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SCÈNE IV

D'ARTAGNAN, MADELEINE

MADELEINE. Me voici, me voici ; j'ai voulu aller à la cave moi-même.

D'ARTAGNAN. Fort bien. Dites-moi, 3Ia»

deleine. . .

MADELEINE, à part. Il a été au porte-manteau. {Haut.) Cachet rouge. {A fart.) Il aura découven quelque chose... {liant.} Cachet vert, regardez !

D'ARTAGNAN. Chère madame Turquenne, vous me comblez... mais posez les bouteilles sur la table et venez ici.

MADELEINE. Oh! qu'est-ce que ce sac?

D'ARTAGNAN. L'argent du gouvernement toujours... n'y touchez pas, ça brûle le; doigts; d'ailleurs, nous avons à causer.

MADELEiNK. Eh bien, causons.

D'ARTAGNAN. Madeleine, mon enfant, nom avons donc rangé dans la chambre de ce boi monsieur d'Artagnan?

MADELEINE, à />ar/. Nous y voilà ! {Haut. Mais oui, comme d'habitude... je ne puis pa; dire non... vous m'avez trouvée occupée.

d'artagnan. a ranger, c'est cela... d( sorte qu'en rangeant, pour que tout fûtbiei rangé, nous avons retourné les poches.

MADKLEiNE. Moi!... uou.. . nou, jamais!

d'artagnan. Madeleine, chère amie, entn autres qualités qui vous rendent précieuse : mes yeux, il y en a niiedont je voudrais biei que vous trouvassiez à vous défaire; vous ètc horriblement jalouse, et vous le savez, Made leine, un grand prédicateur l'a dit, ou s'i ne l'a pas dit, il aurait dû le dire... « La ja lousie conduit les femmes à l'oniller dans le tiroirs des tables et dans les poches des hauts de-chausses. » Vous comprenez, Madeleine?

MADELEINE. Ah! ce n'est poiut à moi qu'oj peut faire ce genre de reproche.

d'aktagn N. N'importe, la morale n'es jamais perdue... Écoutez donc, ma cher Madeleine : si, comme vous le dites tous le jours, vous tenez à faire mon bonheur, sauj Dien ! ne me 'rendez le plus malheureux de honunes!

MADELEINE. Je ue puis cependant pa répondre...

d'artagnan. Elles étaient dans ma poche Madeleine, dans cette poche-là; trois lettres entendez-vous bien?... La poche n'est aucu nement trouée... elles étaient bées avec un< faveur bleue.

MADELEINE. Ahl je conçois, c'était for galant.

LES MOUSQUETAIRES

d'artagnan. Ma petite Madeleine, vous vojez que je suis irês-calme, très charmaiît, que je n'ai pas la moindre canne à la portée de la main ; liaisons donc les choses galamment; avouez-moi qu'en secouant mes vieux habits, ce paquet de lettres est tombé, hein? il est tombé, n'est-ce pas? et vous l'avez ramassé .. Voyons, rendez-le-moi, ventre-bleu!

MADELEINE. Vous savez bien, monsieur d'Artagnan, que je ne bats points les habits de mes locataires.

d'aiîtagnan. Morbleu ! Madeleine, je ne me fâche pas, non, non, non... je ne veux point me fâcher du moins ; mais si l'on ne me retrouve pas l'adresse d'Athos, d'Aramis et de Porthos... de Porthos surtout. . . j'étranglerai tout l'hôtel !

MADELEINE. Mais ne criez donc pas comme cela, monsieur d'Artagnan.

d'artagnan. L'adresse de Porthos, sang t)ieuî ventrebleu! corblen!

MADiLEiNE. On croira que nous nous disputons. . . Tenez, voilàquelqu'un quimonte.

D'AiviAGN ^N, éroutavt. Ah! mon Dieu!

ce pas... trois cents livres pesant.... (On monte lourdement.) Si j'étais assez fat pour croire que la Providence s'occupe de moi, je dirais que c'est le pas de Porthos... {'^n frappe. ) Si je ne savais mon digne ami dans sa terre de je ne sais où, et dans son château de je ne sais quoi, je dirais que c'est le poing de Porthos.

MADLLEiNE. Eh mais! il va enfoncer ma porte, ce monsieur!

PoiiTHOS, en dehors. Eh bien! on n'ouvre donc plus la porte à son ami?

d'artàgnan. C'est la voix de Porthos...

En voilà une chance !

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