SCENE II
Les Mêmes, ARABELLE,EVA, CAMILLE, BETZY, BRIGITTE, ANNA, puis SU- ZANNE, entrant par la gauche^, en toilette du matin *.
cHœoB.
Air de la Pauvre fille.
Embrassons ici.
Un père chéri Avec tendresse Avec ivresse! Toutes nous voila; Bonjour, mou papa, Bonjour, bonjour, petit papa !
TOUTES. Papa, papa!., comment as-tu passé la nuit ? **
JACOBSON. Bien , mes enfans ; venez
• Costume uniforme ; peignoirs blancs, bonnets blancs, croisés sous le cou , brodequins noirs.
** Brigitte, Camille, Arabelle, Jacobson> Eva, Betzy, Ânna« Kébecca.
toutes que je vous embrasse. {Les embrassant suce essirement.) Arabelle,Eva, Camille, Betzy, Brigitte, Anna, Suzanne!.. Mais où est-elle donc ?..
RÉBECCA, allant près de Jacobson. Et moi, mon frère, ne déposeras-tu pas un baiser sur mon front virginal?
JACOBSON. Je n'y vois pas d'inconvénient, [il l'embrasse.) Mais oii est donc ma Suzanne?
SUZANNE, un bouquet à la main. Mo voilà, papa, me voilà, avec mon bouquet. *
JACOBSON. Ton plus beau bouquet, c'est toi.
LES SIX AUTRES. Et moi, papa ?.. et moi, papa ?..
JACOBSON, d chacune d'elles. Toi aussi... toi aussi !..
RÉBECCA , qui s'est approchée de la table à droite pour préparer le thé, se redresse. Et moi , mon frère ?
JACOBSON. Toi , tu es un superbe coquelicot !
REBECCA. Allons, mesdemoiselles, mettez-vous à table et déjeunons!
TOUTES, allant à la table. Oui, oui, dé-
jeunons
JACOBSON. Avant tout, la prière accoutumée.
TOUTES
Air nouveau de M. C. Tolbectfuc.
Dieu ! que chacun révère Nous t'implorons ici, Accorde à notre père j
Des jours à l'infini ; '
A ses filles Gentilles, Un bon mari!
loriES, succ'ssivement.
Un bon mari !
RÉBECCA, finissant l'air et restant les mains jointes. Un bon mari!
EVA. Ma tante Rebecca, on en est aux tartines!
TOUTES. Venez donc, ma tante.
JACOBSON. Silence, enfans!.. j'ai < vous parler sérieusement. Il ne s'agit plu: ici de tartines; il s'agit d'un mari.
TOUTES, e.Tcepté Suzanne, en posant leur. tasses. Un mari! est-ce pour moi, papa est-ce pour moi?
JACOBSON. Silence ! je n'en ai qu'ui pour l'instant.
ANNA. Et on ne peut pas le partager.
'Elle se place eotre Arabelle et Jacobson.
LES SKPT PÉCHÉS CAPITAUX
JACOBSON. Je dois d'abord penser à Tiilre sœur aine, Camille.
CAMILLE. Oh! que tu es bon, mon }u''i'f !
JACOBSON, à Camille. Tu verras aujourd'hui même ton prétendu, il va arrivri',
TOUTES, excepté Suzanne. Il va arriver,
JACOBSOJV, à Camille. C'est le jeune et *;ii;e Jérémy, Ben-Anderson , s'il peut te ( «iiivenir, tu deviendras tout de suite sa i'cnime.
CAMILLE. Tout de suite.
Suzanne s'assied dans le fauteuil à gauche et reste pensive.
JACOBSON. Eh bien, mes enfans, vous ne mangez plus?
REBECCA. Tu nous a coupé l'appétit.
Elle enlève le cabaret de la table.
JACOBSON. Et toi, Suzanne, te voilà retombée dans ta tristesse habituelle.
BETZY. Oh! notre sœur Suzanne n'est plus la même depuis son séjour chez ma tante de Philadelphie.
JACOBSON. Aurais-tu quelque chagrin, quelque secret pour ton père?
SUZANNE, avec embarras. Non, non, je [t'assure.
JACOBSON. Allons, petite fdle, de l'enjouement , de la gaîté ! c'est de ton ûg;e. Je vous quitte, il l'aut que j'aille repasser mon sermon sur les sept péchés capitaux.
Air de ta Lune de miel.
Allons, allons, n'ayez pas de soucis!
Montrez-vous douces et gatilles...
J'en ai l'espoir, pour vous mes chères filles, Je trouverai bientôt d'autres maris...
Lorsque le ciel exauçant mon désir
Me donna sept filles que j'aime, Je les reçus avec un grand plaisir...
tl part. Je m'en débarrass'rai de même.
ENSEMBLE
Allons , allons , n'ayez pas de soucis , etc.
TOUTES, excepté S uzamio.
Allons , allons , n'ayons pas de soucis !
MontroBS-nous douces et gentilles Papa l'a dit, oui, pour ses chères filles, Il trouvera bientôt d'autres maris.
Jacobson sort par la dro'Ue.