand jiar malheur il vient à passer devant l'auberge, un jour de diainniheou de fête, s'il entre et demande une laiielte, il faut voir comme chacun prend son verre, et s'éloigne de la table où il va s'asseoir! 11 semble que cet homme porte avec lui la mair'diction.