‹ Pièces de théâtreChapitre 17 sur 1069 · SCENE XV · texte numérisé non relu

SCENE XV

PICARD, HOxNlVET.

îiOMVLï, /7f'7>. Oh! oh! oh!....aïeI aie I

PICARD. Ahl mon Dieu! c'est toi, mon pauvre lîonivrt? pnidon, mon ami, c'est une erreur.

ROXIVKT. C'est une fo; te erii.iir, mais je rouhhe... une autre fois faudia mieux mettre l'adresse. [A part. ) Je crois que je me fàcheiaissi je n'avais pas à lui demander ce que F.uiny m'a j remis.

PICARD. Je suis heuiciixdo (e voir, mon

ami, car je n'en puis plus... lui au moins ne se moquera pas de moi... Bonjour, mou ami.

BONIVET. Bonjour, père Picard; bonjour, mon bon père Picard ; bonjour, mon bon vieux père Picard.

Il lui donne des poignées de main.

PICARD, souriant. Ahl ah! tu as donc vu ma fille?

BOiMVET. Si je l'ai vue! je n'ai jamais cessé de la voir... si je l'ai vue!... je crois bien... Je l'ai vue dans le moindre champignon, dans la plus petite crevette, dans le plus énorme potiron ; mais je la vois dans votre personne , père Picard, dans vous qui ne ressemblez pas plus à une jolie fille qu'une botte de chiendent à un bas de coton noir.

PICARD. Ah çà ! e.s-tu devenu fou?

B0\IVET. Oui, fou d'ivresse, de bonheur!... Je suis le jeune homme blond le plus fou de tout le huitième arrondissement, huitième léjjion... et je viens pour vous prier de mettre le comble à ma félicité.

PICARD. Que puis-je donc faire pour toi?

RONIVET. D'abord, ô père Picard, ne voyez pas en moi un gendre, mais une masse de pâte que vous pétririez comme de la galette... Père Picard, je ferai toutes vos commissions. . . Si vous redevenez jeune, ce qui ne se peut pas .. mais enfin si ça arrive, et qu'on vous mette de la garde nationale, je la monterai pour vous... si vous en voulez à quelqu'un, je casserai ses carreaux ; si vous êtes enrhumé, je toussciai pourvous ; enfin, père Picard, vous pouvez vous dire : Voilà un esclave dontje peux disposer jour et nuit... ati vi/ani cvternani.

PICARD. Ah çà ! où veux-tu en venir, avec toutes les bêtises?.. Me diras-tu ce que lu veux de moi?

EOMVET. A oilà, j'ai une montre, père Picard.

PICARD. EIi bien?

BOMVET. Elle gît dans mon gousset, et peut à chaque instant giser dans legoussel d'un autre... il y a tant de filous!

l'iCARD. Je ne le comprends pas.

BOMVET. Ca serait de me permettre. ...

oh ! n'allez pas me refuser. [A part.) 0 ma natte à trois!

PICARD. Voyons, lu m'impatientes... de quoi s'agit-il ?

iJOMVET. Eh bien! il s'agit d'une mèche de cheveux, rien qu'une mèche de cheveux que je vous prie...

PICARD, fuiieux. Unemècliedocheveux ! Ail! tu t'en n.èles aussi... toi ! oh 'tu paieras ])our les autres.

PORTIER, JE VEUX DE TES CHEVEUX'

COMVET. Qu'est-ce qui lui prend? Père Picard, rien qu'une mèche de cheveux,... j'en veux, j'en ai soif!

PICARD. Sors, malheureux, sors à l'instant, ou je te casse les reins... et, songes-y bien, jamais tu ne seras l'époux ma fille...

BOMVET. Ah ! ciel de Dieu ! qu'est-ce que vous me dites!

PICARD. Que je te chasse... mais vat'en donc , misérable. (// le pousse par les épaules. ) Une mèche de cheveux ! toi aussi !

BOMVET, dignement. Ne poussez pas, monsieur, ne poussez pas... je vais m'abseater... votre manière d'agir m'indique assez que vous avez été mordu par quelque chose d'enragé... mais tout a des bornes... Je sois, parce que ma fierté est blessée, et parce que vous me jetez à la porte... Adieu. ( Ret'enant. ) Ah ! voilà une lettre que le facteur m'a donnée pour vous... c'est six sous... je les ai avancés.

PICARD. C'est bon, donne.

BOMVET. Donnant, donnant... je ne peux pas me mettre à découvert.

Il donne la lettre, Picard le paye.

PICARD. Maintenant, va-t'en. BONIVET. Pour une malheureuse mèche!

PICARD. V'a-t'cn donc!

ENSEMBLE

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