ACTE II
DiiKnir.NY.
Dans quelle penil>le situation nous a pLu'i's tKitie étourderie!
MONliHVY.
Mais enfin explique-moi...
n'ilÉRIG^T.
Sais-tu quelles sont les personnes fpie lu as amenées eliez nous?... ee sont préeisénient les parents (le mon inconnue liu bal «le Sceaux.
Comment! il se pourrait?...
n'HÉRlG^Y.
El la demoiselle qui les accompagne est ellemême !
MOKBRAY.
Je suis vraiment désolé, mon ami, d'avoir fait quelque chose qui te contrarie; mais, écoute donc aussi , c'est ta faute.
d'hébigky.
Comment?
MOKBRAY.
Sans doute: si, au lieu de t'enfuir pour ne pas parl.^ger mes folies, tu étais resté avec moi, Ui aurais reconnu ta maîtresse, et du moins nous eussions pu nous arrêter à temps.
d'hkr[Gny.
Je ne vois qu'un moyen.
MOiSBRAT.
Lequel ?
DHÉRIGNY.
C'est de faire Irancliement l'aveu de notre faute, de nous confondre en excuses, de prétexter une erreur.... une méprise.
( Ici le jour commence à parailie. ) MOKBRAY.
Fi dune! mon ami, fi donc! y penses-tu? ce moyen ne ferait que nous perdre tout-à-fait dans l'esprit de la faniille, et nos excuses précipitées aniaient l'air d'une seconde mystification. Nos l)oiis l)ouij!;eois sont sans doute susceptibles; mais au fond ce sont de braves gens. Toi, tu as (le l'esprit, de la fcjrtune, toutce qu'il faut pour plaire; moi, je suis vif, gai, aimable : je te demande bien pardon si je dis du bien de moi : mais, en fait d'éloges, on n'est jamais mieux servi (lue p.'ir soi-même. Ne désespérons donc pas... Peut-être un jour seras-tu forcé de dire : "C'est à Monbray que je dois mon bonlieur ; " depuis long-temps je cliercliais partout celle à «qui j'avais juré de consacrer ma vie, et mes " reclii relies étaient toujours restées sans succès... « eli bien ! en un instant, il a fait plus que je n'ai « pu faire en six mois; c'est lui qui me l'a fait « retrouver, qui l'a conduite chez moi enfin... » (jOinbien alors je bénirais ma folie! Moi, célibataire , j'aurais rapproché un mari de sa femme, lorsqu'il y en a tant qui font tout le contraire; et, de plus, j'aurais trouvé le moyen de faire un enlèvement qui ne blesse pas la morale! c'est un trait qui mérite de passer à la postérité; j'en ferai le sujet de mon premier tableau.
se EN F. V.
îllwp
D IIKRICNY.
Tu as dans les événements une confiance qui' me ferait rire malgré moi... Kt nos amis, et Lambert et sa femijie qui doivent venir demain!
MOKBRAY.
il faudra les (juctter, et les prévenir de notre mésaventure; occupons^nnus à présent de la lettre de change (pii échoit aujourd'hui.
n'nKB!GKV.
Je suis tranquille ; mon oncle m'a remis le» fonds hier soir.
MONBRAY.
Eh bien, la personne peut se présenter... Mais j'entends du bruit dans l'appartement de nos hôtes... Jusiement, c'est M. d'Herbelin... Du courage... beaucoup de politesse, et n'oublie pas sur-tout que nous sommes à Dieppe.
n'ilÉRIGNY.
Je crains à chaque instant de m'oublier.