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Imprimerie dk V< Dosuey-Dlpks , rue Saint-Louis, 4G, au Mar.ms.

RUE DE LA LUNE

VAUDEVILLE EN UN ACTE

PAR MM. VARIN ET liOYl'U.

Représenté pour la première fois, à Paris, sur le théâtre du Paiais-Royal,

le 14 févirer 1843.

DISTRIBUTION DIÎ LA PIÈCE

CHEVILLARD, chanteur de roninnccs M. Ravel.

ZÉISOBIE, sa femme M'ie Aline Duval.

CHAUDOREILLE, rentier M. Sainville.

Mœe CHAUDOREILLE , sa femme M^e Ravel.

ANTOINETTE, bonne chez Chaudoreillc M'i^ Debeeh.

LÉON , journaliste M. Berger.

La scène est à Paris, chez ChauclorcUle, boulevart Bonne-Nouvelle, 19.

Un salon boargeois. Porte au fond. Deux portes à gauche de l'acteur. Une à droite. Une table à gauche,

fauteuils, chaises, etc., etc.

'SCÈNE L ANTOINETTE, puis LÉON.

ANTOliSETTE, essuyant les meubles.

Bah ! je suis trop bêle d'essuyer les meubles. Quand on est peur sortir d'une maison, faut \}as se donner tant de peine.

LÉOS, au fond. * Antoinette?... es-tu seule?

ANTOINETTE

Ahl... M. Léon!

LÉON

Eh bien !... est-elle revenue ?

ANTOINETTE

Oui ?... d'hier au soir.

Eh! maintenant où est-elle?

ANTOINETTE

A déjeûner avec son mari...

LÉON

Enfin, elle est ici?...

ANTOINETTE

Vous en êtes donc bien amoureux ?

* Antoinette, Léon.

LEON

Elle est si belle femme !

ANTOINETTE

Belle... oui!... mais un peu forte!

LÉON

J'aime les fortes femmes El quinze jours

d'absence, c'est bien long !

ANTOINETTE

Pour vous, c'est possible !... Mais pas pour monsieur ni pour moi!... Avec ça, qu'elle a commencé par me mettre à la porte...

LÉON

Ton congé ! et pourquoi ?

ANTOINETTE

Ahl pourquoi? Parce que son mari, M. Chaudoreillc est un vieux désordonné... Et hier, en arrivant, elle l'a surpris qui m'agaçait.

LÉON

Tu te laisses donc agacer... Tiens! si j'avais su.....

ANTOINETTE

Mais du tout... Madame a cru des choses qui ne sont pas... et monsieur a eu beau faire, j'ai reçu mon compte.

LÉON

Diable!... J'en suis fâché !... Je m'entendais si bien avec toi!... Et ce matin, je voulais te prier de lui remettre ce billet.

RUE DE LA LUNE

ANTOINETTE

A monsieur .'

LÉOS,

Non... à madame.

ANTOINETTE

Oh ! pas de ça... Remeltez-le vous-même.

LÉON

Mais Anloinelîe... Jo n'oserai jamais...

ANTOINETTE

Vous, monsieur Léoul... Un journaliste! un homme de lettres!

LÉON

C'est pour ça que j'en écris!... Ta maîtresse m'intimide... Ah ! si c'était une grisette,uue vertu facile, toi par exemple!...

ANTOINETTE

Merci !

LÉON

Mais une femme mariée!... Une femme honnête !

ANTOINETTE

Oh!... EnCn, c'est égal...

LÉON

AIU : J'en guette, etc.

Je connais plus d'une Lorettel Et de leur cœur le chemin m'est connu ! Je connais l'art de leur conter fleurette, Mais pas celui d'attaquer la vertu.

A son égard je suis dans l'ignorance.

ANTOINETTE

Allez toujours, monsieur, ne craignez rien , Plus d'une vertu, si vous y regardez bien S'ra peut-être de votr' connaissanct I

LÉON

C'est possible... Et si tu voulais me servir...

ANTOINETTE

Monsieur Chaudoreiile le mériterait bien...

LÉON

Remets ce billet à sa femme, et puisqu'elle te renvoie, je te donnerai une place.

Dans voire cœur, peut-être?...

LÉON

Celle-là ne compte pas... Ici même, dans la maison, au second étage...

ANTOINETTE

Au second?... Mais nous y sommes!...

LÉON

C'esl juste! au troisième! Je confonds toujours... Depuis que le boulevart Bonne-Nouvelle a été baissé de je ne sais combien de mètres, tous les étages ont obtenu de Tavancement.

ANTOINETTE

La cave est devenue le rez-de-chaussée.

LÉON

Et le corps-de-gardc est au premier... On ne demande qu'i s'élever aujourd'hui... et tu feras comme les aulres... Du reste, une excellente

place... Chez une dame seule , M"" Zéuobie , la gilctière.

ANTOINETTE

Vous la connaissez?...

LÉON

C'est elle qui me fait mes gilets.

ANTOINETTE

Et puis elle est gentille?

Rieuse... 1res rieusel Vous serez bien ensemble! Prends mon billet!

ANTOINETTE, le prenant et ù part.

Au fait, prenons toujours, sauf à ne pas le remettre.

M"^ CHAUDOREILLE, dans la coulisse.

Non, monsieur! non I ça ne sera pas... LÉON.

C'est ta maîtresse! Adieu! je monte chez la giletière I

ANTOINETTE

Prenez le petit escalier... vous y serez plus vite.

LÉON

Tu as raison.

(Il sort par la porte adroite qu'il ne referme pas.)

OOOOOOOOOOObOOCOOUOUOUOOOOOOOeS&vOOOOOOOOOOOOOOOOOO

SCÈiNE II.

ANTOINETTE, M. et M"»* CHAUDOREILLE.

M'"* CHAUDOREILLE, sortant de la deuxième [porte à gauche.

Oui, monsieur, je le veux ainsi, les convenances l'exigent.

CHAUDOREILLE, en robe de chambre.

Mais, ma femme, c'est du despotisme orietilal ! Tu singes les tyrans les plus renommés*.. . M™« CHAUDOREILLE.

Je veux qu'Antoinelte sorte aujourd'hui même, je lui paierai la huitaine.

ANTOINT;tte, s'avançant.

Oh ! soyez tranquille, madame... Je ne liens pas à rester.

M"e CHAUDOREILLE.

Vous étiez là ?... A la bonne heure I

Dieu merci!... en fait de places, je n'ai qu'à choisir.. . On vient déjà de m'en proposer une. . .

M-^e CHAUDOREILLE.

Prenez-la... ça m'arrange... Allez vous préparer, el délivrez -moi de votre présence.

ANTOINETTE, à pari.

Fait-elle sa renchérie I... Bégueule, va!... (Elle sort par la deuxième porte à gauche.*)

CHAUDOREILLE.

Encore une victime de ton implacable jalousie, Eglanlinel...

* Chaudoreiile, madame Cliaudoreille, Antoinette.

* Chaudoreiile, madame Chaudoreiile.

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