‹ Pièces de théâtreChapitre 455 sur 1093 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

LE ROI, PARRY, assoupi dans un fauteuil, puis ARAMIS, LE COLONEL TOMLINSON.

LE ROI, s' arrêtarti devant l'arry. Il dort! le dévouement a cédé à la faligui'... Pauvre vieux serviteur... qui ma coudié dans mon berceau et (|ui me couchera dans ma tumbe... Dors, bon l'arry... il me semble que je rêve moi... et que tout ce qui m est arrivé depuis quinze jours est un songe de mon délire. (// ta à la fenêtie ) Mais non, Inut est bien réel, jevois reluire les mousquetsdes sentinellcs.je vois travailler fleshommes près de la fenêtre... j'ai été condamné hier par le Parlement... je suis prisonnier à ^\hilehail, et Noici les portraib de meh ancOlrett... qui semblentprendre

des regards vivants pour me voir mourir. Soyez tranquilles, mes nobles aïeux... soyez tranquilles, vous serez contents de moi. {Il s'assid devint une tnhlr ) IJélasî si j'avais du moins, pour m'assistera ce moment suprême, une (le ces lumières de lÉglise dont l'âme a sondé tous les mystères de la vie, toutes les petitesses delà grandeur, peut-être sa voix étoulTerait-elle la voix du père et de l'époux qui .se lamente dans mon âme... Mais j'aurai ([ueUpie prêtre à l'esjjrit vulgaire, dont ma chute aura brisé la carrière et la fortune, et qui me parlera de Dieu et de la mort comme il en a parlé à d'autres mourants... sans comprendre que ce mourant royal a plus de choses (jue les autres à regretter dans ce monde dont on l'arrache violemment. L'heure souas.

LES MOUSQU El AIRES.

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PARKY, s'éveiUa>}t. Ah! mon Dieu... pardon, pardon, sire; je donnais; mais au milieu de mon sommeil... j'ai entendu sonner riioure... quelle heure était-ce, sire?

CHAULES. Six heures; rassure-toi, nous avons encore quelques instants à demeurer ensemble; ce n'est qu'à huit heures...

PARHY. Oh! mou roi, il me semble qu'ils n'oseront pas commettre un pareil sacrilège.

CHARLES. Que t'ont-ils répondu pour mes enfants?

PARRY. Que Votre Rlajesté pourrait les voir.

CHARLES. Et pour mon confesseur?

PARRY. Que puisque Votre Majesté avait choisi M. Juxon, M. Juxon recevrait l'autorisation de pénétrer jusqu'à elle. . . Seulement, leur puritanisme s'effraye de voir pénétrer un prêtre jusqu'à Votre Majesté dans son costume ecclésiastique; ils exigent que M. Juxon soit vêtu en laïque.

CHARLES. Et Juxon a-t-il conscuti?. . .

PARRY. Pour accomplir les derniers désirs de Votre Majesté, il a dit qu'il était prêt à tout.

CHARLES. Allons, ils sont meilleurs encore que je ne l'espérais. Parr;, , je n'ai pas dormi cette nuit, et je suis bien fatigué.

PARRY. Sire, jetez-vous un instant sur votre lit , je veillerai sur vous, et j'espère qu'ils respecteront votre sommeil.

CHAïu.ES. Oui, un instant seulement pour prendre des forces.

Il se couche ; on entend clouer près de la fenêtre.

PARRY. Ah ! mon Dieu, il ne manquait plus que cela!

CHARLES. Parry, est-ce qu'il n'y aura-.t pas moyen d'obtenir que ces ouvriers frappent Dioins fort?

Le bruit redouble.

PARRY. Oui, sire, je vais le leur demander.

11 ouvre la fenêtre.

LA SENTINELLE. On ne passe pas.

PARRY. Pardon... c'était seulement pour dire à ces ouvriers que le roi les prie de faire moins de bruit.

LA SENTINELLE. Ah! si c'cst pouT Cela, parlez-leur.

PARsiY. Mes amis, voulez-vous frapper plus doucement? Le roi dort, et il a besoin de sommeil. {On voit pnraHre ^itho^, qui uitt sori doigt sur sa bouche.) Monsieur le comte de la Fère !

LA VOIX DE d'artagnan. C'est bien, c'est bien; dis à ton maître que s'il dort mal cette nuit, il dormira mieux la nuit prochaine.

PARRY, se reculant. Grand Dieu ! est-ce que je rêve ?

Il ferme la fenêtre.

LEROL £h bien?

PARRY. Sire , savez-vous quel est cet ouvrier qui fait tant de bruit?

LE ROL Commentveux-tuqucje le sache?

est ce que je connais cetiiomme, moi?

PARRY. Sire... c'est le comte de la Fère.

LE ROI. Parmi ces ouvriers... es-tu fou, Parry?

PARRY. Oui, parmi ces ouvriers , et qui n'est là sans doute que pour faire un trou à la muraille.

LE ROL chut! tu l'as vu?

PARRY. Et Votre Majesté elle-même eût pu le voir si elle eût regardé du côté de la fenêtre.

LE ROT, descendant du lit. En effet, n'estce pas lui qui m'a salué au moment où je sortais du i'arlement?

PARRY. Oui, sire, c'est lui-même.

LE ROI. Ils auront beau dire (fue je suis un tyran; un homme C[ui a de tels dévouements autour de lui sera vengé par la postérité.

PARRY. Sire!

LE ROI. Quoi ?

PARRY. J'entends du bruit dans le corridor.

LE ROL Qui peut venir?

UNE VOIX. M. Juxon !

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