‹ Pièces de théâtreChapitre 697 sur 1069 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

LES PAIRS, se réunissant en plusieurs prouprs pour dcHhérer ; VVILUAMS , JACKSON, lioniincs du peuple parmi les assislwis^ Une t'cMMii, Un Huissier.

WILLIAMS. Eh bien î voilà de bon compte < inq reines pour un roi. II est vrai que les lieux dernières n'ont pas régné long-tems.

V\v. FEMME. Esl-te qm; vous croyez qu'elle sera conda!iin.éf, maître Williams?

\viLLi\MS. J'en poserais ma tète sur le l)i!lot. Aline de Boulin n'en avait pas fait autant , et son procès n'a pas été long cependant.

JACRSOX. Je l'ai vu exécuter , moi , la reine Anne.

LA FEMME. Ah I cst-ce Vrai qu'elle n'a jamais rien avoué , maître Jackson ?

JACKSOM. Jamais ; je n'étais pas plus loin de l'échafaud que je ne le suis d'ici à la porte en face, et j'ai entendu tout ce qu'elle a dit, voyez-vous, sans en perdre une syllabe.

LA FEMME. Et qu'est-ce qu'elle a dit ?

JACKSON. Peuple de Londres ! je suis venue ici pour mourir suivant la loi, après avoir été jugée suivant la loi ; je n'ai donc pas dessein de faire de plaintes contre l'arrêt qui me frappe , mais d'en subir l'exécution. Je ne veux ni condamner personne,

ni rien dire pour me justifier Je prie

Dieu qu'il sauve le roi , et qu'il multiplie les jours de son règne sur vous.

LA FEMME. Pauvre femme 1

WILLIAMS. Et puis.

JACKSON. Et puis elle a porté sa tète sur le billot, et a dit: Je recommande mon ame à Jésus-Christ. C'était le signal convenu avec l'exécuteur ; aussi , elle n'avait pas achevé , que c'était déjà fait.

WILLIAVS. D'un seul coup?...

JACKSON. D'un seul , vlan ! Oh ! le roi avait choisi un homme fort habile , l'exécuteur de Calais , qu'il avait fait venir exprès.

LA FEMME. Est-ce qu'on l'ira chercher encore ?

JACKSON. Oh ! depuis ce tems-là , le nôtre a eu assez de besogne pour se faire la main.

l'huissier. Silence, messieurs, la cour va rendre son arrêt.

le président. Faites rentrer l'accusée.

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