SCÈNE VII
qu irai-jo [y faire?
militaire':
Ni la nit'me façon de parler : mais du r?.sto, C'est une ressemblance... oui, je vous le proteste, Si vous ne m'affirmiez que vous n'êtes pas lui , Je vous ferais au jVlans retourner aujourd'hui.
AUNOII.I).
Je ne... vous entends... pas : au... Mans!
BEAUSÉJOUR
Rejoindre ma troupe.
AltNOULD.
Ah!... Monsieur est.
HEALSÉJOL'R.
Non, je suis directeur du théâtre du Mans.
AKNOILD.
Di... recteur ?
BE.\USËJOUrt.
Au mépris de ses engagements , Mon Crispin s'est enfui vers Paris.
ARNOUI.D.
C'est in...fàme.
BEAliSÉJOCn.
K'esl-ee pus? si je puis le trouver, sur mon âme, 11 s'en repentira.
ARNOUI.D.
Pourquoi ce... garnement A-t-il...fui?
r.EAUSÉJOUR.
Je ne sais; Monsieur, apparemment De voir la capitale avait la fantaisie. Eh bien, de ce Cris|iin vous ('tes le Sosie, Et je vous aurais pris pour son fréra jumeau. Pourtant vous êtes mieux; oui, car il n'est pas beau.
ARNOUI.I».
Tant pis.
BEAUSÉJOUR
Quand vous parlez, la ressemblance cesse.
ARNOUI.D.
Tant mieux.
BEAISÉJOUR.
.Te puis, je crois, sans que cela vous b!c5?o . Dire qu'il n'est point... bègue.
ARXOUI.D.
Et je le suis un peu.
J'en ai douté longtemps... je vous en fais l'aveu. Mais j'en fus convaincu dans la dernière guerre. Par certain... incident... qui ne m'amusa guère. Un... poste dangereux était... gardé... par moi Avec... quelques soldats..., quand tout-à-coup je voi L'ennemi... plus nombreux... qui...
BEAUSÉJOLR.
Venait vous surprendre.
ARXOULD.
Ma... troupe n'était... pas disposée a... se rendre. Ni moi non plus... : soudain a mon... comnuindement. Mes hommes près de... moi se rangent... vaillamment; Au... combat, a la mort chacun d'eux se... dévoue.
BEAfSÉJOUR.
Très bien.
ARXOULt).
Oui; mais a... peine avais-je dit : en joue,
Ma langue s' embarrase, et... jamais, ventrcbleu, Je ne... pus... parvenir a leur... commander... feu ; Et... tous... ils restaient la, le... fusil h .. l'épaule. Sans tirer.
BEAISÉJOUR, en riant. Oh ! parfait !
ARXOII.O.
Cela ne... fut point... drôle, [pas, Mon cher... Monsieur..., voyant que nous ne... tirions Les ennemis... vers nous s'avancent k... grands pas.
BEAISÉJOCR.
Certes, l'occasion pour eux était fort belle.
ARNOULD
Et tandis que je... cherche en vain le mol... rebelle. On nous... cerne, on nous... fait tous... prisonniers.
liEAUSÉJOlR.
Vraiment ?
ARKOULD.
Ce... fait d'armes... m'a nui pour mon avancement.
m AISÉJOUR.
Je le crois : l'anecdote est assez singulière.
ARNOULD
Oui... voyez il quoi... tient, Monsieur, une... carrière. Du... grand nom d'Alexandre on est... presque effrayé : Parlerait-on de lui, s'il avait... bégayé? BEAUSÉJOiR, à part.
Il est très amusant.
MARiANE, à part.
Ouclle folle cervelle !
A quoi bon débiter celte fable nouvelle ;
EEAUSÉJOUR *.
Oii donc est le cher Paul? je ne l'aperçois pas ;
C'est pour lui que je suis revenu sur mes pas,
N'ayant, pour m'appuyer personne a la police,
J'ai pensé qu'il pourrait me rendre un grand service.
Monsieur le Lieutenant est fort connu de lui :
S'il veut à son hôtel me conduire aujourd'hui,
Je serai sur son nom admis à l'heure même ;
Et ce point est pour moi d'une importance extrême.
Mon théâtre du Mans souffre de mon départ :
J'y voudrais retourner dans trois jours au plus tard.
ARNOULD
Je... comprends.
BEAUSÉJOUR
De mon temps je ne suis pas le maître, Et Paul...
ARNOULD
Il est... dehors.
BEAUSÉJOUR
Au théâtre peut-être?
ARNOULD
Non.
BEAUSÉJOUR
Mais oii donc alors?
Je ne sais pafl.
màriane.
Ni moi.
* AinoulJ, Eeauï^joar, Mariaue.
LA FAMILLE POISSON
BEAUSËJOUR.
Je vais donc seul tenter l'aventure, et ma foi Nous verrons, (bas) Vous étiez k genoux, j'imagine Pour attendrir le cœur de la chcre cousine. Elle est charmante! (à purt) hclas! pour lui quel coup S'il apprenait qu'il a mou Crispiu pour rival! [fatal, Pauvre Arnould ! . . . après tout, aimer qui lui ressemble, C'est aimer son amant doublement, ce me semble. (Haut.) (rt Raymond qui entre.)
.le me sauve ; u tantôt. Monsieur, votre valet ; Je reviendrai souper.