SCENE IL CATHERINE , seule
(L'heure sonne, et, tout en c'eoutant , d'à génois qu'elle c'iait elle se trouve assise sur le coussin (lu prie-dieu. On entend la cloche tinter deus fois sans qu'elle compte; au troisième coiip, Catherine compte tout haut.)
... Trois , quatre, cinq. {Attente et angois<e d'un moment.) Cinq heures? Jne lieure encore, et puis plus rien ; et denain le jour se lèvera sur mon tombeau!.. Oh ! moi qui devais voir lever tant de jou'-s , qui devais entendre sonner tant d'heu es encore ! moi si jeune , moi au tiers de ma vie à peine , et n'avoir plus qu'à étendre: le bras pour toucher l'éternité!.. Mourir! ce mot , qui depuis dix-huit ans s'est à peine présenté à ma pensée , depuis hier frappe sur mon cœur à chacun de ses batteiuens. Mourir! mourir ! Oh ! mon Dieu I mon Dieu ! est-ce que vous me laisserez mourir ?. . . Kennedy ! Ma petite maison de Richmont , ma verte pelouse , mes beaux rêves de jeunesse... Et je me trouvais maiheureuse au milieu de cela cependant ! Insensée que j'étais!... Oh ! si le roi me disait : « Catherine, je te pardonne, retourne dans la retraite d'où je t'ai tirée, » comme je baiserais ses mains , comme j'embrasserais ses genoux! Il peut le faire cependant; si je le voyais, je prierais, je pleurerais tant, qu'il mêlerait grâce, j'en suis sûre. Qu'est-ce que ça lui fait, au roi, que je vive ou que je meure? Il n'a pas besoin de ma mort pour être puissant. Il faut que je le voie. {Prenant une hague ornée d'un dtamcint.) Oh! mon dernier espoir , seul reste de ma fortune de reine ; dernière séduction que je puisse tenter... viens à mon aidel... I.t le teins qui passe, et riicnii^ qui fuit! Combien y a-t-il que
cinq heures sont sonnées ? Je ne sais plus mesurer la journée. Oh ! mes artères battent à me rompre le front !
(Elle appuie ses coudes sur ses genoux et soirc ses tempes avec ses poings ; pendant que ses yciix sont fixes sur la porte , elle s'ouvre lenlemcil; l'exécuteur entre, s'arrête après avoir ile'piESd le seuil , met un genou en terre ; Catherine, à sa vue, s'est souleve'e contre le pricdicu ; SCS mains cherchent les pieds du Christ sans que se> yeux cessent de regarder le hour— rcau.)