SCENE X
Les Mêmes, MATIIIAS, THIERRY, et ensuite CÉLINE.
Malliias et Thierry enlienl sans voir Arlhur qui est 'a la
fenêtre et qui lit la lellrc.
MATHiAS, amenant Thierry.
Ehl viens donc, n'aie pas pcur,^!™^ la baronne
est une bonne femme qui ne se fâchera pas, au
contraire*.
u™« DE SERIGNY, avcc inquiêtudc.
Ah! M. Thierry!
THIERRY
Madame, il se pourrait...
ARTHUR, regardant et sans être vu.
Hein?
HATUIAS.
Oui, Thierry qui aime votre fille... et réciproquement.
M^e DE SERIGNY, lin psU tTOUhlée.
Plaît-il ! qu'est-ce que c'est 7
THIERRY, à demi-voix à Mathias.
Oh ! de grâce! vous voyez bien..
Arthur se rapproche un peu.
Laisse donc, pour la frime!... Faut les marier, madame la baronne.
ARTHUR , gaîment.
En effet, ma tante, le parti est excellent.
• Arthur, M">« de Serigny, Mathias, Thierry.
TujERUY, étonné.
Monsieur Artliur I
MATHIAS, de même.
L'autre !
M°e DE SERIGNY, riant pour caclicr SOU embarras. Ah ! ça n'a pas le sens commun , cet homme est fou! je ne sais ce qu'il veut dire.
M/THiAs, à part.
Ah! ah! a-t-elle une platine!
THIERRY
Sortons, Mathias.
M™' DE SERIGNY.
Oui, sortez.
MATHIAS, le retenant.
Non, reste, le vin est versé, il faut le boire.
ARTHUR
Ah ! il parait que la paix est faite entre ces messieurs... 11 a raison, le père Mathias, il faut s'expliquer ; et puisque vous vous élevez jusqu'à la fille de M™« la baronne...
THIERRY , vivement.
Monsieur!...
MATHIAS, le retenant.
La baronne! la baronne!... eh bien, quand cela serait, est-ce qu'on ne peut pas s'élever jusqu'à la fille d'une baronne? Faut pas être fier ; ce n'est peut-être pas si haut.
M™e DE SERIGNY, d' uu air hautain.
Bonhomme! bonhomme I
MATHIAS
Eh bien, oui, madame la baronne, il vous demande votre fille, et il n'y a pas d'affront : c'est un bon garçon, fils d'un soldat!
ARTHUR
Tout cela...
MATHIAS
Tiens, ce n'est peut-être pas assez pour la fille d'une viv...!
M"»; DE SERIGNY, Vivement.
Bonhomme, sortez donc!
THIERRY
En effet, madame, je ne suis qu'un jeune homme sans naissance, sans fortune!
MATHIAS
Ce n'est pas vrai... etd'abord, sa naissance... si je n'avais pas juré de me taire, il y a des gens qui rougiraient! pourcequiestdela fortune, ilena une, oui, une fortune qui ne doit rien à personne, parce qu'il n'est pas un grugeur,un viveur, un coureur, luil comme tant d'autres.
ARTHUR
Plait-ilî
M™e DE SERIGNY, à part.
Oh! le vieux bavard I
Il a un état; il sera officier comme son père... ( ô Arthur. ) comme le vôtre ; oui, le vôtre. .. vous avez beau dire, vous n'êtes que le fils du pauvre Jacques Lapierre.
ARTHUR, avec hauteur.
Du comte de Lapierre!
MATHIAS
Laissez'moi donc tranquille avec votre de...
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c'est un zéro qu'on a mis devant le chiffre, ça ne compte pas.
ARTHOR, vivement, en s' avançant vers lui. Insolent !
THIERRY, s'élançant entre Malhias et Arthur, avec colère. ^
Monsieur Arthur 1
«Die DE SERIGNY.
Mon neveu!
CÉLINE, entrant effrayée.
Qu'est-ce donc?... ce bruit, ma mèreî... {Apereevant Thierry et s' arrêtant.) Ah*l
ARTHUR
Ce n'est rien , ma cousine ; mais il paraît que M. Thierry connaît aujourd'hui M. Mathias, qu'il ne connaissait pas hier.
THIERRY, vivement.
Hier! vous avez raison, je n'ai pas eu le courage d'avouerqueje n'étaisrien qu'un pauvre orphelin, élevé par ce vieux soldat, c'est la vérité pourtant; il m'a servi de père, c'est à lui que je dois tout; mais en m' élevant au-dessus de lui, j'en étais venu à rougir de mon bienfaiteur; j'étais un fou et un ingrat!... {prenant la main de Mathias) c'est mon ami, c'est mon père, j'en suis fier, voyez-vous; et tant que je vivrai, on ne l'outragera pas impunément.
Air nouveau de M. Masset, Je veux, tant que je serai là, Que de respects on l'environne !
J'eus des torts, et c'est peu déjà Qu'en secret il me les pardonne ; Plein de regrets et sûr de moi, Je veux qu'ici mon cœur s'e'pancbe!
Se tournant vers Arthur.
Merci, monsieur, car je vous doi L'honneur d'avoir pris ma revanche!
MATHIAS, émw.
T'es un brave garçon.
M"»* DE SERIGNY, cssuyant des larmes.
C'est bien, çal {A part.) Fichtre! que c'est bien!
CÉLINE, pleurant.
C'est d'un bon et noble cœur.
.1UTHCR..
A la bonne hcUre, c'est pathétique, c'est d'ua honnête homme... faime mieux ça.
MATHIAS
Ainsi, nous disons...
M™"^ DE SERIGNY, passani entre Arthur et Thierry.
ISous disons... que tout est fini, chacun a fait son devoir. Adieu, messieurs; quant à vous, brave homme^*, venez nous voir quelquefois, pour mon neveu, dont vous avez connu le père... adieu! MATHIAS, interdit.
Certainement, madame la baronne... {Apart.) Je te repincerai, toi, Louison !
M"'e DE SERIGNY.
Viens, ma fille; suivez-nous, Arthur.
Elle sort avec Céline.
ARTHUR
Me voici. ( Bas, à Thierry.) Vous me devez une explication, j'y compte.
THIERRY, de même.
Moi aussi'.
* M"' de Serigny, Céline, Arthur, Thierry, Mathias. ** Céline, Arlhui ., Thicny , M™» de Serigny , Malhias
ARTHUR, de même.
Dans le jardin.
THIERRY, de même.
J'y vais.
ARTHDR, de même.
Je vous rejoins.
MATHIAS, qui est remonté en suivant la baronne, redescend sur ces derniers mots qu'il n'a pas entendus, etsc place entre les deux jeunes gens. Vous dites?...
THIERRY
Rien, je rentre chez moi.
MATHIAS, suivant Arthur.
Mais, monsieur Arthur, écoutez-moi donc... si Yous saviez... il faut que je vous parle, il le faut!
Bonjour, bonjour !
Il rentre par la gauche comme sa tante et Céline. Tliierry, qui est remonté, comme pour sortir par la droite, s'arrête, voit que Malhias ne le regarde pas, et s'échappe vivement par le jai'din, à gauche.
MATHIAS, se retournant.
Eh bien! Thierry? Où est-il donc? Oh! je le
rejoins, je le ramène pendant que c'est chaud! et
s'il le faut, oh! ma foi!
Il va pour sortir et trouve à la porte du fond GimLlet et les deux invalide».
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