SCÈNE V
CALIGULA, assis, STELLA, conduite par deux hommes.
STELLA
)ù suis-je, et pourquoi donc m'avez-vous enlevée? |uel est ce palais?
Apercevant Culigula.
Ah! César!
Conrnnt ù lui et tombant» penoux.
Je suis sauvée!
Ceux qui l'ont amenée sortcul.
lésar, lu ne sais point que les gens que voilà .ma mère m'ont prise en frappant Aquila, t qu'ils n'ont pas voulu retourner en ai lière, lalgré ma douloureuse et constante prière. .h! ce sont des méchans qui ne respectent rien, t tu les puniras.
CALIGULA
le m'en garderai bien
STKLLA.
'uoi! tu peux tolérer uu semblable désordre? ésar, ce qu'ils ont fait...
CALIGULA
Ils l'ont fait par mon ordre.
Us avaient mission de te conduire ici.
Et je les punirais s'ils n'avaient réussi.
Je t'aime, et te voulais revoir morte ou vivante.
Cela t'étonne, enfant?... •
STELLA
Oh! cela m'épouvante 1
CALIGULA
C'est ainsi que j'en use avec mes bons Romains. Ignorais-tu cela?... Pourquoi donc dans mes mains Jupiter eùt-il mis sa puissance suprême, Sinon pour que je fisse ainsi qu'il fait lui-même? Seule veux-tu nier les dons qu'il m'accorda? Allons, adoucis-loi; viens, ma belle Léda. Je sais que des vertus tu suis la route austère. Mais un Dieu t'afi'rancbit des devoirs de la terre; Ne repousse donc plus ton divin ravisseur
STELLA
César, n'oubliez pas que je suis votre sœur.
CALIGULA
Eh! maisje m'en souviens,cemesemble,au contraire,
Et je fus de tout temps un excellent frère.
Mes trois sœurs ont été mes femmes tour à tour.
Et pour Drusille on sait que tel fut mon amour,
Que, lorsqu'elle mourut, poussé d'un noir génie,
J'ai couru comme un fou toute la Campanie,
Et que, depuis ce jour, quand je fais un serment,
Par sa divinité je jure constamment.
Eh bien! je t'aimerai comme j'aimais Drusille;
Mais les Dieux complaisans et le destin docile
Nous feront, je l'espère, une plus longue ardeur.
L'entourant du son bras.
Viens donc, ma bien-aimée!
STELLA, nhaissantsonvoilcclcroisanl ses deuxmains sur sa poitrine.
A moi, sainte pudeui' !
Sur mon front rougissant viens épaissir mon voile.