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SCÈNE IX

LE COMTE, put5 LA COMTESSE et LE COMMANDEUR.

LE COMTE

Eh bien ! je le trouve adorable, le chevalier, de vouloir que je lui sacrifie mon oncle, un oncle qui prend mes intérêts à ce point-là! Allons donc!

lA COMTESSE, entrant.

Vous êtes seul?

LE COMTE

Malheureusement.

LA COMTESSE

Pourquoi malheureusement?

LE COMTE

Parce que ce n'était pas moi que vous cherchiez sans doute.

LA COMTESSE

Au contraire, monsieur, c'était vous-même.

LE COMTE

VraimeLt? (Indiquant un siège.) Alors...

Non, non; j'ai des excuses à vous faire.

LE COMTE

Des excuses à moi !

LA COMTESSE

J'ai été vous tourmenter d'un caprice... pardon.

LE COMTE

Mais c'est moi qui suis vraiment plein de confusion d'être forcé de vous refuser une bagntelie comme celle que vous désiriez... le chevalier a dû vous dire que pour toute autre chose...

LA COMTESSE

Oh! non, rien, maintenant; je voudrais seulonient vous faire une question, comte.

LE COMTE

Laquelle, comtesse? parlez.

LA COMTESSE

Me regardez-vous comme votre amie?

LE COMTE

Moi 1 sans doute.

LA COMTESSE

Eh bien! alors, que je vous fasse un reproche. Quoi 1 vous me regardez comme votre amie, et vous ne me faites point part de l'embarras où vous vous trouvez!

LE COMTE

L'embarras où je me trouve I De quoi est- il question?

UN MARIAGE SOUS LOUIS XV

LA COMTESSE

Vous avez perdu au jeu, comte.

LE COMTE

Moi?

LA COMTESSE

Ne VOUS en cachez point, je ne suis pas lecominandeur, et vous n'avez pas peur de moi, je l'espère; d'ailleurs ne m'avez-vous pas avoué que vous étiez joueur ?

LE COMTE

Vous dites donc que j'ai perdu au jeu?

LA COMTESSE

Oui, et vous êtes gêné.

LE COMTE

Dieu me damne, comtesse, si je comprends un mot à tout ce que vous me dites ; mais allez toujours, j'adore les quiproquos.

LA COMTESSE

De la fierté avec moi ! avec une amie, qui voudrait expier la maladresse qu'elle a eue de vous tourmenter dans un pareil moment.

Ah ! je comprends maintenant ; c'est le chevalier qui pour obtenir...

LA COMTESSE

11 ne faut pas lui en vouloir, comte. {Lui passant la main sous le bras.) Ecoutez, j'ai là, au fond d'un sac à ouvrage, un millier de louis, que ma lanle y a glissés en me disant adieu, et que j'ai justement retrouvés ce matin ; ce n'est pas grand' chose, je le sais; mais moi j'ignore comment on trouve de l'argent... j'ai celui-là, je vous le donne.

LE COMTE

Je vous laisse dire, parce que vous êtes charmante; mais Valclos, pour se tirer d'embarras, vous a fait un mensonge; il n'y a rien de vrai dans tout cela : je n'ai pas perdu au jeu, je ne suis pas gêné le moins du monde, et la preuve en est, tenez, c'est que s'il vous reste le moindre désir pour cette voHure, dites un mot, et je serai vraiment heureux de réparer ma faute.

Le Commandeur paraît.

LA COMTESSE

Non, monsieur, je suis trop heureuse de vous faire un petit sacriflce.

LE COMTE

Eh bien ! je l'accepte, mais à la condition que vous me permettrez de vous en garder une grande reconnaissance.

LE COMMANDEUR, à part.

Si on ne dirait pas qu'ils s'adorent!... Ma parole d'honneur, je ne comprends plus rien aux ménages d'aujourd'hui!... Dites-moi, mes enfans, si je vous gêne...

Oh! mon Dieu! non, mon oncle; vous savez que ma couturière attend, et que j'ai des robes à ■essayer; je vous laisse donc avec monsieur de Can- |dalc. Au revoir, mon oncle... {Faisant la rêvérence.) Monsieur... i

LE COMTE

La Comtesse sort.

Madame..

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