‹ Pièces de théâtreChapitre 1046 sur 1069 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

M°»' CHAUDOBEILI.r..

Moi! jalouse de vous!... Vous èles un gros vain !

CHAUDOREILLE.

II n'en est pas moins vrai que depuis sept ans de mariage, c'est la quarante-huitième que tu expulses.

Mm^ CHAUDOREILLE.

Et à qui la faute? homme sans élévation, qui ne rougissez pas de vous commettre avec ces créatures I

CHACDOnEILLE.

Mais je n'ai rien commis. .. presque rien.

Mme CHAUDOREILLE.

Ce n'est pas mon premier mari qui m'eût donné de ces chagrins là.

CHAUDOREILLE.

Toujours son premier mari... Eglantine, calmetoi... Je t'achèterai une robe.

Mme CHAUDOREILLE.

Et en mon absence, Dieu sait la conduite que vous avez tenue !

CHAUDOREILLE.

Est-ce que je m'informe de la tienne? Je sais que tu étais à Lyon, ça me suffit!... Tu t'amusais à recueillir la succession d'une tante... je n'en suis pas jaloux... Au contraire, je t'engage à pratiquer ce divertissement.

M"« CHAUDOREILLE.

Vous croyez que c'est bien récréatif!... Des affaires qui n'en finissent pas!... Un cousin , un M. Chevillard qui* est absent et qu'il faut attendre, sans parler des ennuis du voyage,.. Une femme seule... exposée à toutes les tentatives... Ah! monsieur... rendez grùce à mes principes... Car enfin, je suis jeune, jolie, aimable, spirituelle... CHAUDOREILLE.

Tu es tout cela ?

Mm» CHACDOREILLE.

Vous en doutez?

CHAUDOREILLE.

Je ne doute pas... J'affirme... Tues tout cela!... J'affirme.

Mm« CHAUDOREILLE.

Et ce n'est pas l'occasion qui m'a manqué

Rien qu'à mon retour, dans le coupé de la diligence , il y avait un jeune homme...

CHAUDOREILLE.

Oh ! oh !

M^^s CHAUDOREILLE.

Fort tendre.. . fort pressant !...

CHAUDOREILLE.

Oh! oh!

M^c CHAUDOREILLE.

Rassurez-vous... L'honneur, le devoir, les convenances... Et puis, il ne me plaisait pas... Aussi je ne pensais qu'à vous... qu'à notre enfant.. Vous m'avez écrit qu'il arrivait aujourd'hui...

CHAUDOREILLE.

En effet... Lolo revient en ce jour... Sa nourrice nous le ramène.

Mn>e CHAUDOREILLE.

Cher enfant 1 c'est toute ma joie... toute mon espérance I...

CHAUDOREILLE.

Il a deux ans, et il marche tout seul; voilà pour le présent !... Plus tard , je lui ferai monter ma garde, voilà pour l'avenir I...

M"« CHAUDOREILLE.

Il arrive, et nous sommes sans domestique ! Un enfant de plus, et une bonne de moins...

CHAUDOREILLE.

Si tu reprenais Antoinette?...

M"9 CHAUDOREILLE.

Vous osez encore !... Jamais, monsieur, jamais ! J'en trouverai une autre... je cours chez toutes mes connaissances.

CHAUDOREILLE.

Cours, Eglantine!

Ji.^' CHAUDOREILLE.

Ah! Chaudoreilie l... ce n'est pas mon premier mari...

CHAUDOREILLE.

Puisque je vais t'acheter une robe...

ENSEMBLE

AIR des Puritains.

Mme CHAUDOREILLE.

Oui , songez-y,. .

J'ai , jusqu'ici , Usé de patience !

Mais, plus d'offense, Ou , quelque jour.

Je me venge à mon tour !

CHAUDOREILLE.

Ail I quel ennui 1

Et quel souci

Me cause sa présence !...

Mais la prudence

Veut qu'en ce jour Je feigne un peu d'amour.

M°>e CHAUDOREILLE.

Je sens mon caractère S'aigrir à chaque instant !

CHAUDOREILLE.

Une robe légère Calmera ton tourment!

REPRISE DE L'ENSEMBLE

Oui , songez-y etc.

(M™» Ch»udoreille sort par le fond.)

RUE DE LA LUNE

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