‹ Pièces de théâtreChapitre 274 sur 1069 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

Les Mêmes, GIMBLET".

GIMBLF.T, passant la tête.

Pardon, excuse, madame la baronne!

u™e DE SERIGNY, à Mathias.

Chut !

UATHIAS, bas.

Sois donc tranquille I devant le monde , ni vu ni connu!

* M"" de Serigny, Mathias.

*• GimLlet, Mme jc Serigny, Mathias,

MAGASIN THEATRAL

M™e DE SERIGNY , à Gimblel.

Qu'est-ce que c'est?

GIMBLET.

Madame la baronne, c'est deux invalides qui viennent, le sabre en main, chercher le père Mathias pour le mener aux arrêts oùc' (/«'il est condamne.

MATHIAS

Sapristi, m'y v'ià!

M™* DE SERiGNY, retenant un éclat de rire et reprenant ses gratids airs.

Voyez, brave homme !

MATHIAS, à part.

Oh ! oh I ce ton t

GIMBLET.

Le père Martigné dit qu'ils sont pressés.

MATHIAS

Oh 1 Martigné, vieux gueux qui m'a mis dedans ! En ce cas, dis-leur que j'y vas, et fais-leur boire un coup en attendant.

GIMBLET, regardant la baronne.

Ah bien! oui; ruais...

MATHIAS

Avec la permission de M™» la baronne.

Ali : Soldais 1 voilà Catinl

Mani' la baronne à deux anciens

lie r'fiis'ra pas sans doute,

/l detni-voix .

Comme autrefois, je m'en souviens ..

D' donner gratis la goutte.

M""* DE SERIGNY.

Heinl plait-il?

MATHIAS , bas en se rapprochvnt.

Eh.' oui, comme à Vienne , à Berlin , Tin, tin, tin, tin, tin, r'iinlintin, Quand lu chantais Ion gai refrain.

Soldats ! voilà...

Gimhlet s'est rapproché ; M'"' de Serigny pousse vivetnent Malhias et l'eirpêche de finir l'air ijiie l'orchestre achetée seul.

M"" DE SERIGNY, toiissant pour couvrir la voix de Mathias.

Huml hum !

MATHIAS, se reprenant.

Huml hum ! vous permettez, madame la baronne?

GIMBLET.

Comme si ça se pouvait !

M""* DE SERIGNY.

Faites ce que ce brave homme vous dit.

GIMBLET, étonné.

Ah ! ah !

MATHIAS , à Gimbltit.

Hein? ça te la coupe.

Gimhlet sort en cni^jortant le service du déjeuner. Mathias

et M""' lie Serigny Se rapprochent.

M'n'î DE SERIGNY*.

Ils vont te mettre aux arrêts.

Oui, à la porte du réfectoire, avec une pique et un bas à l'envers.

M"""^ DE SERIGNY.

Tu dois être gentil comme ça! mais je connais ton gouverneur, un vieux, un ami !

MATHIAS

Bon! ça me servira. Mais je ne sors pas d'ici que tu ne m'aies accorde la main de ta lillo pour • M»»» de Serigny, MaUiias

mon protégé, un garçon jolimenl ficelé, va! un enfant de troupe que j';ii élevé...

M"'' DE SERIGNY, riant.

Allons donc ! lu es fou !

MATHIAS

Je ne suis pas fou !

M'i'e DE SERIGNY, dcméme.

Un enfant qui n'a pas de père.

MATHIAS

Quelle bétisc! comme si ça se pouvait!

M"^ DE fERiGNY, de même.

Qui n'a pas le sou.

MATHIAS

Voilà ce qui \ous trompe!

M™e pE SEI'.IGNY.

Et puis, quand ça se pourrait, c'est trop lanl... ma fille est promise.

Tu la dépiomettras!

M™« DE SF.llIGNY.

Impossible! promise à son cousin, Arthur de Lapierre.

MATHIAS

De Lapierre? Ce jeune homme que j'ai vu hier?

M™e DF, SEKICNY.

Le fils d'une sœur de mou uiari.

MATHIAS

El d'un camarade A moi... camarade d'AusIerlitz... rien que ça ! c'est un joli garçon, ma fui!

Ml^c CF. SERIGNY.

Un joli garçon qui me fail tourner la lèle... c'est un dépensier, un mauge-tout ! qui ne \cut rien faire ; mais une fuis marié !...

MATHIAS

Laisse-moi dune ! ça ne te convient pas; il a l'air bon enfanl, je ne dis pas, mais j'aime miiux le mien, cl je vos te le rherclicr.

M''"-' DE SÉlilûNY.

Mais non.

MATHIAS

Mais si l'ail.

M™ DE SEIUG.NY.

Mailiias !

Il esl là, dans le jardin.

M™ DE -ERIGNY.

Mais je ne veux pas le voir.

MATHIAS

Tu es bien dégoûtée t

Il sort par le janlin.

M""'' DF. SERIGNY.

Mais je ne vcux pas... toujours entclé; mais c'est égal, je suis bien aise de l'avoir revu.

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