SCENE n
Les MÊMES, moins KÉROUAN, MATHURINE, MACLOU, Pauvres.
PORXIC.
Peut-on manger son bien comme ça !...
MADELISE.
On dirait que lu n'es pas Breton... Tu ne sais donc pas le proverbi: : Quand on jette deux grains de blé à un oiseau, il en mange un, et le bon Dieu fait nu épi de l'auUe.^
LO ISE, descendant la scène, les pauvres s'avancent un à un ; Pcrrine a aidé Madeline à placer les pains sur la table. — A Peirine. Ah! le voilà, Perrine... Comment va lonfrère? (Elle commence la distribution aux pauvres.) PERr.iNE.
Que la bénédiction du bon Dieu soit sur vous el votre maison, Louise Kérouan : il se remet... il pourra travailler... dans une quinzaine.
LiillSE.
Eh bien ! qu'il vienne... il trouvera toujours de l'ouvrage ici. (Perrine s'éloigne, et des pauvres passent et reçoivent l'aumône de Louise ; le vieux chouan Maclou approche, Louise lui donne un pain et lui glisse l'aigcnl; il fait un mouvement.) C'est mon père qui le veut...
MACLOU
Merci. ..je mu griserais... Gardez ça plutôt pour celle pelilc fille, derrière moi :je suis seul, et elle est deux. Allons, approche Malhurine...
(rue femme s'upprorlii- limiileint-nl.'
PORNIC et DES PAUVRES.
Non... non... pas elle...
PORMC, allant à la jeune femme et la repoussant. Qu'est-ce que c'est que ça ! Malhurine?.. Veux- Ip bien l'en aller, malheureuse '.
LOUISE
Pourquoi la chasser?... et qu'a-l-elle donc fait ? (Louse va vers Matliurine.) £h bien I ma fille... eh bien ! approche.
PORNIC, pendant que Louise ramène la pauvresse.
Vous ne savez donc pas qui elle esl ?..
Je sais qu'elle pleure, qu'elle souffre, qu'elle a faim peut-être.
PORNIC
Eh bien ! tant pis pour elle, elle l'a mérité... Sa tante lui a pardonné sa faute... mais elle s'y est obstinée...
LOUISE
Quelle faute ?
PORMC.
Au lieu de mettre son enfant à l'hospice...
LOUISE, ù part.
Son enfant...
PORNIC
Elle a mieux aimé le nourrir que de travailler pour sa bonne vieille tante.
LOUISE
Ah!... pauvre fille... venez...
PORNIC
Aussi elle esl bien lotie... sa tante l'a chassée, et la v'Ià tendant la main.
LOUISE
Tais-loi, malheureux, lais-toi... Asseyez-vous là...Continne, Madeline.
(Madeline et Perrine continuent la distribution.) PORXIC.
Quand je vous dis...
Veux-tu le taire, mau\ai9 cœurl..
(Elle le pousse.) LOUISE, a ^îallulrlne.
Ainsi, c'est pour avoir gardé votre enfant qu'on vous a chassée ?