SCÈNE IX
Les Mêmes; DUMONTEL, allant sonner à la porte de d'Herbelin ; FÉLICITÉ.
nCMONTEL.
Ce pauvre d'Herbelin ! cela va le contrarier; ;mais les affaires avant tout.
MONBRAT, bas à d'Hërigny.
Le voisin se nomme d'Herbelin.. . c'est bon là savoir.
FÉLICITÉ , ouvrant.
Ah! c'est vous, monsieur Dumontel? donnez-vous donc la peine d'entrer.
MONBRAT , à d'Hérigny.
Dumontel... retiens bien les noms.
DUMONTEL
Non pas, non pas; d'Herbelin me retiendrait encore; je n'ai pas un instant à perdre: prie-le de descendre, j'ai quelque chose de frès-pressë à lui dire.
FÉLICITÉ
Justemetit, le voici.
( Elle rentre. )
MMUMeeseeeeebeaeMeeeeQeeeoeoaeeeeeeaeeeeeeeeeeeeeeeeage
SCËNE X.
I,E« MÊMKs, !V1. D'HKRHELIN , un livre h la main.
l.AMDEnT, bas à Monbray et !i d'Hérigny. C'est là le voisin? Oh! messieurs, quelle hotme figure !...
LE VOYAGE A DIEPPE
D HERIGNT , de même. >^j^
Taisez-vous donc , Lambert. ^
M. d'herbelin. ,
Eh ! allons donc , mon ami ; je suis dans une
impatience... Six heures moins un quart, et les
vélocifères partent à six heure.s et demie.
DUMONTEL
Mon cher , tu vas te fâcher.
M. d'herbelin.
Allons; qu'y a-t-il encore de nouveau?
DUMONTEL
Je ne pars pas avec toi.
M. d'herbelin.
Là , j'en étais sûr; encore notre partie de plaisir manquée ! Ah ! mon Dieu ! vit-on jamais un homme plus malheureux que moi? Je ne pourrai donc jamais parvenir à voir la mer?
DUMONTEL
Mais écoute donc.
M. d'herbelin , désespéré.
Ah! mon ami, cette nouvelle me tue... En l'attendant , je relisais les Voyages du capitaine Cook : j'en étais à son naufrage au cap V^eft, '■'■ et il faut maintenant que je renonce au plaisir que je me promettais à Dieppe!
DUMONTEL
Mais, encore une fois, me laisseras-tu parler?
MONBRAY, bas à Lambert et à d'Hérigny.
Attention.
DUMONTEL
Des affaires de la plus haute importance réclament ma présence à Paris jusqu'à demain soir ; je n'ai pas une minute à perdre ; on m'enlève vingt mille francs si je ne suis pas dans une heure à la rue Saint-Georges. Je te conterai cela... une faillite...
LAMBERT, bas.
Ah ! mon Dieu ! serait-ce celle du petit Blinval? si j'y étais pour quelque chose!
DUMONTEL
Mais je viens de faire une rencontre trèsheureuse pour toi et pour moi.
M. d'herbelin.
Tiens, mon ami, je t'avoue que je ne suis pas du tout à ce que tu me dis. Je vais prévenir qu'on défasse les paquets et qtie nous ne partons pas.
DUMONTEL
Mais au contraire, tu vas partir.
M. d'herbelin, vivement.
Comment ! ce voyage n'est donc pas manqué ?
DUMONTEL
Eh ! non ; que diable, aussi tti ne me laisses pas achever.
M. d'herbelin, transporté.
Ah ! mon cher Dumontel , mon vieil ami , qtie je t'embrasse! J'avais besoin de ce mot-là pour ranimer mon cour.ngo. Parle, mon ami, parle; je remets le capitaine (iOok dans ma poche, et maintenant je suis tout oreilles. Per-