ARNOULD, MARIANE
ARNOULD
Sur quels écueils, 6 destin, tu me pousses! , ÎÎCfals^gour a Paris, la police i\ mes trousses,
LA FAMiLi.i: POISSON.
Et mon début re soir pour rwiljlc d'embarras!
NARIANE.
Ton début?
An.NOlI.U.
Oui vraiu)cul : lu n" l'en doutais [.qs? Oui, ton cousin Aniould ce soir, ne l'en déiilaise, Fait son premier début sur la scène françai^c. De monsieur de Créqui je suis le protégé. C'est grâce ii ce seigueur que j'obtins mon congé ; Mon ordre de début, je le lui dois encore. Afin que jn^'iuau bout mon clier père l'ignore, Mon début au public ne fut point annoncé. Au lever du rideau, l'air triste, l'ceil baissé , Le semainier, après sa triple révérence. Viendra d-is spectateurs réclamer l'indulgence. Puis, les attendrissant par un récit menteur : L'indisposition subite d'un acteur.
Douloureux contretemps, insurmontable oltsiacie , Nous force, dira-t-il, ii changer le spectacle; Mais daignez accepter un dédommagement : A vos yeux va s'offrir, Messieurs, dans un moiiienl Le nouveau rejeton d'une famille aimée, Aux aiiplaudissements par vous accoutumée , Du fils de Paul Poisson encouragez l'essor. Puissent, puissent surtout de son front jeune encor Tant de lauriers cueillis par l'aïeul et le père Ecarter les sifflets, ces foudres du parterre ! D'un bruit plus gracieux prêtez lui le secours. l'n vif enthousiasme accueille ce discours. Si d'abord il s'adresse au grand nom dont j'hérite, P>ient6t je ne le dois qu'à mon propre mérite. Mêlé de souvenirs et de lazzis nouveaux. Mon jeu fait éclater le rire et les bravos. Le troisième Crispin est digne de sa race. Mon père, en l'apprenant, s'adoucit et m'embrasse. Reçu comédien ordinaire du Roi , Je t'épouse...
MARUNE.
Un instant, Monsieur; répondez moi.
ARNOULD
Quoi donc?
MARI ANE
Expliquons-nous : mon portrait..., sois sincère, Qu'en as-tu fait?
ARXOn.D.
Parbleu, je l'ai penlu, ma cbérc :
Comment, je n'en sais rien.
MARIANE
Pour moi c'est très flatteur.
A t'en croire, il était jour et nui; sur ton coeur.
ARNOULD
Pour le voir, le baiser, je le prenais sans cesse, El je l'aurai perdu par excès de tendresse.
ïLvnu.NE. C'est charmant.
ARXOLLD.
Dans mou sein heureux de le cacher, J'aurais mieux fuit cent fois de n'y jamais toucher. Au niomctii de m'cnfuir ma lèle s'est brouillée, Et i>rci tt te revoir.,.
MARtANt.
Vous m'avez oubliée?
ARSOULD.
Non pas loi, ton portrait : sois iudulcente,
MARtAXK.
Non ; Je vous cil veux l.eaucoup.
ARNori.r.
Pour avoir mon pardon , Je ire jette a les pieds.
MARIANT
On vient.