‹ Pièces de théâtreChapitre 811 sur 1093 · PAUL, BEAUSÉJOUR, RAYMOND · texte numérisé non relu

PAUL, BEAUSÉJOUR, RAYMOND

BEAUSÉJOUU.

Mes chers amis, bonjour.

Comment vous portez-vous ?

PAUL

C'est le cher Bauséjour.

Quel plaisir de revoir un ancien camarade !

DEAUSÉJOUR.

N'est-ce pas?

PAUL

La santé?

BEAUSÉJOUR

Tu vois, jamais makde.

C'est la mon habitude; elle est bonne : j'y tien, Et je veux la garder longtemps.

PAUL

Tu feras bien.

BEAUSÉJOUR

Et vous, monsieur Raymond, quelle boniie figure!

RAYMOND

Monsieur...

BEAUSÉJOUn.

Vous me seniblez rajeuni, je vous jure. . De;; acteurs, cciond:;ut, vous êtes le Nestor.

LA FAMILLE POISSON

nvïMo.Nu.

Ce litie, j'y liens peu, Mon^iellI■.

BEAISÉJOI R.

Vous avez tort.

Quand on a si louglemps par sa verve comiqiro Excité les transports de la gaî;é jinbliquo, Quand on eut, comme vous, le singulier bonheur De créer un emploi qui vous fit tant d'honneur, Ces Crispins dont l'humeur babillarde cl folâtre Était, avant vous-même, ignorée au théâtre...

PAUL, bas à Deausrjour.

Tais-toi.

BEACSÉJOL'R, sa»s faire attenlion n Paul.

Car c'est en vous, monsieur Raymond, euliu Que la France a jadis vu son premier Crispin.

RAYMONU>.

Monsieur...

PALI., bas.

Mais tais-loi donc.

BEALSÉ;OL"n, cuntiiniant de même.

F.t le destin prospère D'un fils non moins |ilaisanl vous a fait l'heureux père, De ce second Crispin, bien digue du premier, Rempjaranl vos talents sans les faire oublier; Car les vieux amateurs, en parlant de vos rôles, ^ous citent, en riant, vos allures si drôles. Vos comiques accents, votre gai naturel. Tant de mots empruntant de vous un nouveau sel : Et c'est peu des Crispins ; vous jouiez comme un ange Don Juphet, Jodelet...

RAYMOND

Monsieur, voire louange Cessera-lelle enfin ? mon cœur eu est blessé ; Car elle me rappelle un scandaleux i)assé.

BEAUSÉJOUR

Comment?

RAYMOND

Oui, je rougis, s'il faut que je le di-^e. De celle renommée indignement acquise.

.le voudrais, tant j'en suis contrit, humilié. Sur la scène jamais n'avoir posé le pied. J'en ressens un chagrin impossible à décrire, Et je pleure aujourd'hui d'avoir jadis fait rire.

BEAU.SfcjOtn.

Ma foi, vous avez tort; le rire fait du bien.

PAUI-.

Je le retrouve gai, content...

BEAISÉJOIIV,

Gai, j'en convien.

Et j'ai de bonne humeur une assez forte dose. Oui, mon cher, je suis gai : content, c'est autre chose. Vn directeur de troupe, hélas! esl constamment Voué |>ar ses acteurs au mécoutculenient. C'f^t lin niciior maudit, plus maudit qu'on ne pense, (n Raymohd).

El que vous devriez prendre pour pénitence *•

* RnjmonH fjil nn mnivptr.cnt d imialicnro e; va s'as- »eoir de l'autre côli du tlicilrc. Ilaxmoad i*»\i, Bcau»cjour, l'ajl.

Que de tracas! mais quoi! loin d'en élrc attriste, A tous les coups du sort j'opjiose ma gaité. Ami sûr que jamais rien n'ébranle et ne trouble. Dans mes jours de malheur je la sens qui redouble , Et contre le destin avec elle luttant , Je suis d'autant plus gai que je suis moins eontonl.

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