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SCÈNE III

LE BRAVO, THÉODORA, VIO- LETTA

THÉODORA. Voyez!..

LE ERAVO. Lui as-tu dis qui tu étais.*

THÉODORA. Je le lui ai dit.

LE BRAVO. Tu ne lui as rien caché de la vie !

THÉODORA. Piien.

LE BRAVO, Et elle consenti rester avec toi?

THÉODORA. Demande-le lui.

LE BRAVO. Mon enfant... votre volonté est libre comme celle de l'oiseau de l'air... vous pouvez aller où vous voudrez.

VIOLETTA. Où ma mère ira... j'irai...

LE BRAVO. Voici un ordre du Conseil qui vous autorise, même malgré la volonté de votre mère, à eîilrer dans quelque couvent qu'il vous plaira de choisir... Une seconde fois, mou enfant. . cet ordre à lu main, vous êtes libre...

VIOLETTA, reniellant Cordre à Théodora.

Tenez, ma mère...

THÉODORA. Tu le vois... tu le vois... je n'iii pas dit un mot... et son cœur seul a parlé...

LE BRAVO, avec un soupir. C'est bien...

THÉODORA. J'ai tenu ma parole... c'est à toi de remplir la tienne... Tu m'as pro mis de me laisser mou enfant, si mon enfant voulait rester avec moi... N'abuse pas de cet ordre que tu as surpris au Conseil : laisse-moi mon enfant!..

LE BR.vvo. Oui, mais maintenant une dernière question , et songe qu'avec la réponse, il me faudra une preuve... Violetta est-elle bien ta fille?

THÉODORA. Il le demande... il a vu mon désespoir et ma joie... il a vu nos embrasscmens... el il me demande si tu es

ma fille... oh! malheureux! m'a-t-elle demandé si j'étais sa mère, elle?..

LA BRAVO. La jeunesse est crédule et pleine d'illusions ; l'ûg-e mur désenchanté de tout est difficile à persuader... La preuve que Violelta est ta fille... voyons.

THÉODORA. La preuve!.. Mafféo seul pouvait donner, non pas la preuve, mais letéinoigtiage, et Mafféo est mort.

LE BRAVO. Je le sais.

THÉODOBA. Mafféo pouvait dire qu'elle était ma fille, lui ! car ilm'a recueillie sanglante et inanimée.

vioLETTA. 0 ma mère!., et quel événement...

THÉODORA. Oh! ce fut un drame terrible qui a commencé il y a seize ans par un meurtre, et qui a fini hier par un assassinat.

LE BRAVO, la regardant. Dieu veuille que tous les deux n'aient pas été commis par la même main...

VIOLETTA. Oh' ma mère!., et quel est l'homme qui osa...

THÉODORA. Silence! silence!., enfant, c'était ton père...

VIOLETTA. Mon père!..

THÉODORA. Il avais mis tout son espoir, tout son avenir en moi... il crut que je l'avais trompé!., sur ton ame, ma fille, ce n'était pas vrai.

LE BRAVO. Vioietta n'était pas coupable!..

THÉODORA. D'où sais-tu que je m'appelle Violelta ?..

LE BRAVO. Continue... que t'importe d'où je le sais?,.

THÉODORA. Celait un jeune homme ardent et impétueux...

LE BRAVO. Que Giovanni, n'est-ce pas?..

THÉODORA. Mais d'où sais-tu qu'il s'appelait Giovanni... lui?..

LA BRAVO. Continue, continue.

THÉODORA. C'était pendant une nuit d'orage, pendant une nuit terrible... il entr.i avec une tempête dans le cœur, plus terrible que la tempête du ciel... quand je le vis pale, égaré, un poignard à la main ; je fus tellement ép uvantée que je ne dis pas un mot, que je ne cherchai pas à l'éclairer, à le convaincre : je tombai à genoux en criant ; Grâce! grâce pour mon enfant!

VIOLETTA. Et alors!..

LE BRAVO. Alors, je la crus coupable, et je la poignardai... voilà tout.

THÉODORA. Giovanul !..

LE BRAVO. Violetla!..

THÉODORA, avec âme. Giovanni, j'étai^ innocente et voilà ta fille.

LE BRAVO. Ma fille !..

VIOLETTA. Oh! ma mère!., m^npère !..

noms si chers à prononcer... m mère!., mon père!

TOUS DEUX. Mon enfant!..

VIOLETTA. Nous voilà réunis, rien ne nous séparera plus? n'est-ce pas?

LE BRAVO et THÉODORA. Oh! uou, uon...

rien.

On frappe trois coups à la porte : les trois personnes

qui sont en scène tressaillent. <

LEBBAvo. Il n'y a qu'un homme qui puisse frapper aini-i.

THÉODORA. G^est lui !..

On frappe une seconde fois,

LE BRAVO. C'est lui.

THÉODORA. Giovanni, cethomme a quelque chose à dire à moi seule.

LE BRAVO. Il faut cependant que j'écoute ce qu'il a à te dire, moi.

THÉODORA. Violelta, rentre dans cette chambre; et toi Giovanni., cache-toi derrière celle portière.

Elle va ouvrir la porte ; Salfiéri paraît.

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