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SCÈNE IV

THÉODOrxA, SALFIÉRI, LE BRAVO,

caché.

THÉODORA. Entrez.

SALFIÉRI. Théodora, me voici.

tdÉodora. Je VOUS attendais.

SALFIÉRI. Ai-je fidèlement rempli pour ma part toutes les conditions de notre marché ?

THÉODORA. Toutes.,

SALFIÉRI. ï'a-t-on ramené ta fille?

THÉODORA Oui.

SALFIÉRI. Te l'a-l-on ramenée pure et sauve comme on te l'avait prise.

THÉODORA. Oui.

SALFIÉRI. Elait-ce bien là tout ce que tu m'avais demandé, et pas autre chose?

THÉODORA. C'était tout...

SALFIÉRI. Maintenant te rappelles-tu le serment que lu m'as fait?

THÉODORA. Je t'ai juré par ma fille de te donner tout ce que tu me demanderais si tu me ramenais ma fille...

SALFIÉRI. Es-tu disposée à le faire?

THÉODOBA. Cet or, ces bijoux sont à toi dis un mot !

SALFIÉRI. Je veux un bien qui m'est plus précieux que lous ces biens.

THÉODORA. Oh ! tu 1116 faîs frémir, que veux-tu donc?

SÂtriÉRi. Je veux ta fille.

THÉopoRA. Ma Yiolelta, retrouvée hier, tu la veux aujourd'hui; tu es fou.

SALFiÉRi. Je veux la fille.

THÉODORA. Mais tu vois bien que tu peux me demander toute autre chose, que je t'ai tout offert, que je te donnerai tout.

SALFiÛRi. Tu m'as juré sur ta fille de me donner tout ce que je te demanderais... Théodora, je te demande la fille.

THÉODORA. Oh! mon Dieu! mais enfin, si je te suppliais, si je me traînais à tes pieds, si j'embrassais tes genoux, n'auraistu pas pitié d'une mère... Oh! ma fille, ma fille, elle me coûte assez cher pour que tu me la laisses.

SALFiÉRi. C'est-à-dire que j'ai tenu ma parole et que tu manques à la tienne.

THÉODORA. Ecoule.. . tu as un poignard à ta ceinture, tue-moi, et prends ma fille après si tu le veux, mais pour te la donner, moi, jamais! jamais!..

SALFiÉRi. Théodora !

THÉODORA. Mais c'est une idée insensée à toi, de croire qu'une femme puisse t'aimer... car si tu la prends, c'est pour en faire ta femme ou ta maîtresse; elle toute pure, toi tout sanglant; elle Violetta, toi le Bravo.

SALFiÉRi. Et si je n'étais!..

LE BRAVO , sortant et mettant la main sur l'épaule de Salfiérj. lln^est pas minuit, mon miiître... et , pour avoir le droit de réclamer la parole des autres, il faut commencer par tenir la sienne.

Pendant les paroles qiiisiiivent, Tliéofîora a été se placer devant la porte de sa fille.

THÉODORA. Qu'entends-je , il connaît cet homme !

SALFiÉRi. Tu as raison , mais l'heure est lente aujourd'hui.

LE BRAVO. Peut-être trouveras-tu, quand minuit arrivera, que la journée a passé bien vite.

SALFiÉRi. Eh bien ! soit... A minuit nous nous reverrons... Mais d'ici là, Théodora, jure-moi.

LE BRAVO. Rien!., pas de serment.

SALFiÉRi. Théodora, je te donne jusqu'à minuit... mais à minuit tu me reverras... et alors, il n'y aura pas à me dire : Veuxtu de l'or, des diamans, des palais? il n'y aura pas de prières, il n'y aura pas de larmes... il y aura uu parjure... et le oiel m'écrase si je m'en rapporte à Dieu du soin de le punir-

Salfiéri sort.

THÉODORA. 0 mon Dieu! mon Dieu!...

nous sommes perdus!

LEBRA.VO. Pasencore... Théodora!.. il faut tout ton or.

THÉODORA. Le voil.^.

LE BRAVO. Tes bijoux.

THÉODORA. Prends.

lE BRAVO. Maintenant tout ce que je possède joint ùceci.

THÉODORA. Mais pourquoi faire?

LE BRAVO. Un geôlier chargé d'hier, que je puis séduire aujnurd'liui.

THÉODORA Un geôlier!

LE BRAVO. Oui .. Ordonne à Luidgi de préparer ta gondole.

THÉODORA. Dans cinq minutes elle sera amarrée au vestibule.

LE BRAVO Et moi , dans une heure je serai ici.

THÉODORA. O Giovanni, Giovanni , sauve ma fille!

Fin du quatrième acte.

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