VOLMAR, FUIT
Non, non ; Crovcz-iious donc !
Et s'il vous aime, 11 vous trompe de même.
Non , non ; Croyez-nous donc !
El rendez-vous enfin '.\ la raison.
ALBERT
Non , non , Laisspz-nioi donc !
Werther nous aime.
Et nous l'aimons de même.
Non , non , Laissez-moi donc !
Ne venez point me troubler la raison.
VOLMAR
Quoique bien connu Pour être ingénu , Qui vous aurait cru Aussi prévenu?
Si 11- pl.nn conclu N'est |)as résolu , .T'en suis convaincu , Vous serez... perdu.
ENSEMBLE
Non , non , etc.
■• VOL.MAR
Eh bien! .si ce n'est pas pour vous, que ce soit pour lui.
ALBERT
Comment ça ?
VOLMAR
Je veux bien convenir (jue Werther aime votre femme en tout bien , tout lioinieur.
ALBERT
Mais c'est que ça ne peut pas être autrement.
VOLMAR
Alors que deviendra notre niailieureux ami?... Livré continuellement à une pa.ssion qu'il se reproche, n'ayant ni l'espoir, ni l'envie de séduire celle qui en est l'objet, sa mélancolie auf[mentera nécessairement.
FRITZ
Sa tête, qui est déjà fêlée, se cassera tout-àfait.
VOLMAR
Et vous aurez à vous reprocher cela toute votre vie.
ALBERT
Fallait me montrer la chose comme ça d'abord ; j'aurais entendu raison.
VOLMAR
Ainsi vous consentez?
ALBERT
Du moment que c'est pom- son bien... mais je vous prie d'être bien pcisuatlés que ce n'est pas par jalousie.
FRITZ
Vous en êtes incapable.
VOLMAR
Ah ç.'i , prenez bien jfjarde de vous laisser séduire par ses grandes phrases , ses protestations.
ALBERT
Soyez tianquille... à présent que je vois qu'il y a effectivement du danger pour lui à rester plus lon<;-temps, je l'aime trop pour ne pas le chasser sans rémission.
FRITZ
Justement, je l'aperçois.
VOLMAR
Nous vous laissons avec lui ; sur-tout point de ménagement, ferme! bon homme. (A part, à Fritz. ) Et nous , allons tout disposer pour le prompt départ de mon trop sensible ami. (Ils sortent.)