‹ Pièces de théâtreChapitre 603 sur 1069 · THÉODORA, VIOLETTA · texte numérisé non relu

THÉODORA, VIOLETTA

viOLETTA, entrant. Manière!

THÉODORA, se levant. T« as dit ma mère, n'est-ce pas?..

YioiETTA. Oui... j'ai dit ma mère... c'est un titre sacré que la main de Dieu grave dans le cœur, et que la main des hommes ne peut effacer...

THÉODORA. Merci.

VIOLETTA. Et puis ïls t'out calomniéc, ces hommes , n'est-ce pas !

THÉODORA. Non, mon enfant... non, ces hommes ont dit vrai... et je puis l'u- Touer, car c'est la femme d'aujourd'hui qui parle de la femme d'hier... car en me revoyant dans ma fille, miroir pur et sacré, j'ai dépouillé hier les vices de mon cœur, comme aujourd'hui les ornemens de mon corps... Oui , pour toi et par toi, j'ai tout quilté, mon enfant, plaisir et vanité... De riche et brillante que j'étais, je me suis faite pauvre et humble... pour toi et par toi , j'ai dit adieu au monde , et cet adieu, je l'ai dit une torche d'incendie à la main... en bravant ce que l'aristocratie de Venise a de plus puissant... Enfin, j'ai foulé aux pieds le passé qui est au néant et au démon!., et j'ai tendu les bras vers l'avenir qui est à moi et à Dieu !

VIOLETTA. Dans cet avenir, vous m'oubliez, ma mère... Ne puis-je donc rien pour votre bonheur, moi!

THÉODORA. Tu pcux me pardonner...

et alors... riche de ton pardon... j'userai demander celui du ciel!

VIOLETTA. O mon Dieu! vous qui voyez ce spectacle étrange d'une mère aux pieds de sa fille. . mon Dieu, recueillez dans votre sein les larmca de l'une et les priè-

res de l'antre... el puisqu'elle dit qu^ellc a besoin de mon pardon et du vôtre... pardonnez-lui, mon Dieu ! comme je lui pardonne,

THÉODORA, d genoux encore. Ma fille!..

VIOLETTA, lui tendant les bras. Oh! dans ovs bras... dans vos bras; ma mère.

MICHELEMMA. entrant. Madame, l'étranger d'hier est là.

THÉODORA. Il vient pour te reprendre :

VIOLETTA. Jamais... jamais!.. Ma mère, qu'il nous envoieainsi et qu'il ose nous séparer.

THÉODORi, tenant sa fille dans ses bras. Dis-lui qu'il peut venir, Michelemma...

qu'il peut eutrer.

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