SCENE VIII
Les Mêmes, GIMBLET".
GIMBLF.T, passant la tête.
Pardon, excuse, madame la baronne!
u™e DE SERIGNY, à Mathias.
Chut !
UATHIAS, bas.
Sois donc tranquille I devant le monde , ni vu ni connu!
* M"" de Serigny, Mathias.
*• GimLlet, Mme jc Serigny, Mathias,
MAGASIN THEATRAL
M™e DE SERIGNY , à Gimblel.
Qu'est-ce que c'est?
GIMBLET.
Madame la baronne, c'est deux invalides qui viennent, le sabre en main, chercher le père Mathias pour le mener aux arrêts oùc' (/«'il est condamne.
MATHIAS
Sapristi, m'y v'ià!
M™* DE SERiGNY, retenant un éclat de rire et reprenant ses gratids airs.
Voyez, brave homme !
MATHIAS, à part.
Oh ! oh I ce ton t
GIMBLET.
Le père Martigné dit qu'ils sont pressés.
MATHIAS
Oh 1 Martigné, vieux gueux qui m'a mis dedans ! En ce cas, dis-leur que j'y vas, et fais-leur boire un coup en attendant.
GIMBLET, regardant la baronne.
Ah bien! oui; ruais...
MATHIAS
Avec la permission de M™» la baronne.
Ali : Soldais 1 voilà Catinl
Mani' la baronne à deux anciens
lie r'fiis'ra pas sans doute,
/l detni-voix .
Comme autrefois, je m'en souviens ..
D' donner gratis la goutte.
M""* DE SERIGNY.
Heinl plait-il?
MATHIAS , bas en se rapprochvnt.
Eh.' oui, comme à Vienne , à Berlin , Tin, tin, tin, tin, tin, r'iinlintin, Quand lu chantais Ion gai refrain.
Soldats ! voilà...
Gimhlet s'est rapproché ; M'"' de Serigny pousse vivetnent Malhias et l'eirpêche de finir l'air ijiie l'orchestre achetée seul.
M"" DE SERIGNY, toiissant pour couvrir la voix de Mathias.
Huml hum !
MATHIAS, se reprenant.
Huml hum ! vous permettez, madame la baronne?
GIMBLET.
Comme si ça se pouvait !
M""* DE SERIGNY.
Faites ce que ce brave homme vous dit.
GIMBLET, étonné.
Ah ! ah !
MATHIAS , à Gimbltit.
Hein? ça te la coupe.
Gimhlet sort en cni^jortant le service du déjeuner. Mathias
et M""' lie Serigny Se rapprochent.
M'n'î DE SERIGNY*.
Ils vont te mettre aux arrêts.
Oui, à la porte du réfectoire, avec une pique et un bas à l'envers.
M"""^ DE SERIGNY.
Tu dois être gentil comme ça! mais je connais ton gouverneur, un vieux, un ami !
MATHIAS
Bon! ça me servira. Mais je ne sors pas d'ici que tu ne m'aies accorde la main de ta lillo pour • M»»» de Serigny, MaUiias
mon protégé, un garçon jolimenl ficelé, va! un enfant de troupe que j';ii élevé...
M"'' DE SERIGNY, riant.
Allons donc ! lu es fou !
MATHIAS
Je ne suis pas fou !
M'i'e DE SERIGNY, dcméme.
Un enfant qui n'a pas de père.
MATHIAS
Quelle bétisc! comme si ça se pouvait!
M"^ DE fERiGNY, de même.
Qui n'a pas le sou.
MATHIAS
Voilà ce qui \ous trompe!
M™e pE SEI'.IGNY.
Et puis, quand ça se pourrait, c'est trop lanl... ma fille est promise.
Tu la dépiomettras!
M™« DE SF.llIGNY.
Impossible! promise à son cousin, Arthur de Lapierre.
MATHIAS
De Lapierre? Ce jeune homme que j'ai vu hier?
M™e DF, SEKICNY.
Le fils d'une sœur de mou uiari.
MATHIAS
El d'un camarade A moi... camarade d'AusIerlitz... rien que ça ! c'est un joli garçon, ma fui!
Ml^c CF. SERIGNY.
Un joli garçon qui me fail tourner la lèle... c'est un dépensier, un mauge-tout ! qui ne \cut rien faire ; mais une fuis marié !...
MATHIAS
Laisse-moi dune ! ça ne te convient pas; il a l'air bon enfanl, je ne dis pas, mais j'aime miiux le mien, cl je vos te le rherclicr.
M''"-' DE SÉlilûNY.
Mais non.
MATHIAS
Mais si l'ail.
M™ DE SEIUG.NY.
Mailiias !
Il esl là, dans le jardin.
M™ DE -ERIGNY.
Mais je ne veux pas le voir.
MATHIAS
Tu es bien dégoûtée t
Il sort par le janlin.
M""'' DF. SERIGNY.
Mais je ne vcux pas... toujours entclé; mais c'est égal, je suis bien aise de l'avoir revu.
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