‹ Pièces de théâtreChapitre 308 sur 1069 · LA MARCHANDE · texte numérisé non relu

LA MARCHANDE

Veux-tu te taire, petit filou !

ROQUET , se levant.

Filoute toi-même !.. ne donne donc pas ton nom

aux autres.

(Elle s'en va en le menaçant.)

LA PAYSANNE à Roquet, faisant la révérence.

3Ierci m'sieu.

ROQUET

Venez boire un coup, la paysanne.

(Les deux gamins se mettent à rire ; ils font entrer la paysanne avec eux chez le distillateur.) MIGNON.

Enlevée la payse I

(Peu à peu tout le monde disparaît.

POLIVET, repliant sa boutique ambulante et la remettant au compère.

Ce quartier-ci ne vaut pas le diable... le peuple a le nez trop fin.. Emporte ça, et va m'altendre sur les boulevarts.

(Le compère sort..

Air ; de Turenne.

La populac' connaît trop mes rubriques. . .

Tout c'qui r'iuit n'est pas or, dil-on. Ça fait qu'elP passe à côté d'nos boutiques. . . Mais les bourgeois, v'ià l'vrai poisson Qui vient mordre à notre bamcçon.

.V ces badauds , qui n'sont pas difficiles , Je tends ma ligne avec tranquillité ; Car mes filets sont mes cliaîn's de sûreté, Et ça n'pèch' que des imbéciles.

Mais malgré la majorité des jobards, je ne gagne encore qu'une vingtaine de francs par jour, moi, Polivet, un homme plein de moyens! Gredin de Chambéry, tu m'asjoué d'un pion, le prétendu commissaire et lui ont subtilisé le portefeuille du petit, j'ai été volé comme dans une forêt. Où sont-ils cachés ? car ils ne sont pas sortis de Paris, pas si bête.-; ! Oh ! je les repincerai, je visiterai les coins et les trous les plus sombres, les fours à plâtre les plus mystérieux. J'ai récolté avec lui le melon, il m'en faut une tranche.

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