‹ Pièces de théâtreChapitre 627 sur 1069 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

Les Mêmes, RAYMOND, UN GARÇON,

portant des verres^ une houteille.

( On se plac^ autour de la table et debout. La nuit Tient.)

RAYMOND. Eh bien ! messieurs, sommtsnous d'accord?

MORISSEAU, a<?ec intention. Oui... à peu près... ce n'a pas été sans peine... mais M. Lambert a fini par devenir raisonnable ; et comme je pense qu'il tiendra fidèlement la parole qu'il m'a donnée...

RAYMOND. Reste à savoir si M. le duc ratifiera la promesse de son intendant.

LE DUC. J'en fais mon affaire.

RAYMOND. Au surplus, je crois qu'il ne s'inquiète guère de ces choses-là... quelques centaines d'écus de plus ou de moins, ce n'est pas là ce qui le gène... il est si riche , votre maître I

(Julie vient mettre un flambeau sur la table et passe dans sa chambre avec un autre flambeau. )

LE DUC, en la désignant de Vœil. Vous possédez un trésor qui vaut tous les siens !

RAYMOND. Hein!... est-il fort sur l'article des complimens?... Allons, à la santé de votre duc, qui est aussi le mien... Me voilà son fermier.

JIORISSEAU. A la santé de M. le duc!... que Dieu le conduise dans une bonne route!

LE DUC , à part. Cette nuit surtout.

(Le duc refuse de boire; ils boivent.)

RAYMOND. Que dites-vous de cela?...

mon père lui-même l'a rapporté du pays...

MORISSEAU. Excellent! franc comme la main qui l'offre,

LE DUC. Monsieur Raymond , le devoir me rappelle. Je suis désolé de vous quitter... mais je ne puis prolonger plus longtemps ma visite.

RAYMOND. Agissez avec nous sans cérémonie, monsieur Lambert; j'espère que celte visite ne sera pas la dernière. Les lionnêtes gens sont faits pour se voir, pour s'estimer, pour se lier ensemble.

MORISSEAU , a\:>ec intention. Pour se protéger mutuellement contre les entreprises audacieuses des roués, des mauvais sujets de toute espèce!... Parle temps qui court, il n'en manque pas.

LE DUC , à part. Oui , parle , moralise à ton aise... rnoi , je vais agir, (Haut.)

LA DtCHESSE DE LA VACBALIERE.

Adieu, messieurs. Monsieur Monsseau, sans rancune. M. le duc tiendra tout ce que je vous ai promis en son nom.

(Il sort. Raymond va le conduire.) MOnisSEAU. Oui, il est de mon devoir de prévenir cet homme et de préserver son enfant d'un grand malheur.

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