SCENE V
Les Mêmes, PORTHOS, iMOUSQUETON.
d'artagnan. Porthos! en chair et en os ! Ah ! cher ami 1
Il lui saute au cou.
PORTHOS. Avec mon fidèle Mouston,cornme vous voyez... ne me reconnaissez- vous pas?
d'artagnan. Si fait, mais je remerciais le hasard. . .
POiiTHOS. Le»hasard?
d'artagnan. Oui.
POHTHos. Ce n'est point le hasard qui m'amène ici, c'est votre lettre?
D'Ar>TAGNAN. Comment, ma lettre?...
PORTHOS. Sans doute; tenez! (// lui donne un? lettre.) C'est bien à moi... « A monsieur Duvallon de Bracieux, de Pierrefonds. »
d'artagnan. Ah! de Pierrefonds! c'est . cela, voilà le nom du château, je me le rap-
pelle maintenant; mais n'importe, ce n'est pas moi qui vous ai écrit.
PORTHOS. Cependant. ..{H lit. ) « Trouvez» » vous le 20 du mois d'octobre de la présente » année 1668, à l'hôtel de la Chevrette,, » rue Tiquelonne, à Paris ; c'est là que de- » meure votre ami d'Artagnan, qui sera en- » chanté de vous voir. » C'est écrit.
d'artagnan. Oui, mais ce n'est point écrit par moi, voilà tout ce que je puis vous dire.
madeleine. C'est une lettre qui sera tombée des vieux habits de monsieur.
PORTHOS. C'est possible! [Apercevant Mn~ deleine.) Mais je vous demande pardon, madame, je n'avais pas eu l'honneur de vous voir.
d'artagnan. Mon cher Porthos, je vous présente madame Madeleine Turquenne, la plus soigneuse hôtelière de France et de Navarre... une femme qui ne laisse jamais traîner les papiers de ses locataires... 3Iais ne parlons plus de cela; vous voilà, Porthos, c'est le principal... pourquoi, comment êtesvous venu, peu importe, cela s'éclaircira... Ma chère madame Turquenne, monsieur Porthos va partager mon dîner,
madeleine. Alors, deux cachets rouges et deux cachets verts; on va vous aller chercher cela.
d'artagnan. Allez !
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